Au deuxième jour de l’opération Bordure protectrice, il est clair que les deux côtés essaient au maximum de nuire à l’autre partie. Comme le Premier ministre Benjamin Netanyahu l’admet : on ne prend plus de gants. Israël et le Hamas ont soif de sang et il n’y a aucune solution qui pointe à l’horizon pour le moment. La clé, « la stratégie de sortie », repose sur une troisième partie, l’Egypte.

En un sens, le Hamas tire des roquettes et des missiles sur Israël pour mettre la pression sur le Caire afin qu’il rouvre la frontière du passage de Rafah. Cette réouverture lui permettrait de transférer de l’argent pour assurer la survie de son régime.

Depuis le début de l’opération, l’armée a visé un certain nombre de cibles. Certaines du Hamas, d’autres du djihad islamique. Certains de ces terroristes utilisent leurs familles comme bouclier humain. C’était le cas mardi avec la famille Kaware de Khan Yunis.

Initialement, il y a eu des tirs de sommation sur la maison d’un membre de la famille un terroriste du Hamas, mais au lieu d’évacuer l’immeuble, une grande partie de sa famille s’est réunie sur le toit pour essayer de les empêcher. Quelques minutes plus tard, l’attaque a eu lieu et sept membres d’une même famille ont été tués, dont plusieurs enfants.

Cet incident a donné au Hamas le prétexte qu’il cherchait pour lancer des roquettes dans la région du Dan. Pour le moment, c’est la plus « grande » réussite du Hamas mouvement : tirer avec succès non seulement sur Tel Aviv mais au-delà, jusqu’à Hadera qui se trouve à environ 110 km du nord de Gaza.

Le responsable du Hezbollah, le général Hassan Nasrallah, s’est vanté pendant la deuxième guerre du Liban en 2006 que leurs tirs pourraient toucher Haïfa. Aujourd’hui, le Hamas a prouvé qu’il peut toucher le nord de Tel Aviv.

Mais ce n’est pas la seule tactique que le Hamas essaie d’imiter. Comme le groupe libanais chiite, le Hamas essaie de perpétrer des actes de terrorisme de « qualité ».

Pour le moment, ses deux tentatives ont échoué : l’infiltration à Zikim d’hommes-grenouilles du Hamas par les mers du nord de Gaza et le tunnel rempli d’explosifs à Rafah. Dans le cas de l’attaque à Zikim, les cinq membres de la cellule terroriste du Hamas ont été tués. Peu de temps avant, le commandant de cette unité du Hamas, Mohammed Shaaban, et deux de ses assistants ont été éliminés pendant un raid aérien israélien.

En ce qui concerne le tunnel de Rafah, le renseignement israélien a réussi à déjouer une tentative d’attaque inhabituelle : le Hamas avait passé des mois, voire des années, à creuser ce tunnel, qui a été conçu pour permettre à des dizaines de terroristes du Hamas de mener des raids simultanés à l’intérieur d’Israël sur de nombreuses cibles, y compris des civils.

Le paradoxe, le Catch-22 [une situation kafkaïenne], est que l’absence d’une « image victorieuse », aussi frustrant que cela peut être pour le Hamas, encourage ses agents à intensifier leurs tentatives d’attaques. Hamas TV et les stations satellites arabes célèbrent les attaques de roquettes et les « raids » de Zikim et de Rafah, mais les chefs militaires continuent à planifier et à tout mettre en œuvre pour opérer une attaque de « qualité » réussie.

Le Hamas a plusieurs options : des raids via le Sinaï, utiliser des parapentes ou des drones explosifs, des infiltrations par la mer dans le genre de l’infiltration de Zikim, des attaques contre les navires de guerre israéliens, et plus encore. L’armée israélienne soupçonne que le Hamas possède des roquettes sol-mer dont la portée serait de 35 km.

Comment tout cela pourrait-il se finir ? Le Hamas a présenté une liste de revendications, dont la première exigence est la libération des prisonniers de sécurité libérés dans l’affaire Shalit en 2011, qui ont été à nouveau arrêtés au cours de ces dernières semaines.

C’est en fait la seule demande qu’il a faite à Israël. Le reste est adressé à l’Egypte : le Hamas veut que le Caire permette le transfert de fonds provenant du Qatar vers la bande de Gaza pour qu’il puisse payer les salaires de ses 40 000 employés et ainsi continuer à gouverner. Il souhaite également que le passage de Rafah soit rouvert pour qu’il puisse exporter des marchandises et afin que les Gazaouis puissent circuler. L’organisation ne veut plus vivre sous l’égide du « calme contre le calme ».

Mais l’Egypte a d’autres priorités et d’autres chats à fouetter. Le prix du carburant a augmenté de 78 % à cause de l’annulation des subventions. Les cigarettes et l’alcool sont en hausse de 200 %. Plus concrètement, l’Egypte d’Abdel Fattah al-Sissi considère le Hamas comme un allié solide des Frères musulmans et est plus qu’heureux de le voir se débattre. Les chances pour que l’Egypte approuve la réouverture permanente du passage de Rafah sont minces et même proches de zéro.

La seule exigence qu’Israël – partenaire et allié du Caire pour créer un climat de sécurité réaliste dans la région – peut espérer voir se réaliser est le transfert des paiements de salaires du Qatar par un moyen ou un autre. Est-ce que cela sera suffisant pour calmer le Hamas ? Pour le moment, peut-être pas.