La Haute Cour de justice a confirmé mercredi sa décision d’ordonner la démolition de deux bâtiments dans l’implantation de Beit El en Cisjordanie, après que l’Etat ait fait appel suite aux protestations des résidents des implantations et de politiciens de droite.

Les manifestations contre la démolition prévue du projet connu sous le nom de Dreinoff ont continué jusqu’à mercredi matin, avec des centaines de militants de droite qui se sont affrontés avec les forces de police dépêchées pour évacuer les immeubles d’habitation.

Six manifestants ont été arrêtés mardi soir, cinq d’entre eux étant mineurs, selon le site israélien Ynet.

La Haute Cour avait précédemment statué que le projet avait été construit sur des terres privées palestiniennes saisies par l’armée israélienne dans les années 1970 et avait fixé la date limite du 30 juillet pour sa démolition.

Le député Naftali Bennett du parti HaBayit HaYehudi a déploré la décision de la Cour, mais a déclaré à la radio militaire qu’il respecterait la loi, tout en affirmant que les unités de logements avaient déjà reçu des permis et qu’elles seraient reconstruites.

Bennett a également appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à « annoncer maintenant qu’il va respecter sa promesse de construire 300 logements et plus. » Chose faite. Le Premier ministre a dans la matinée annoncé l’autorisation de la construction « immédiate » de 300 logements en Cisjordanie.

D’autres politiciens ont été moins diplomates.

« Nous devons mettre la pelle d’un [bulldozer] D-9 devant la Cour suprême. Il est temps de remettre les juges suprêmes à leur place et de leur montrer qui est la majorité », a déclaré le député Moti Yogev de HaBayit HaYehudi, qui un jour plus tôt avait menacé d’abattre la coalition au pouvoir sur cette question.

L’appel pour arrêter la démolition avait été déposé par l’entrepreneur de la construction des bâtiments, qui devaient contenir 24 unités de logement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait déclaré mardi qu’il chercherait à préserver les bâtiments dans une tentative pour apaiser la colère de certains partenaires de la coalition après que la police israélienne ait évacué le projet mardi matin.

Quelque 200 activistes juifs s’étaient barricadés à l’intérieur des deux bâtiments afin d’essayer d’empêcher la mise en œuvre de l’ordre de démolition. Ils ont été évacués mardi avant l’aube par la police, qui a réussi à prendre le contrôle des bâtiments malgré l’opposition des manifestants.

Les forces de sécurité israéliennes affrontant les résidents des implantations qui se sont barricadés pour tenter d'empêcher la démolition des bâtiments construits illégalement dans l'implantation juive de Beit El  le 28 juillet 2015 (Crédit : Nati Shohat / FLASH90)

Les forces de sécurité israéliennes affrontant les résidents des implantations qui se sont barricadés pour tenter d’empêcher la démolition des bâtiments construits illégalement dans l’implantation juive de Beit El le 28 juillet 2015 (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

Les activistes juifs s’opposant à l’évacuation ont déclaré la bataille a été plus grande que les échauffourées visant à sauver le projet Dreinoff.

« Ce qui va arriver ici n’a pas d’importance – si les maisons seront détruites ou non – cela fait simplement partie d’un combat plus grand pour les implantations, » a dit à Ynet un résident local.

« Nous risquons de perdre la bataille – mais pas la guerre. »

Le député Yoel Hasson de l’Union sioniste a appelé à respecter la décision de la Cour.

« L’histoire des unités de logement de Beit El est très simple : Elles sont illégales », a-t-il écrit dans un communiqué.