TORONTO – Quand Neil Closner, l’ancien vice-président du développement commercial de l’hôpital de renommée mondiale de Toronto, Mont Sinaï, s’est trouvé un rien cynique à propos de sa dernière offre d’emploi, il lui a fallu un voyage à Safed en Israël, pour l’aider à y voir plus clair.

Closner est maintenant PDG de MedReleaf, un producteur et fournisseur agréé de cannabis médical qui travaille dans un établissement à la pointe de la technologie, de 55 000 pi2 à Markham dans l’Ontario, à quelques minutes de l’Est de Toronto. Il n’avait pas d’expérience dans ce domaine et jure qu’il n’a même jamais fumé plus qu’une cigarette.

Mais quand Stephen Arbib, PDG de MENA Réseau d’investissement, la société derrière MedReleaf, l’a approché pour le poste, Closner n’était pas convaincu que le business des herbes médicales était autre chose qu’un moyen légal permettant aux gens de trouver de la drogue.

« Quand j’ai quitté Mont Sinaï, je savais que je voulais faire partie d’une affaire qui marche, mais je savais aussi que cela devait être une affaire dans laquelle nous aidions les gens en terme de qualité de vie, par laquelle nous améliorions le monde, petit à petit », avait déclaré Closner.

Ainsi Closner fit les 13 heures de vol jusqu’à Israël pour visiter Tikun Olam, le premier et plus grand producteur d’Israël de cannabis médical, approuvé par le gouvernement. Connu comme la nation start-up pour son esprit d’entreprise, Israël est aussi un des marchés de cannabis médical les plus avancés sur la planète.

Closner s’est rapidement trouvé dans une maison de soins pour personnes âgées dans un kibboutz à environ une heure de Tel Aviv où Tikun Olam avait expérimenté des essais cliniques sur les effets du cannabis médical sur ses patients pendant deux ans.

Après avoir passé une journée à rencontrer plusieurs retraités et à écouter leurs histoires personnelles, Closner sut qu’il avait trouvé sa nouvelle affaire, une qui se fondait parfaitement dans les valeurs juives avec lesquelles il avait grandi au sein de la communauté juive de Toronto.

« J’ai fait du porte-à-porte, pour rencontrer au moins une douzaine de ces octogénaires et chacun m’a raconté son histoire à propos de comment sa vie fut totalement transformée grâce au cannabis, la plupart de ces histoires ont réellement marqué mon esprit », rapporte Closner.

Parmi les personnes avec qui il a parlé, Closner raconte une histoire coup-de-cœur, particulièrement émouvante d’un patient souffrant de démence.

Incapable de manger ou d’aller à la salle de bains par lui-même, l’homme avait besoin d’une assistance à plein temps, quelqu’un pour le nourrir littéralement à la petite cuillère tous les jours de peur qu’il ne succombe en raison de malnutrition. Après avoir pris deux capsules de cannabis par jour, il s’est rapidement trouvé capable non seulement à manger tout seul mais aussi de prendre en charge sa toilette sans l’aide de quiconque.

Neil Closner, PDG  de MedReleaf. (Crédit : autorisation)

Neil Closner, PDG de MedReleaf. (Crédit : autorisation)

Un membre de l’établissement, peintre, ne pouvait plus tenir un pinceau en raison de ses tremblements causés par sa maladie de Parkinson. Après avoir pris une capsule par jour, ses tremblements se sont atténués ce qui lui a permis de revenir à l’activité qu’il aimait.

Closner a rapidement identifié un autre bénéfice vital de son domaine d’activité.

« Ce qui m’a vraiment intéressé en acceptant ce nouveau défi avec MedReleaf était quand j’ai réalisé l’impact économique que cela pouvait
avoir », a affirmé Closner.

« Comme les baby-boomers en Amérique du Nord et dans le monde entier, continuent de vieillir, j’ai réalisé que nous n’avions tout simplement pas le personnel soignant pour s’occuper de chacun d’entre eux, particulièrement ceux qui nécessitent des soins à toutes les heures de la journée. Et même si nous l’avions, le coût serait énorme ».

Closner a réalisé que si les personnes âgées peuvent prendre une capsule avec une faible teneur en cannabis qui les rend, ne serait-ce qu’un peu plus, autosuffisants,
« cela pourrait faire économiser à notre société un énorme montant d’argent sur le long-terme ».

« Après mon passage dans cette maison de soins israélienne, je suis revenu à mon avion me disant : ce business est légitime. C’est parti pour le Canada, allons remplir les formulaires pour Santé Canada et commençons à améliorer des vies », raconte Closner.

Et quel partenaire plus approprié pour MedReleaf qu’une compagnie nommée Tikun Olam (en hébreu : « réparer le monde ») ?

« Notre partenariat avec Tikun Olam nous donne un avantage scientifique significatif », explique Closner.

« Nous avons accès aux données de traitement de plus de 7 000 de leurs patients, cela nous donnera une grande intelligence dans l’effectivité et l’efficacité des différentes variétés et, par conséquent, une meilleure capacité pour travailler avec les patients et les pharmaciens pour créer les protocoles de traitement les plus bénéfiques. Le partenariat nous offre également un accès exclusif à un ensemble de variétés brevetées de cannabis médical ».

Deux des variétés auxquelles Closner se réfère sont Erez, la plus vendue en Israël, et AviDekel.Erez avec son contenu élevé en tétrahydrocannabinol (THC), très connu pour traiter les troubles du sommeil et réguler les douleurs, nausées, inflammations et indigestions.

AviDekel, une variété à dominance Sativa contient des niveaux élevés de cannabidiol (CBD) et virtuellement pas de THC, ce qui, par ailleurs, signifie « pas d’hallucinations ».

Le CBD est un composé non-psychoactif trouvé dans le cannabis qui a été montré pour avoir un impact positif sur les troubles tels que la sclérose en plaques, l’arthrite et l’épilepsie, parmi d’autres.

Comme vous pouvez l’imaginer, la visite des installations de MedReleaf à Markham est impressionnante, presque grandiose.

Avec des chambres plus propres que des salles d’opération, des employés continuellement surveillés par vidéosurveillance, une salle de décontamination et un personnel en tenue blanche de la tête aux pieds, masques, gants, filets à cheveux et chaussons faisant partie de leur uniforme de travail quotidien, MedReleaf, qui dépose son produit : « norme de qualité médicale », a clairement dépassé les exigences prévues par la réglementation de Santé Canada.

« Santé Canada nous rendent régulièrement et fréquemment des visites surprises d’inspection donc nous devons toujours être au sommet », explique Closner.

« Nous sommes concentrés sur la construction d’une entreprise calquée sur le modèle d’une société pharmaceutique, même si Santé Canada ne considère pas encore le cannabis comme un médicament officiel. Nous construisons cette activité avec le postulat qu’à un moment, cela va changer ».

L’établissement comporte une « chambre mère » où, lors du passage par un sas qui aurait pu être dans la lignée de « 2001 : l’Odyssée de l’espace », il y a des rangées et des rangées de plantes florissantes sous une lumière de 1 000 watts.

De là, les plantes sont coupées, les clones sont créés et déplacés vers l’une des salles de fleurs de l’établissement. Là, des milliers de plantes poussent sous les lumières intenses et sont régulièrement nourris de nutriments pendant environ deux mois avant la récolte.

Des rangées de culture de marijuana (Crédit : autorisation)

Des rangées de culture de marijuana (Crédit : autorisation)

MedReleaf, toujours en croissance et déjà à la recherche d’autres établissements, aura bientôt près de 10 salles de fleurs et pourront croitre quelques 150 000 plantes en même temps. A la fin du processus, le cannabis médical est scellé sous vide, repris par Poste Canada et délivré aux patients.

En partenariat avec Tikun Olam, MedReleaf est actuellement aussi en collaboration sur près de deux douzaines d’études de recherche liées au cannabis, avec des médecins et professeurs de huit grands hôpitaux en Israël, y compris le Centre Médical Hadassah à Jérusalem, le Centre Médical Wolfson à Holon, le Centre Médical Sheba à Tel Hashomer, le Centre Médical Meir à Kfar Saba et le Centre Médical Sourasky de Tel Aviv.

« Avec MedReleaf, ce que nous avons voulu est une combinaison de l’ingéniosité israélienne qui a conduit le pays à devenir un leader mondial dans la recherche et l’application du cannabis médical, et de l’expérience grandissante canadienne et leur expertise qui est incomparable », affirme Arbib.

« En combinant les forces de ces deux grandes nations, nous avons créé de la valeur qui apportera des avantages considérables pour les médecins, les chercheurs et, plus important de tout, les patients », ajoute Arbib.