Emmanuel Macron a déclaré dimanche qu’il ne « cèderait rien à l’anti-sionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme », lors de la commémoration de la rafle du Vél’ d’Hiv’, en présence de Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël.

« Nous ne cèderons rien aux messages de haine, nous ne cèderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme », a dit le chef de l’Etat, suscitant les applaudissements de l’assistance.

« Nous ne cèderons rien à toutes et celles et ceux qui, sur tous les continents, cherchent à nous faire renoncer à la liberté, à recréer les divisions, cherchent à nous faire renoncer à cette humanité, à notre démocratie, notre République », a déclaré Macron.

« Ce sont toutes ces haines qui se fondent sur ce que l’on est, sur d’où l’on vient, sur ce que l’on croit que nous devons combattre », a-t-il dit.

Statue en mémoire aux victimes de la rafle du Vel d'Hiv au Quai de Grenelle près du Métro Bir-Hakeim (Crédit : Leonieke Aalders/ CC BY SA 3.0)

Statue en mémoire aux victimes de la rafle du Vel d’Hiv au Quai de Grenelle près du Métro Bir-Hakeim (Crédit : Leonieke Aalders/ CC BY SA 3.0)

Macron a réaffirmé dimanche que « c’est bien la France qui organisa » la rafle du Vél’ d’Hiv’en juillet 1942 et la déportation de milliers de juifs, lors d’une cérémonie en présence du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

« Pas un seul Allemand » ne participa à l’organisation de cette rafle, a ajouté le chef de l’Etat, qui a dit être « ici pour que se perpétue le fil tendu en 1995 par Jacques Chirac », le premier président de la République à reconnaître en 1995 la responsabilité de la France dans les persécutions antisémites et non celle du seul régime de Vichy.

« Il est si commode de voir en Vichy un monstruosité née de rien […] mais c’est faux », a dit le chef de l’Etat.

« Récemment encore, ce que nous croyons établi par les autorités de la République, sans distinction partisane, avéré par tous les historiens, […] s’est trouvé contesté par des responsables politiques français prêts à faire reculer la vérité », a rappelé Macron, sans citer nommément la présidente du FN, Marine Le Pen.

Cet épisode tragique de l’histoire de la France avait suscité la polémique pendant la dernière campagne présidentielle, Marine Le Pen ayant été vivement critiquée pour avoir affirmé que la France n’était « pas responsable du Vél’ d’Hiv' ».

« Ce serait faire beaucoup d’honneur à ces faussaires que de leur répondre. Mais se taire serait pire, ce serait être complice », a lancé Macron.

« Alors oui, je le redis ici, c’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13 152 personnes de confession juive arrachées les 16 et 17 juillet à leur domicile », a déclaré le président de la République.

« Je récuse les accommodements et subtilités de ceux qui prétendent que vichy n’était pas la France », a ajouté Macron.

« Vichy, ce n’était pas tous les Français, mais c’était le gouvernement et l’administration de la France », a-t-il dit.