Dimanche soir, lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump a choisi d’aborder directement le dossier iranien. Au cours de cetentretien, il a le Premier ministre israélien à venir à Washington en février.

Trump et Netanyahu « sont tombés d’accord pour continuer à échanger leurs points de vue sur une série de questions régionales, notamment les menaces que représente l’Iran », a déclaré la Maison Blanche, donnant la première indication d’un durcissement de la nouvelle administration américaine vis-à-vis de Téhéran.

Dans son entretien avec le président américain, Netanyahu « a exprimé son désir de travailler étroitement avec le président Trump pour forger une vision commune afin de faire avancer la paix et la sécurité dans la région », a fait savoir son bureau.

Selon Netanyahu, qui avait dit qu’il évoquerait également avec Donald Trump la guerre en Syrie, « la première priorité de l’Etat d’Israël est de lever la menace que fait peser le mauvais accord nucléaire conclu par l’Iran » et les grandes puissances dont les Etats-Unis en 2015.

Barack Obama avait joué un rôle majeur dans la conclusion de cet accord, alors que Trump l’avait, pendant sa campagne électorale, qualifié « d’un des pires » jamais conclus.

Cette conversation téléphonique a été la première entre les deux hommes depuis l’investiture du nouveau président américain, qui a qualifié cet échange de « très bon ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, se rencontrent à la Trump Tower de New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, se rencontrent à la Trump Tower de New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Dans un communiqué, le bureau du Premier ministre israélien a précisé que la date finale de la visite de Netanyahu à Washington serait « fixée dans les jours qui la précéderont ».

Trump a également « affirmé son engagement sans précédent envers la sécurité d’Israël », et souligné que la lutte contre l’Etat islamique et les « autres groupes terroristes islamiques radicaux » était une de ses priorités, marquant là aussi en changement par rapport à Obama, qui évitait de faire référence au terrorisme islamiste.

Les deux hommes ont convenu qu’une paix israélo-palestinienne ne pouvait être que « négociée directement », a ajouté la Maison Blanche, le jour même où Israël a relancé la construction de centaines de logements à Jérusalem Est.

Des ouvriers palestiniens sur un chantier du quartier Gilo, à Jérusalem Est, le12 août 2013. Illustration. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Des ouvriers palestiniens sur un chantier du quartier Gilo, à Jérusalem Est, le12 août 2013. Illustration. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

« Les règles du jeu ont changé avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Nous n’avons plus les mains liées comme du temps de Barack Obama », a précisé Meïr Turjeman, l’adjoint au maire de la Ville sainte.

La mairie de Jérusalem a ainsi annoncé son feu vert définitif à la construction de 566 logements dans les quartiers de Pisgat Zeev, Ramot et Ramat Shlomo à Jérusalem Est.

« Nous avons des plans pour la construction de 11 000 logements qui attendent des autorisations » à Jérusalem Est, a-t-il poursuivi.

‘Forger une vision commune’

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a précisé dans un communiqué que 105 logements seraient également construits dans les quartiers palestiniens, se félicitant de la fin des « huit années difficiles avec Obama ».

L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a condamné dans un communiqué ces projets de construction, appelant l’ONU à agir pour « stopper le gouvernement extrémiste israélien qui détruit toute possibilité de parvenir à une solution à deux Etats ».

Rompant avec la ligne traditionnellement suivie par les Etats-Unis, Donald Trump avait promis durant sa campagne de reconnaître Jérusalem capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade américaine, au grand dam des Palestiniens et de la majeure partie de la communauté internationale.

Dimanche la Maison Blanche a cependant semblé écarter l’hypothèse d’une annonce imminente sur un tel transfert. « Nous en sommes au tout début du processus consistant ne serait-ce qu’à aborder ce sujet », a dit le porte-parole Sean Spicer.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, dans le quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem, à la suite d'une attaque terroriste où une terroriste palestinienne a poignardé un Israélien près de la Porte des Lions le 7 octobre 2015 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, dans le quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem, à la suite d’une attaque terroriste où une terroriste palestinienne a poignardé un Israélien près de la Porte des Lions le 7 octobre 2015 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)

En Israël, cette déclaration, faite quelques heures avant la conversation entre Netanyahu et Trump, a été interprétée comme une confirmation du déplacement de l’ambassade.

Barkat a rapidement salué cette initiative applaudissant « le président Trump pour son annonce historique, la Maison Blanche a commencé les discussions concernant le déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem. »

« Le président Trump a prouvé qu’il était un vrai ami de l’Etat d’Israël, et un dirigeant qui tient ses promesses. L’annonce de ce soir a transmis un message clair au monde, les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme la capitale indivisible de l’Etat d’Israël. Nous fournirons toute l’aide nécessaire à l’administration américaine pour garantir que le déplacement de l’ambassade se fait sans effort et de manière efficace », a ajouté Barkat.

Zeev Elkin, ministre Likud des Affaires de Jérusalem, a déclaré sur Facebook qu’il saluait « la prise des premières mesures par l’administration Trump pour transformer une promesse électorale en réalité. Jérusalem unifiée est la capitale de l’Etat d’Israël selon la loi israélienne. »

D’autre part, la ministre Likud de la Culture, Miri Regev, a dit au président qu’il était « temps d’agir ».

« Comme il l’a dit pendant son discours d’investiture, ‘nous n’accepterons plus les politiciens qui ne font que parler et n’agissent pas, se plaignant constamment mais ne faisant rien pour que cela change’, a-t-elle publié sur Facebook. Il est temps d’agir, et avec l’aide de Dieu, nous ferons beaucoup de bonnes choses ensemble, pour Israël et pour le monde. »

Shuli Moalem, députée de HaBayit Hayehudi. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Shuli Moalem, députée de HaBayit Hayehudi. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La députée Shuli Moalem-Refaeli, du parti HaBayit HaYehudi, a affirmé que cette déclaration prouvait que Trump « sait comment tenir ses promesses ».

« Israël doit saisir l’opportunité historique d’avancer des mesures montrant l’indépendance israélienne, a-t-elle déclaré. Les Arabes peuvent continuer de menacer. Ils refusent de reconnaître l’Etat d’Israël comme un Etat juif et Jérusalem comme sa capitale. »

Dov Kalmanovich, adjoint au maire de Jérusalem, a déclaré, en parlant du déplacement de l’ambassade, que « nous voulons ceci, nous préparons le territoire et nous aiderons de toutes les manières possibles. »

Il n’a pas été précisé si Kalmanovich parlait littéralement des travaux pour organiser la construction d’une nouvelle ambassade américaine.

Netanyahu s’était chaudement félicité de l’arrivée au pouvoir de Trump après des relations tendues avec son prédécesseur, pour qui les implantations étaient un obstacle à la reprise des négociations avec les Palestiniens gelées depuis plus de deux ans.

La tension avait atteint son paroxysme lorsque le 23 décembre, les Etats-Unis, pour la première fois depuis 1979, n’ont pas mis leur veto à une résolution de l’ONU condamnant les implantations israéliennes.

Israël considère l’ensemble de Jérusalem comme sa capitale indivisible. Les Palestiniens veulent quant à eux faire de Jérusalem Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.