Trump informe Abbas qu’il veut « transférer l’ambassade à Jérusalem »
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Abbas : 'Pas d’État palestinien sans Jérusalem-Est pour capitale'

Trump informe Abbas qu’il veut « transférer l’ambassade à Jérusalem »

Le roi jordanien Abdallah II, le président égyptien et le chef de l'AP ont mis en garde Trump contre le "danger" que la mesure représenterait

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 6 octobre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 6 octobre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Le président Donald Trump a informé le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas « de son intention de transférer l’ambassade des Etats-Unis » en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, a affirmé l’AP après un entretien téléphonique entre les deux dirigeants.

Au cours de cet échange, M. Abbas a mis en garde M. Trump contre les « conséquences dangereuses d’une telle décision sur le processus de paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Le communiqué de l’AP ne laisse pas clairement apparaître si M. Trump avait signifié à M. Abbas son dessein d’engager immédiatement le déménagement, ou s’il s’agit d’une nouvelle déclaration d’intention à long terme.

M. Abbas a « réaffirmé notre position ferme qu’il ne peut y avoir d’Etat palestinien sans Jérusalem-Est pour capitale, conformément aux résolutions et à la loi internationales et à l’initiative de paix arabe », a dit le communiqué.

Nabil Abu Rudeineh, porte-parole d’Abbas, a déclaré que le président de l’AP prévoyait de rester en contact avec les dirigeants internationaux pour empêcher ce qu’il appelle une « action inacceptable ».

Le porte-parole de l’AP a déclaré de son côté que le gouvernement à Ramallah rejetait le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, car cette manœuvre signifierait que Washington « reconnaît officiellement que Jérusalem est la capitale d’Israël », selon l’agence de presse officielle de l’AP, Wafa.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a ensuite appelé le président russe Vladimir Poutine et le roi du Maroc Mohammed VI, à l’aider pour empêcher le président américain Donald Trump de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

Abbas s’est entretenu avec chacun d’eux séparément et a souligné la nécessité « pour tout le monde, de protéger Jérusalem et les lieux saints chrétiens et musulmans », selon l’agence de presse de l’AP.

Selon le New York Times, le président américain Donald Trump a l’intention de déclarer Jérusalem comme capitale d’Israël ce mercredi, mais signera une dérogation qui retardera sa promesse électorale controversée de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Les responsables américains ont déclaré que Trump pourrait reconnaître Jérusalem comme capitale israélienne. Cela lui permettrait néanmoins de contrebalancer sa décision probable qui retardera le transfert de l’ambassade américaine.

Les Palestiniens voient en Jérusalem-Est la capitale de leur futur État et ont averti qu’ils couperaient tout contact avec Washington si Trump prenait des décisions unilatérales concernant le statut de la ville.

Le président américain Donald Trump avait prévu mardi une série d’échanges téléphoniques avec notamment le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le roi Abdallah II de Jordanie.

« D’autres échanges téléphoniques avec des dirigeants étrangers auront probablement lieu aujourd’hui », a précisé Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif américain.

Selon le royaume hachémite, le président américain Donald Trump a expliqué au roi de Jordanie Abdallah II son « intention » de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem lors d’un appel téléphonique.

Le roi jordanien a mis en garde Trump contre le « danger » que la mesure représenterait si elle est prise en dehors du cadre des négociations pour un État palestinien. Il a prévenu également qu’elle aurait des « répercussions dangereuses » pour l’accord de paix et la stabilité dans toute la région.

Le roi Abdallah II de Jordanie en conférence de presse avec le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 5 avril 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

L’Égypte a aussi mis en garde contre les « éventuelles répercussions dangereuses » si le président américain Donald Trump venait à mettre à exécution son projet visant à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Bassam Radhi, porte-parole de Sissi, a affirmé que Trump avait appelé le leader égyptien pour discuter de la « décision planifiée par l’administration américaine de transférer l’ambassade à Jérusalem ».

Selon le porte-parole, Sissi a répondu à Trump que la position égyptienne consistait au « maintien du statut légal de Jérusalem dans le cadre des décisions internationales ».

Le dirigeant égyptien a affirmé « la nécessité de ne pas compliquer la situation de la région en prenant des mesures qui minent les chances de paix au Moyen-Orient ».

De son côté, le ministère des Affaires étrangères égyptien a déclaré que Sameh Shoukry, ministre des Affaires étrangères, s’est entretenu avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian. Ensemble, ils appellent l’administration Trump à attendre et à repenser leur décision.

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