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10 ans après « l’apocalypse », des Syriens commémorent l’attaque chimique de la Ghouta

"Nous n'organisons pas cet événement pour se souvenir du massacre, car nous ne l'avons jamais oublié", a déclaré Mohammad Dahleh, un survivant et co-organisateurs de l'événement

Un homme regardant une affiche représentant le dicateur syrien Bashar el-Assad avec un masque à gaz lors d'un événement marquant le 10e anniversaire des attaques chimiques qui ont tué plus de 1 400 personnes dans la Ghouta, près de la capitale, dans la ville d'Afrin, le 20 août 2023. (Crédit : Rami al-Sayed/AFP)
Un homme regardant une affiche représentant le dicateur syrien Bashar el-Assad avec un masque à gaz lors d'un événement marquant le 10e anniversaire des attaques chimiques qui ont tué plus de 1 400 personnes dans la Ghouta, près de la capitale, dans la ville d'Afrin, le 20 août 2023. (Crédit : Rami al-Sayed/AFP)

Les Syriens dans les zones rebelles commémorent lundi le dixième anniversaire de l’attaque chimique au gaz sarin près de Damas qui avait fait au moins 1 400 morts, un crime attribué au régime de Bashar el-Assad et toujours impuni.

Dans plusieurs localités des zones échappant au contrôle du régime dans le nord du pays, des proches des victimes, des militants et des secouristes ont organisé dès dimanche soir des rassemblements.

Le 21 août 2013, les forces syriennes mènent des attaques dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, des secteurs alors aux mains des rebelles dans cet ancien verger de la capitale.

Les images d’hommes, de femmes, et surtout d’enfants inanimés, l’écume aux lèvres choquent le monde, des militants affirmant que des familles entières ont été décimées.

À Afrin, des survivants ont partagé leurs douloureux souvenirs alors que des enfants jouaient une pièce inspirée de ce drame.

« Nous n’organisons pas cet événement pour se souvenir du massacre, car nous ne l’avons jamais oublié », a assuré Mohammad Dahleh, un survivant et l’un des organisateurs de l’événement.

Des femmes syriennes devant un grand portrait du dictateur syrien Bashar el-Assad et un portrait en filigrane de son défunt père et ancien président Hafez el-Assad alors qu’elles font la queue pour assister au « Festival du shopping de la Ghouta » parrainé par le gouvernement, dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale, à la périphérie orientale de la capitale Damas, le 13 mai 2018. (Crédit : Louai Beshara/AFP)

« Nous continuerons à insister sur la nécessité de demander des comptes à Bashar el-Assad, le premier responsable de ce massacre », a-t-il ajouté, déplorant que le régime ait continué à « perpétrer d’autres massacres en raison de l’inaction du monde ».

L’opposition attribue l’attaque au régime du dictateur syrien el-Assad, mais ce dernier dément toute implication.

Les États-Unis évoquent un chiffre d’au moins 1 429 morts, dont 426 enfants et accusent également Damas d’avoir mené l’attaque, violant la « ligne rouge » fixée par le président de l’époque Barack Obama pour une intervention en Syrie.

Mais le massacre constitue un tournant dans la guerre syrienne, les États-Unis renonçant au dernier moment à mener des frappes sur le régime avec leurs alliés, acceptant l’offre du parrain russe de Damas : le démantèlement de l’arsenal chimique du régime syrien.

« Le jour du Jugement dernier » 

« C’était une vision d’apocalypse. Une scène indescriptible, comme le jour du Jugement dernier », a raconté à l’AFP Mohammad Sleiman, un secouriste qui a perdu cinq membres de sa famille à Zamalka et qui se souvient des corps sans vie amoncelés.

Beaucoup de survivants se sont réfugiés dans le nord de la Syrie encore aux mains de l’opposition lors de la chute de la Ghouta aux mains du régime en 2018.

« J’ai senti l’odeur de la mort. J’ai commencé à transférer les corps à un centre hospitalier proche », a ajouté le secouriste, précisant s’être couvert le visage pour échapper aux émanations de gaz avant de commencer à transporter les corps.

Une image extraite d’une vidéo téléchargée sur YouTube par le Comité local d’Arbeen le 21 août 2013 montrant des Syriens recouvrant une fosse commune contenant les corps de victimes qui, selon les rebelles syriens, ont été tuées lors d’une attaque au gaz toxique par les forces pro-gouvernement dans la Ghouta orientale et à Zamalka, dans la banlieue de Damas. (Crédit : Comité local d’Arbeen/AFP)

Il a raconté avoir découvert et identifié les corps de son père et de ses voisins qui avaient été alignés, dans un centre proche de chez lui. « Ils portaient de simples numéros, mon père était le numéro 95 », a-t-il dit. Son frère, l’épouse de ce dernier et deux de leurs enfants sont également décédés.

« Nous avons creusé une fosse commune pour enterrer les centaines de corps », a ajouté encore le secouriste.

« Nous espérons que les pays du monde entier pourront punir les responsables de ce massacre. »

Plusieurs rapports ont pointé du doigt le régime concernant différentes attaques chimiques.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression brutale de manifestations pro-démocratie, a fait plus d’un demi-million de morts et déplacé des millions de personnes.

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