100 détenus palestiniens jeûnent en solidarité avec des grévistes de la faim
Rechercher

100 détenus palestiniens jeûnent en solidarité avec des grévistes de la faim

Le service pénitentiaire met des amendes et sanctionne les prisonniers protestant contre des incarcérations sans inculpation, dans le but de mettre fin à leur grève

Photo d'illustration d'un garde dans une prison israélienne (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)
Photo d'illustration d'un garde dans une prison israélienne (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

Une centaine de prisonniers palestiniens s’est jointe mercredi à une grève de la faim de masse dans les prisons israéliennes, selon les rapports dans les médias palestiniens.

Les détenus ont lancé le jeûne en solidarité avec trois grévistes de la faim pour protester contre leur détention sans procès – Bilal Kayed, qui jeûne depuis 44 jours, et Muhammad et Mahmud al-Balboul, qui a lancé une grève de la faim il y a 23 jours, a rapporté l’agence d’information Ma’an.

Le Service pénitentiaire israélien tente de mettre un terme à la grève de la faim des prisonniers, en les sanctionnant avec des amendes de 600 shekels (142 euros), en les isolant et en les empêchant de voir les membres de leur famille, selon le rapport.

Le Comité palestinien des affaires des prisonniers a déclaré mercredi que Kayed était « entre la vie et la mort » en raison de sa grève de la faim.

Kayed a commencé sa grève le mois dernier pour protester contre son internement en vertu du droit de la détention administrative d’Israël, ce qui permet au pays de détenir les personnes, sans charges, pour des périodes de six mois renouvelables.

Il avait purgé une peine de 14 ans et demi pour les activités du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), une organisation considérée comme terroriste par Israël, l’Union européenne et les États-Unis, et devait être libéré le 15 juin.

Cependant, le jour où il devait être libéré, les autorités israéliennes l’ont placé en détention administrative, l’incitant à commencer cette grève de la faim.

Plus tôt ce mois-ci, Issa Qaraqe, le chef de la commission de l’Autorité palestinienne pour les affaires des détenus, a déclaré que Kayed avait été transféré dans un hôpital deux fois au cours d’une période de 24 heures, en raison de reins défaillants.

L’homme âgé de 35 ans, près de Naplouse, en Cisjordanie, a perdu environ 30 kilo et « refuse les inspections médicales ou d’avaler quoique ce soit d’autre que de l’eau », a ajouté Qaraqe dans une déclaration du 14 juillet.

Un porte-parole du Service pénitentiaire israélien a confirmé la grève de la faim sans donner plus de détails, alors que l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet a refusé de discuter de la raison de sa détention.

La détention administrative permet aux autorités de détenir des suspects sans divulguer de sources de renseignement.

Le système a été critiqué par les Palestiniens, les groupes et les membres de la communauté internationale des droits de l’Homme.

Sur plus de 7 500 Palestiniens actuellement dans les prisons israéliennes, environ 700 sont détenus en détention administrative, selon les groupes de défense des droits palestiniens.

Les Palestiniens ont régulièrement effectué des grèves de la faim pour protester contre leur détention.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...