Israël en guerre - Jour 289

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11 ministres et 15 élus de la coalition assistent à la conférence « Se réinstaller à Gaza »

La question de l'émigration volontaire des Palestiniens a également été soulevée ; les images de la conférence ont suscité des réactions négatives sur les réseaux sociaux

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Des centaines de militants pro-implantations assistant à la conférence "Les implantations apportent la sécurité" à Jérusalem, le 28 janvier 2024. (Crédit : Jeremy Sharon/The Times of Israel)
Des centaines de militants pro-implantations assistant à la conférence "Les implantations apportent la sécurité" à Jérusalem, le 28 janvier 2024. (Crédit : Jeremy Sharon/The Times of Israel)

Devant un public passionné de milliers de militants de droite, 11 ministres du gouvernement et 15 députés de la coalition ont promis, dimanche soir, de reconstruire les implantations juives israéliennes au cœur de la bande de Gaza, certains encourageant également l’émigration de la population palestinienne une fois la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas achevée.

S’exprimant dans une atmosphère festive au Centre de conventions internationales de Jérusalem, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, chef du parti ultra-nationaliste HaTzionout HaDatit, a exalté les vertus de la création de nouvelles implantations, déclarant : « Si Dieu le veut, nous nous installerons et nous serons victorieux. »

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, chef du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, a déclaré, à l’attention du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui n’était pas présent, et à l’assistance qu’il était « temps de rentrer chez soi au Gush Katif » – le nom du bloc d’implantations israéliennes à Gaza qui a été évacué lors du désengagement de 2005.

Smotrich et Ben Gvir, ainsi que six députés de la coalition, ont signé ce qui a été appelé le « Pacte de victoire et de renouvellement de l’implantation », qui promet que les signataires « feront croître des implantations juives pleines de vie » dans la bande de Gaza.

À leurs côtés, le ministre des Communications Shlomo Karhi, du Likud, le parti au pouvoir de Netanyahu, a également appelé à la construction d’implantations dans la bande de Gaza et à « l’encouragement de l’émigration volontaire ».

Mais Karhi est allé plus loin que ses collègues ministres, en affirmant que la guerre imposée à Israël par le groupe terroriste du Hamas signifiait que les civils gazaouis pouvaient désormais être contraints de dire qu’ils voulaient quitter le territoire.

Des militants brandissent une pancarte indiquant « Seul le transfert apportera la paix » lors d’une conférence exhortant à relancer la présence juive à Gaza, au Centre de conférence international, à Jérusalem, le 28 janvier 2024. (Crédit : Jeremy Sharon/Times of Israel)

Des activistes brandissaient une pancarte indiquant : « Seul le transfert apportera la paix. »

« Encourager volontairement, oui ; encourager volontairement, vous avez raison », a déclaré Ben Gvir.

Les images de la conférence ont suscité des réactions négatives sur les réseaux sociaux, les critiques notant que les ministres du gouvernement et de la coalition dansaient allègrement alors qu’une guerre fait rage, que des dizaines de milliers d’Israéliens sont déplacés, que des soldats sont tués presque quotidiennement et que 136 otages sont toujours retenus par des terroristes à Gaza.

Netanyahu lui-même n’a pas assisté à la conférence et avait indiqué samedi soir qu’il s’opposait au retour de la présence israélienne à Gaza et que ce n’était pas une politique soutenue par le gouvernement.

Interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse télévisée, le Premier ministre a déclaré que les députés et les ministres étaient autorisés à exprimer leur opinion, mais que la politique d’Israël concernant la bande de Gaza d’après-guerre était définie par l’ensemble du cabinet de sécurité, l’organe habilité à prendre de telles décisions, et qu’aucune décision de réinstallation à Gaza n’avait été prise. Son opposition à la reprise du rétablissement d’implantations juives à Gaza « n’a pas changé », a-t-il affirmé.

Rectifier le tir

La conférence de dimanche soir était organisée par le groupe de militants de l’implantation Nachala et par le Conseil régional de Samarie, en Cisjordanie, et son chef Yossi Dagan.

L’objectif explicite de l’événement était de servir de cri de ralliement au grand public et au gouvernement pour profiter de la guerre actuelle, au cours de laquelle les soldats israéliens ont affirmé leur contrôle sur de grandes parties de la bande de Gaza, et de recommencer à construire des implantations juives dans l’enclave côtière.

Des centaines de militants pro-implantations assistant à la conférence « Les implantations apportent la sécurité » à Jérusalem, le 28 janvier 2024. (Crédit : Jeremy Sharon/The Times of Israel)

Israël avait démantelé les 21 implantations de Gaza et contraint leurs 8 000 habitants à partir lorsqu’il s’était retiré unilatéralement de la bande de Gaza en 2005, revenant ainsi aux lignes d’avant 1967. Le groupe terroriste palestinien du Hamas avait violemment évincé la faction Fatah de l’Autorité palestinienne et s’était emparé du pouvoir à Gaza en 2007, ce qui avait incité Israël et l’Égypte à imposer des restrictions sécuritaires pour tenter de limiter la capacité du groupe terroriste à s’armer.

Le ministre du Logement et de la Construction, Yitzhak Goldknopf, chef du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, était présent et a appelé à la reconstruction des implantations juives à Gaza, tout comme les nombreux dirigeants du mouvement pro-implantations qui ont organisé l’événement.

Ben Gvir, comme de nombreux autres orateurs, a fait valoir que l’évacuation des implantations lors du désengagement de 2005 avait entraîné des actes de terrorisme et des tirs de roquettes émanant du territoire contre les citoyens israéliens, qui ont culminé avec le massacre du 7 octobre au cours duquel des milliers de terroristes du Hamas ont envahi Israël, assassinant quelque 1 200 personnes et emmenant 253 otages dans la bande de Gaza.

« Une partie de la correction de l’erreur, de la reconnaissance du péché de la conception qui nous a conduits au 7 octobre et à l’expulsion [des résidents d’implantations de Gaza en 2005], est le retour à la maison (…) . [Nous] retournons à la maison, au Gush Katif et au nord de la Samarie », a déclaré Ben Gvir, faisant également référence à quatre implantations dans le nord de la Cisjordanie qui ont également été évacuées en 2005 dans le cadre du désengagement.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir s’exprimant lors de la conférence « Les implantations apportent la sécurité » à Jérusalem, le 28 janvier 2024. (Crédit : Jeremy Sharon/The Times of Israel)

Approuvant l’idée d’inciter les Palestiniens à quitter Gaza, le ministre d’extrême-droite a ajouté : « Nous devons rentrer chez nous, gouverner le territoire, et oui, offrir aussi une solution morale et logique au problème humanitaire : encourager l’émigration et [faire passer une] loi sur la peine de mort [pour les condamnés pour terrorisme]. »

Ben Gvir a harcelé Netanyahu, lui disant que c’était « la rôle d’un leadership courageux de prendre des décisions courageuses. »

Bien que ministre, Ben Gvir a critiqué les politiques du gouvernement liées à la guerre, se plaignant d’en être tenu à l’écart. Cependant, il a déclaré qu’il n’envisageait pas pour l’instant de faire tomber le gouvernement.

Smotrich a été un peu plus prudent que Ben Gvir et n’a pas explicitement appelé à la construction d’implantations à Gaza dans son discours, bien qu’il ait fortement laissé entendre qu’il était en faveur d’une telle voie.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s’exprimant lors de la conférence « Les implantations apportent la sécurité » à Jérusalem, le 28 janvier 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Il a déclaré qu’Israël pouvait soit « fuir une fois de plus le terrorisme », soit « s’installer dans la terre, la contrôler, lutter contre le terrorisme et apporter la sécurité à l’ensemble de l’État d’Israël ».

« Sans implantations, il n’y a pas de sécurité. Et sans sécurité aux frontières d’Israël, il n’y a pas de sécurité dans aucune partie d’Israël. »

« Si Dieu le veut, ensemble nous serons victorieux ; si Dieu le veut, ensemble nous réglerons la question et nous serons victorieux », a conclu le ministre des Finances.

Karhi s’est fait l’écho de Smotrich.

« Nous devons [nous]] installer à Gaza, avec des forces de sécurité et des résidents d’implantations qui les envelopperont, eux et cette Terre, d’amour. »

Et dans ce qui semblait être une approbation tacite de l’exercice de pressions sur les résidents palestiniens de Gaza pour qu’ils quittent le territoire, Karhi a déclaré que « nous avons l’obligation d’agir, dans notre intérêt et même dans l’intérêt de ces prétendus civils non impliqués, pour [provoquer] une émigration volontaire – même si cette guerre, qui nous a été imposée, transforme cette migration volontaire en une situation de ‘contraignez-le jusqu’à ce qu’il dise je le veux' » – citant un principe de la loi juive selon lequel quelqu’un peut être contraint d’accomplir certaines obligations religieuses par des pressions physiques ou d’autres formes de pression.

Démonstration de force de la coalition

Au total, 11 ministres et 15 autres députés de la coalition ont participé à la conférence, selon les organisateurs. Les ministres du Likud qui ont fait le déplacement sont Miki Zohar, Haïm Katz, Idit Silman, May Golan, Shlomo Karhi et Amichaï Chikli. Les ministres d’Otzma Yehudit Ben Gvir, Yitzhak Wasserlauf et Amichaï Eliyahu y ont également participé, aux côtés des ministres du sionisme religieux Smotrich et Orit Strouk, et du ministre Goldknopf.

L’ensemble de la faction Otzma Yehudit de la Knesset était présente, sous la houlette du chef du parti, Ben Gvir, ainsi que des chefs religieux d’extrême-droite, dont l’influent rabbin Dov Lior.

La foule était majoritairement composée de membres de la communauté sioniste religieuse. Des centaines de jeunes, ainsi que de nombreuses familles accompagnées de leurs jeunes enfants, ont assisté à la conférence, qui appelait au rétablissement des implantations juives à Gaza.

Des militants pro-implantations lors de la conférence « Les implantations apportent la sécurité » pour promouvoir la construction d’implantations juives à Gaza montant sur scène dans des groupes dédiés qui cherchent à établir six nouvelles implantations dans l’enclave côtière, à Jérusalem, le 28 janvier 2024. (Crédit : Mouvement d’implantation Nachala)

Prêts à partir

Nachala a créé six groupes d’implantation composés de 400 familles de tout le pays qui seraient théoriquement prêtes à établir six nouvelles implantations à Gaza si le gouvernement autorisait une telle activité.

Un présentoir central exposait une carte de la bande de Gaza montrant l’emplacement des anciennes implantations israéliennes et l’endroit où les organisateurs de la conférence souhaitent établir six nouvelles implantations dans l’enclave palestinienne, notamment dans les zones urbaines de la ville de Khan Younès, au sud, et au cœur de Gaza City.

Lors de la conférence, Daniella Weiss, présidente de Nachala et militante de longue date du mouvement pro-implantations, a également approuvé l’idée de faire quitter le territoire aux habitants de Gaza.

« Des millions de réfugiés de guerre vont d’un pays à l’autre dans le monde », a-t-elle déclaré, demandant pourquoi « seuls les monstres qui ont grandi à Gaza et ont transformé cette belle partie du pays en une terre fantôme – seuls eux devraient être liés à ce territoire ? Eux, en particulier, ne peuvent pas quitter une terre qu’ils ont transformée en enfer et d’où ils menacent de détruire Israël ?

« Seul le peuple d’Israël s’installera dans l’ensemble de la bande de Gaza et régnera sur l’ensemble de la bande de Gaza », a-t-elle conclu.

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