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129 journalistes tués dans le monde en 2025, surtout par Israël, selon le CPJ ; Tsahal réfute

Selon l'armée israélienne, les données du rapport du Comité pour la protection des journalistes sont invérifiables et comporte plus de 40 noms identifiés comme terroristes

Le caméraman palestinien Hussam al-Masri, sous-traitant pour Reuters, tué lors de frappes israéliennes présumées le 25 août 2025, aux côtés de sa caméra à l’hôpital Nasser, à Khan Younès, sur une photo non datée. (Crédit : Mohammed Salem/REUTERS)
Le caméraman palestinien Hussam al-Masri, sous-traitant pour Reuters, tué lors de frappes israéliennes présumées le 25 août 2025, aux côtés de sa caméra à l’hôpital Nasser, à Khan Younès, sur une photo non datée. (Crédit : Mohammed Salem/REUTERS)

Un nombre record de 129 journalistes et professionnels des médias auraient été tués dans l’exercice de leurs fonctions l’an dernier, dont les deux tiers par Israël, a déclaré mercredi le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

L’armée israélienne rejette fermement ce rapport.

« Tsahal ne s’en prend pas intentionnellement aux journalistes ni aux membres de leur famille », a déclaré l’armée dans un communiqué.

« Ce rapport se fonde sur des allégations générales, des données d’origine inconnue et des conclusions prédéterminées, sans tenir compte de la complexité des combats ni des efforts déployés par Tsahal pour limiter les dommages causés aux non-combattants. »

C’est la deuxième année consécutive que le nombre de journalistes tués atteint un niveau record et la deuxième année consécutive qu’Israël est responsable des deux tiers de ces décès, a indiqué le CPJ, une organisation indépendante basée à New York qui recense les attaques contre la presse, dans un rapport annuel.

Les journalistes, même ceux liés au terrorisme, bénéficient de la protection du droit international humanitaire, sauf s’ils prennent les armes et participent directement aux hostilités, auquel cas ils deviennent des cibles légitimes.

Des journalistes filmant devant des bâtiments détruits dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 9 octobre 2024. (Crédit : Omar Al-Qattaa/AFP)

Selon le CPJ, les tirs israéliens auraient tué 86 journalistes en 2025, principalement des Gazaouis, ainsi que 31 employés lors d’une attaque contre le quartier général de la division de propagande du groupe terroriste des Houthis – soutenu par la République islamique d’Iran – au Yémen. Il s’agirait de la deuxième attaque la plus meurtrière jamais enregistrée par le CPJ contre des journalistes.

Israël serait également responsable de 81 % des 47 meurtres que le CPJ a classés comme étant intentionnels, ou « assassinats ». En raison des restrictions d’accès qui ont rendu la vérification difficile à Gaza, le CPJ affirme que le nombre réel est probablement plus élevé.

Israël rejette les accusations selon lesquelles il ciblerait délibérément les journalistes et affirme que de nombreux membres présumés de la presse – dont certains figurent sur la liste du CPJ – qui ont été tués pendant la guerre déclenchée par l’invasion et le pogrom perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, étaient en réalité des terroristes.

L’armée israélienne affirme que si ses troupes à Gaza ne ciblent que des terroristes, les opérations dans les zones de combat comportent toutefois des risques inhérents.

En septembre, Israël a effectivement pris pour cible le quartier général de la division de propagande des Houtis au Yémen, en réponse aux attaques répétées du groupe terroriste.

Ce quartier général, officiellement connu sous le nom de Département de l’orientation morale des forces armées yéménites, est entièrement contrôlé par les Houthis et dirigé par le porte-parole militaire houthi, le général de brigade Yahya Saree. Le journal Yemen’s September 26, qui se décrit comme « le média officiel de l’armée houthie », a nommé 31 journalistes tués lors de cette frappe.

À plusieurs reprises, Israël a confirmé avoir ciblé des journalistes présumés à Gaza, qu’il soupçonnait d’avoir des liens avec le Hamas et d’autres groupes terroristes.

Dans certains cas, Tsahal a fourni des documents découverts à Gaza qui répertorient les « journalistes » comme des terroristes du Hamas ou du Jihad islamique palestinien.

Des personnes assistant aux funérailles de cinq Gazaouis – qui se faisaient passer pour des reporters mais qui étaient en réalité des terroristes du Jihad islamique palestinien, selon l’armée israélienne – tués lors d’une frappe israélienne, à l’hôpital al-Awda du camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 26 décembre 2024. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Plus de 40 noms figurant sur la liste du CPJ des journalistes tués par Israël depuis le début de la guerre ont également été identifiés comme membres de groupes terroristes par Tsahal, de manière indépendante par des analystes du renseignement open source et, dans certains cas, par les groupes terroristes eux-mêmes.

Selon une étude publiée en décembre par un centre de recherche israélien, 60 % des 266 professionnels des médias tués depuis que le Hamas a déclenché la guerre en envahissant et en massacrant Israël, le 7 octobre 2023, s’identifiaient fortement à des groupes terroristes basés à Gaza, notamment le Hamas et le Jihad islamique palestinien, ou en étaient membres. Beaucoup d’entre eux travaillaient comme propagandistes.

Mardi, le Jihad islamique palestinien a confirmé la mort de Mahdi al-Mamluk, le chef adjoint de l’unité de communication du groupe terroriste.

Mamluk était répertorié par le CPJ comme « ingénieur de diffusion pour la chaîne de télévision Al-Quds Al-Youm, affiliée au Jihad islamique ».

Les agences de presse internationales ont fermement nié que les journalistes tués entretenaient des liens avec des groupes terroristes. Le CPJ a qualifié ces allégations d’Israël de « calomnies mortelles ».

Israël n’autorisant pas les journalistes étrangers à entrer à Gaza en raison de la situation sécuritaire, tous les professionnels des médias tués dans l’enclave étaient des Gazaouis.

Selon le rapport du CPJ, « l’armée israélienne a désormais commis plus d’assassinats ciblés de journalistes que n’importe quelle autre armée gouvernementale répertoriée », précisant que l’organisation collecte des données depuis plus de trente ans.

Au moins 104 des 129 journalistes tués dans le monde l’ont été dans le cadre de conflits. Outre Gaza et le Yémen, les pays les plus meurtriers pour les journalistes sont le Soudan, où neuf d’entre eux ont été tués, et le Mexique, où six ont trouvé la mort. Quatre journalistes ukrainiens ont été tués par les forces russes et trois autres sont morts aux Philippines, d’après le rapport.

Illustration : Des Gazaouis, après des frappes israéliennes, devant l’hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 25 août 2025. (Crédit : AFP)

L’ambassade de Russie à Washington n’a pas répondu spécifiquement au rapport du CPJ, mais a renvoyé aux déclarations précédentes du ministère russe des Affaires étrangères, qui accusait Kiev d’être responsable de la mort de plus de 60 journalistes russes depuis 2014.

La Russie a précédemment nié avoir délibérément pris pour cible des journalistes, et l’Ukraine nie avoir pris pour cible des reporters russes.

Parmi les personnes tuées à Gaza l’an dernier, figurait le journaliste de Reuters, Hussam al-Masri, tué par des tirs israéliens en août alors qu’il diffusait une vidéo en direct depuis l’hôpital Nasser de l’enclave.

Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a déclaré qu’il regrettait cette attaque, qui a coûté la vie à une vingtaine d’autres Gazaouis, dont quatre autres journalistes, la qualifiant de « tragique accident ».

L’armée israélienne a expliqué avoir visé une caméra du Hamas, mais selon une enquête de Reuters a révélé que l’appareil lui appartenait.

Selon Tsahal, six des victimes étaient toutefois des terroristes du Hamas, dont l’un avait participé au 7-Octobre lorsque des terroristes avaient envahi le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes et emportant 251 otages à Gaza.

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