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1er mai: Des journalistes empêchés de parler aux militants du FN

Au centre des discours du meeting de Villepinte de Marine Le Pen, "le pouvoir de la finance" qui a désormais "un visage" celui d'Emmanuel Macron

Marine Le Pen, candidate du FN, pendant son grand meeting de l'entre-deux tours au Parc des Expositions de Villepinte, le 1er mai 2017. (Crédit : Alain Jocard/AFP)
Marine Le Pen, candidate du FN, pendant son grand meeting de l'entre-deux tours au Parc des Expositions de Villepinte, le 1er mai 2017. (Crédit : Alain Jocard/AFP)

Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle, a appelé lundi à « faire barrage » à « la finance » qui, cette fois, « a un nom et un visage », son adversaire de second tour Emmanuel Macron, dans un parallèle au discours du Bourget de François Hollande en 2012.

Se référant à ce discours de campagne du candidat Hollande qui faisait de la finance son « adversaire » sans nom et sans visage, Mme Le Pen a lancé lors d’un meeting à Villepinte à six jours du second tour: « Cette fois, il a un nom, il a un visage, il a un parti et il présente sa candidature, et tous rêvent de le voir élu, et il s’appelle Emmanuel Macron ».

« Hollande, pas très loin d’ici, c’était au Bourget, disait: +mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne, cet adversaire c’est la finance », a-t-elle lancé, avoir après avoir égrené une longue liste de patrons français et de sociétés françaises qui soutiennent l’ex-ministre de l’Economie.

Elle s’exprimait devant plusieurs milliers de partisans agitant des drapeaux tricolores. Cet immense hall du Parc des Expositions de Villepinte était aux deux tiers vide. Selon des responsables FN, 102 bus avaient été affrétés pour ce rassemblement.

« Aujourd’hui, l’adversaire du peuple français, c’est toujours le monde de la finance », a ajouté la candidate, appelant à « faire barrage à la finance, à l’arrogance, à l’argent-roi ».

Ses attaques contre le candidat « En marche! » ont occupé une bonne partie de la cinquantaine de minutes de son discours, ponctué de « On est chez nous » et « On va gagner » de ses partisans, même si les sondages lui prédisent une nette défaite.

Elle a notamment demandé à M. Macron, « candidat sortant » qu’il faut « sortir », de dire qui serait son Premier ministre, a estimé qu’il n’avait « pas les capacités à être chef de l’Etat et à être un président qui défendra les Français » ou l’a encore accusé d’avoir « plus réfléchi au statut de première dame qu’à comment lutter contre le terrorisme ».

En la matière, Mme Le Pen, qui s’est longuement présentée en candidate de la « protection », a promis que sa main ne « tremblera jamais ».

« Je suis la candidate de la France qui se lève tôt, qui pense au lendemain, la France qui veut préserver le patrimoine non seulement matériel mais aussi immatériel des Français, la France qui oeuvre pour être fière du pays que nous laisserons aux Français », a-t-elle proclamé.

Alors que les journalistes du site d’information en ligne Mediapart et de l’émission de Yann Barthès, Quotidien, se sont vu refuser leur accréditation, elle a qualifié la presse de « chiens de berger du troupeau électoral ».

En ce 1er mai, jour où le parti d’extrême droite honore depuis 1988 Jeanne d’Arc en même temps que la Fête du Travail, Mme Le Pen a seulement fait une référence à cette seconde, même si ses lieutenants ont déposé une gerbe au pied d’une statue parisienne le matin.

En ouverture du meeting, Nicolas Dupont-Aignan, rallié à Marine Le Pen depuis vendredi soir, a aussi appelé à choisir entre « la finance » de Macron et « la France ».

« Elire Emmanuel Macron c’est soumettre notre pays aux puissances d’argent et se résigner à la pire régression sociale depuis la Libération! », a lancé le président de Debout la France, remercié ensuite par Mme Le Pen.

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