29 jeunes Israéliens s’installent dans un kibboutz à la bordure de Gaza
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29 jeunes Israéliens s’installent dans un kibboutz à la bordure de Gaza

'Aleph' a décidé de vivre à Kerem Shalom après avoir constaté que la communauté était sous-peuplée et luttait pour attirer de nouveaux membres à cause des menaces sécuritaires

Le Kibboutz Kerem Shalom, le 16 décembre 2016 (Crédit : Doron Horowitz/FLASH90)
Le Kibboutz Kerem Shalom, le 16 décembre 2016 (Crédit : Doron Horowitz/FLASH90)

Un soldat spécialisé dans la localisation des tunnels terroristes de Gaza s’est installé dans le kibboutz de Kerem Shalom, à la frontière de la bande, amenant avec lui 28 autres jeunes Israéliens, a fait savoir vendredi la Treizième chaîne.

Le militaire, qui a été identifié par la première lettre de son prénom – Aleph – sert, au sein de l’armée israélienne, dans le secteur du kibboutz et a décidé de s’installer dans la communauté après avoir constaté que la situation sécuritaire en éloignait les résidents.

Il n’a pas voulu effectuer cette démarche seul et a demandé à d’éventuels volontaires de se joindre à lui via la messagerie WhatsApp. Il a obtenu des centaines de réponses et 28 soldats l’ont finalement suivi.

‘Aleph’ avait grandi dans le Gush Etzion , en Cisjordanie, et il avait commencé son service militaire comme combattant dans l’unité d’infanterie Kfir.

Il y a environ deux ans, il a été blessé à l’oeil et a dû quitter son unité. Il a alors été transféré dans un service spécialisé dans la neutralisation de la menace représentée par les tunnels terroristes de Gaza.

« Il y a un moment où la personne qui creuse dit : ‘Là, on sent quelque chose’. C’est là qu’on insère la caméra et voilà – on sait qu’on a réussi. On comprend qu’on a sauvé des vies », a expliqué ‘Aleph’ devant les caméras de la Treizième chaîne, évoquant son travail.

« Dans ma mission, on n’a pas le droit à l’erreur. Si je rate quelque chose, peut-être que, dans quelques mois, des gens emprunteront ce tunnel et tueront des civils ».

Le soldat israélien ‘Aleph’ entre dans un tunnel dans le secteur du Kibbutz Kerem Shalom dans un reportage de la Treizième chaîne, le 13 septembre 2019 (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Kerem Shalom est une petite communauté entourée de murs en béton de protection qui borde la frontière israélienne avec Gaza, et proche de la frontière avec l’Egypte. Elle vit sous la menace des roquettes, des tunnels et des ballons incendiaires.

Les émeutiers palestiniens qui font brûler des pneus sont souvent à l’origine de lourdes fumées s’abattant sur la communauté et les habitants entendent des explosions tout au long des manifestations hebdomadaires, à la clôture de sécurité.

« Il y a des vendredis où on ne peut pas sortir de son appartement en raison des gaz lacrymogènes », explique ‘Aleph’.

En résultat, la communauté est dorénavant sous-peuplée et lutte pour attirer de nouveaux membres.

‘Aleph’ a servi dans la zone pendant deux ans sans établir de liens personnels avec les habitants du secteur, raconte-t-il.

Un samedi, explique-t-il, « l’un des résidents s’est assis à côté de moi et m’a dit que c’était formidable de voir des jeunes ici – et à ce moment-là, j’ai eu un déclic. J’ai décidé que j’allais déménager et m’installer là-bas », dit-il.

« Cela m’est apparu très clairement. Je travaille en permanence si dur pour protéger ce type de lieux et il est donc impossible à mes yeux que ces endroits ne soient pas remplis de vie. J’ai lancé un appel sur WhatsApp. J’étais sûr que ça attirerait quelques personnes et tout à coup, on a été 70 », ajoute-t-il.

Les nouveaux résidents de la communauté se sont installés dans dix appartements, à deux ou trois personnes dans chacun d’entre eux. Tous ont contribué à leur habitat en repeignant les bâtiments. Un club accueillant les jeunes a été ouvert et des arbres ont été plantés. De nouvelles pelouses ont été semées.

Le soldat ‘Aleph’ dans son appartement du Kibbutz Kerem Shalom dans un reportage de la Treizième chaîne diffusé le 13 septembre 2019 (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Les nouveaux habitants dorment dans des abris anti-aériens, dans leurs appartements, en raison de la proximité de leur habitation avec la bande et du manque de temps conséquent pour réagir face à une attaque à la roquette.

« Ils amènent avec eux la jeunesse dans le kibboutz », s’exclame Roni Kisin, l’un des membres de la communauté, s’exprimant à la Treizième chaîne.

« Ils ont amené une nouvelle énergie. Au début, on ne savait pas comment on les nourrirait… Nous pensions qu’ils viendraient et qu’ils resteraient ici pendant six mois, ou un an, et qu’ils disparaîtraient. Mais ils sont bien là et il semble qu’ils soient déterminés à rester. Nous l’espérons », ajoute-t-il.

« Certains parmi eux ont déjà fini l’armée, et ils restent. Dans le passé, il n’y avait pas grand monde ici, mais aujourd’hui nous sommes complètement remplis et il y a même une liste d’attente pour les nouveaux arrivants qui s’étale et augmente », se réjouit-il.

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