3 espèces d’oiseaux prennent le dessus sur des espèces locales
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3 espèces d’oiseaux prennent le dessus sur des espèces locales

Au cours des 15 dernières années, la population de bulbul d'Arabie a chuté de 54%, le moineau de 28% alors que les mainates et les perruches prennent le dessus

Le mainate commun, une espèce invasive (Crédit : Ehud Fast)
Le mainate commun, une espèce invasive (Crédit : Ehud Fast)

Trois des quatre espèces d’oiseaux les plus communes sont en déclin depuis 15 ans tandis que les populations de trois espèces non-natives du pays et invasives ne cessent de prospérer, selon une recherche publiée mardi par Biological Conservation.

Parmi les espèces d’oiseaux dont le nombre ne cesse de chuter, le moineau domestique (Passer domesticus), dont le nombre a baissé de 28 % et le bulbul d’Arabie (Pycnonotus xanthopygos), dont la population a diminué de 45 %.

Le mainate commun – qui a été déclaré par la commission de survie des espèces de l’IUCN en 2020 comme l’une des espèces les plus invasives de la planète et qui est l’un des trois oiseaux seulement à entrer dans les 100 espèces qui menacent le plus la biodiversité – prend le dessus pendant ce temps. Sa population, dans les zones urbaines du pays, a explosé à un taux allant de 250 % à 843 % au cours des 15 dernières années, selon les scientifiques spécialistes de la conservation Agathe Colléony et Assaf Shwartz, professeur-assistant, de l’Institut technologique israélien du Technion à Haïfa.

En plus du mainate (Acridotheres tristis), la perruche à collier (Psittacula krameria) et la conure veuve (Myiopsitta monachus) se développent à grande vitesse, établit l’étude, ce qui illustre la manière dont l’augmentation de l’urbanisation et « l’invasion biologique » entraînent « l’homogénéisation biotique » – la domination de quelques espèces là où il y en avait beaucoup.

Le moineau domestique (Crédit :Ehud Fast)

Et tandis que ces tendances semblent s’être jusqu’à présent limitées aux paysages où l’être humain occupe une place dominante, il y a certains signes que le phénomène pourrait rapidement se propager dans la nature, avertissent les auteurs du rapport, qui ajoutent que « cela met en exergue l’importance d’un passage à l’action dès maintenant ».

Le professeur Shwartz, de la Faculté d’architecture et de planification urbaine du Technion explique qu’il « est inquiétant que les espèces avec lesquelles nous avons grandi soient aujourd’hui en déclin. J’ai peur que très bientôt, mes enfants ne puissent plus observer et interagir avec les moineaux, le bulbul, le souimanga de Palestine, qui étaient, dans le passé, largement présents dans tout Israël ».

« Il y a presque deux décennies, nous avons commencé à étudier l’effet des oiseaux étrangers invasifs sur les oiseaux locaux », continue-t-il. « Et nous avons découvert que le mainate commun prenait le dessus sur des espèces issues de la faune cavicole locale comme le moineau et qu’il avait des comportements agressifs à l’encontre d’autres espèces nées ici ».

La recherche s’est appuyée sur les résultats d’un programme scientifique citoyen national et sur deux enquêtes normalisées.

Le mainate commun s’est bien adapté à l’environnement urbain, volant souvent les nids des autres espèces et évinçant même parfois les oisillons qui s’y trouvent. Ils vivent dans des nichoirs et même dans des structures artificielles comme les immeubles, ce qui leur donnent un avantage sur les autres espèces qui ne font leur nid que dans les arbres.

Une perruche à collier en Israël (Crédit : Doron Hoffman, Society for the Protection of Nature in Israel)

Des populations sauvages de perruches à collier – un oiseau domestique populaire – a colonisé une grande partie du monde. Les conures veuves, originaires d’Amérique du sud, aiment assembler de larges nids communautaires au-dessus des poteaux électriques.

Le directeur de l’Autorité de la nature et des parcs, Shaul Goldstein, a déclaré lors d’une conférence mardi, qui ne portait pas sur le sujet, que ces espèces s’étaient tellement répandues au sein de l’Etat juif qu’il était probablement trop tard pour s’en débarrasser.

Les plantes invasives telles que le mimosa bleuâtre (Acacia saligna) deviennent également incontrôlables, a-t-il ajouté, tandis que le Croc de sorcière (Carpobrotus edulis), qui a été amené d’Afrique du sud pour stabiliser les dunes, tue les espèces locales.

L’Autorité dépense environ 8 millions de shekels par an pour tenter d’éliminer les plantes invasives, a dit Goldstein.

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