500 leaders juifs condamnent le retour d’un universitaire accusé d’abus sexuels
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500 leaders juifs condamnent le retour d’un universitaire accusé d’abus sexuels

Le sociologue Steven Cohen invite les dirigeants juifs à des discussions sur des questions contemporaines ; une lettre dénonce l’initiative comme une tentative de réhabilitation

Steven M. Cohen a été professeur de recherche en politique sociale juive au Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion et directeur des archives Berman Jewish Policy à l'Université de Stanford. (Forward via JTA)
Steven M. Cohen a été professeur de recherche en politique sociale juive au Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion et directeur des archives Berman Jewish Policy à l'Université de Stanford. (Forward via JTA)

JTA – Plus de 500 rabbins et chantres ont signé jeudi une lettre condamnant les tentatives de « réhabilitation » de Steven M. Cohen, un sociologue juif de premier plan accusé par plusieurs femmes de harcèlement sexuel et d’attouchements inappropriés dans un article de 2018 de The New York Jewish Week.

La lettre fait suite à un reportage du Forward selon lequel Cohen et trois autres collègues de longue date ont invité des responsables communautaires juifs à des discussions informelles en Zoom sur les problèmes contemporains de la vie juive – un effort que certains considèrent comme une tentative de réhabiliter Cohen, chercheur éminent dans le domaine de la démographie juive depuis des décennies, après que les institutions juives ont rompu leurs liens avec lui suite à ces accusations.

« Nous avons appris que des conversations ont été organisées sur la vie organisationnelle et la sociologie juives avec Steven M. Cohen – un auteur reconnu d’abus sexuels et impénitent* – et ses associés. En tant que représentants du culte juif, nous savons qu’il n’est pas neutre de participer activement à la réhabilitation d’agresseurs impénitents, et nous savons qu’il n’est pas neutre de promouvoir le travail d’agresseurs impénitents », a écrit le groupe.

Un employé de McDonald’s brandit une pancarte lors d’une manifestation contre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail, le 18 septembre 2018 à Chicago, dans l’Illinois. (Joshua Lott / AFP via JTA)

L’astérisque* explique : « Jusqu’à ce que Cohen avoue, fasse amende honorable et s’excuse auprès de ceux à qui il a fait du mal et entreprend un travail sur lui-même, il est considéré comme impénitent aux yeux de la loi et de la tradition juives. »

La participation d’un certain nombre de dirigeants juifs aux discussions avec Cohen et ses collègues a soulevé des questions sur la manière dont une personne accusée de comportement inapproprié ou d’abus pouvait revenir à la vie publique. Alors que Cohen a reconnu au Jewish Week en 2018 que son comportement avait suivi « un modèle » et a déclaré qu’il « s’excusait profondément envers les femmes que j’ai blessées par mes paroles ou mes actions », les rabbins ont déclaré que Cohen n’avait pas suffisamment fait amende honorable envers ses victimes pour gagner l’acceptation de la communauté.

Avant que les accusations contre Cohen ne soient rendues publiques, il a été professeur au Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion et a dirigé les archives Berman Jewish Policy. Il a également rédigé un certain nombre d’études influentes sur la démographie juive et a été consultant sur des projets comme l’étude du Pew Research Center sur les Juifs américains.

Cohen, avec Sylvia Barack Fishman, ancienne professeure d’études juives à l’Université Brandeis, Steve Bayme, ancien directeur de l’American Jewish Committee sur la vie juive contemporaine, et Jack Wertheimer, professeur au Jewish Theological Seminary, avait invité de petits groupes d’érudits et de dirigeants communautaires à des discussions informelles en Zoom sur les questions juives contemporaines.

La rédaction de la lettre des représentants du culte juif, qui ont condamné ces réunions, a été organisée par les rabbins Danya Ruttenberg, chercheur en résidence au Conseil national des femmes juives, et Karen Reiss Medwed, doyenne adjointe des études de troisième cycle de l’Université Northwestern, qui l’ont envoyée à des collègues mercredi soir pour recueillir leurs signatures.

Parmi les signataires figurent les principaux dirigeants communautaires juifs, dont le rabbin Rick Jacobs, président de l’Union for Reform Judaism, le rabbin Jacob Blumenthal, dirigeant de la United Synagogue of Conservative Judaism et de l’Assemblée rabbinique, et le rabbin Deborah Waxman, présidente du Reconstructionist Rabbinical College.

Une lettre distincte signée jeudi par plus de 100 étudiants rabbiniques faisait écho à la lettre des représentants du culte.

« Rencontrer des agresseurs impénitents entrave non seulement le processus de Techouva, qui prend du temps et de l’espace, mais envoie également un message sur les valeurs de notre communauté et façonne son orientation », ont écrit les étudiants. « Ceux qui participent à ces conversations à huis clos choisissent l’exploration intellectuelle plutôt que le soutien aux survivants d’abus sexuels et d’autres groupes marginalisés. »

Cette lettre a été organisée par Talia Kaplan, Lilli Shvartsmann et Jessica Dell’Era, étudiantes au Jewish Theological Seminary, avec Avigayil Halpern de Hadar, et Leah Nussbaum du Hebrew Union College.

Dans une autre déclaration plus tôt cette semaine, le Women’s Caucus de l’Association of Jewish Studies s’est dit « déçu » par les réunions tenues par Cohen et ses collègues.

« Cette tentative de rétablir et de réhabiliter un chercheur tombé en disgrâce et ostracisé a de réelles conséquences », a écrit le groupe. « Le Women’s Caucus considère ces efforts comme inacceptables et profondément troublants, car ils mettent en péril la position des universitaires juniors et subordonnés, et re-victimisent les femmes ciblées par Cohen. »

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