À Chantilly, un rassemblement contre l’antisémitisme et la haine d’Israël brièvement interrompu
L’évènement, qui se déroulait dans le domaine du Château de la ville, a finalement pu reprendre à condition que symboles jugés « trop ostentatoires » soient retirés
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Dans le domaine du Château de Chantilly, le 25 mai dernier, un rassemblement « pour la vie juive, contre l’antisémitisme et contre la haine d’Israël » a été brièvement interrompu avant d’être autorisé à reprendre sous certaines conditions.
L’événement était organisé à l’initiative de l’association chrétienne européenne Marche de Vie, née en Allemagne dans les années 2000. Après avoir organisé deux marches à Compiègne en 2024 puis à Lamorlaye en 2025, l’association affirme avoir pour objectif de « se souvenir de la Shoah, favoriser la réconciliation entre les bourreaux et les victimes et prendre une position claire pour la vie juive, contre l’antisémitisme et contre la haine d’Israël ».
Une quarantaine de personnes ont participé au rassemblement, parmi lesquelles le délégué départemental du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), Bernard Zanzouri, ainsi que l’ancienne maire de Senlis, Pascale Loiseleur.
La manifestation a débuté devant un kakémono installé pour l’occasion. Un orateur, portant un drapeau israélien sur les épaules, a pris la parole devant les participants. « Plus que jamais, le devoir vous engage à ne pas rester silencieux face à l’antisémitisme moderne et à soutenir Israël, terre de vie », a-t-il notamment déclaré.
L’orateur et les participants ont ensuite entonné Nuit et Brouillard de Jean Ferrat, chanson évoquant les déportations et les camps nazis durant la Shoah.
Des agents du domaine, témoins de la scène, auraient alors alerté leur hiérarchie. Selon le Courrier Picard, un responsable se serait alors rendu auprès des organisateurs afin de leur demander « d’arrêter cette manifestation à connotation politique ».
Les organisateurs auraient rétorqué avoir « eu l’autorisation de la direction du château » et se seraient défendus en affirmant : « Nous ne sommes pas ici pour Israël mais pour la paix. »
Toujours selon le Courrier Picard, le responsable leur aurait alors répondu : « Il n’était jamais question de drapeaux. L’honnêteté aurait été de nous prévenir de votre démarche. »
« Vous êtes ici dans un domaine privé qui n’a pas à être associé à un quelconque mouvement, quelle que soit sa légitimité », aurait-il ajouté.
Après une quinzaine de minutes d’échanges et d’incertitude, un représentant de la direction du domaine serait intervenu à son tour afin d’autoriser finalement la poursuite de l’événement, à condition que ne soient plus exhibés « ces signes trop ostentatoires ».
Le représentant aurait également demandé aux organisateurs de préciser que « le domaine de Chantilly n’a rien autorisé » et qu’il s’agissait d’« un quiproquo », rapporte le Courrier Picard.
La marche a finalement pu se poursuivre dans l’enceinte du domaine.
Ces faits se sont déroulés dans un contexte où les références à Israël, notamment son drapeau, semblent faire l’objet de contestations croissantes en France et en Europe.
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