Rechercher

Affaire Ahuvia Sandak: Des dizaines d’émeutiers affrontent la police à Jérusalem

Dix personnes ont été arrêtées, des routes bloquées et les policiers visés par des pierres ; les manifestants accusent la police d'avoir causé la mort de l'ado en décembre 2020

Affrontements entre policiers et manifestants lors d'une émeute sur la mort d'Ahuvia Sandak l'année dernière, à Jérusalem, le 4 novembre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)
Affrontements entre policiers et manifestants lors d'une émeute sur la mort d'Ahuvia Sandak l'année dernière, à Jérusalem, le 4 novembre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Des dizaines de militants religieux d’extrême-droite ont manifesté à Jérusalem jeudi soir au sujet de l’affaire Ahuvia Sandak, un jeune de 16 ans qui a été tué dans un accident de la route l’an dernier en fuyant la police, apparemment après avoir jeté des pierres sur des Palestiniens.

La mort de Sandak a déclenché des affrontements entre la police et les manifestants au cours de l’année écoulée, ces derniers affirmant que la police était responsable de sa mort et réclamant des poursuites judiciaires.

Selon la police, lors de la manifestation de vendredi près du pont des Ficelles (Gesher HaMeitarim), les manifestants ont bloqué les routes, jeté des pierres et d’autres projectiles sur les agents qui intervenaient, brisé les vitres d’un véhicule de police et blessé au moins un agent. La police a évacué par la force les manifestants du carrefour situé à l’entrée de la ville.

Selon les médias israéliens, au moins 10 manifestants ont été arrêtés pour trouble à l’ordre public et agression d’agents, dont la fiancée de Sandak, Shalhevet Goldstein.

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir, du Parti sioniste religieux, est apparu pour soutenir les manifestants.

« J’ai entendu dire qu’ils battaient les garçons et les filles avec violence. Je suis venu ici pour que la police s’arrête. J’espère que ça va se calmer », a déclaré Ben Gvir sous les applaudissements des manifestants.

Le député Itamar Ben Gvir à une émeute suite à la mort d’Ahuvia Sandak l’année dernière, à Jérusalem, le 4 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Bezalel Smotrich, également membre du Parti sioniste religieux, a déclaré lors de la manifestation : « Ces policiers violents doivent enlever leurs uniformes et aller en prison immédiatement. »

L’organisation d’aide juridique d’extrême droite Honenu, qui représente les personnes détenues, a déclaré que la police avait fait un usage excessif de la force, notamment en tirant au canon à eau sur une jeune fille qui protestait dans la rue.

Honenu a documenté des affrontements intenses entre la police et les manifestants, notamment un officier photographié en train de frapper un manifestant avec une matraque.

Ahuvia Sandak, tué dans un accident de voiture alors qu’il était poursuivi par la police en Cisjordanie le 21 décembre 2020. (Autorisation)

La famille de Sandak a récemment fait appel au bureau du procureur de l’État en demandant d’accélérer l’enquête sur sa mort. La lettre, envoyée par l’intermédiaire de Honenu, détaille les difficultés de la famille et ce qu’elle prétend être des trous dans la défense de la police.

Sandak, un résident de l’implantation de Bat Ayin, fuyait la police des frontières dans une voiture avec trois autres jeunes des collines le 21 décembre 2020, lorsque la voiture s’est retournée, le tuant. Selon la police, le groupe de Sandak a fui la police avant de perdre le contrôle de son véhicule. Les défenseurs de Sandak considèrent sa mort comme un meurtre de la police ; ils affirment que la voiture de police a percuté son véhicule par derrière, le faisant sortir de la route.

La mort de Sandak a déclenché des semaines de protestations quasi quotidiennes à Jérusalem et en Cisjordanie. Les manifestants ont jeté des pierres, attaqué des bus et bloqué les grandes artères de circulation. La police a répondu par la force, notamment en frappant apparemment un manifestant – une vidéo qui a été très largement diffusée.

Le département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice a interrogé les agents impliqués dans l’incident, mais il est peu probable que des poursuites pénales soient engagées contre eux.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...