Alger dénonce la décision de l’Union africaine de nommer Israël observateur
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Alger dénonce la décision de l’Union africaine de nommer Israël observateur

Israël a obtenu jeudi le statut d'observateur à l'UA, qu'il réclamait depuis des années, une victoire diplomatique pour l'État hébreu

Illustration : Des dirigeants africains posent pour une photo de groupe lors de la session d'ouverture du 33e Sommet de l'Union africaine (UA) au siège de l'UA à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 9 février 2020. (Crédit : AP)
Illustration : Des dirigeants africains posent pour une photo de groupe lors de la session d'ouverture du 33e Sommet de l'Union africaine (UA) au siège de l'UA à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 9 février 2020. (Crédit : AP)

Alger a condamné dimanche la décision de l’Union africaine (UA) d’accorder à Israël le statut d’observateur à l’organisation panafricaine.

« Prise sans le bénéfice de larges consultations préalables avec tous les États membres, cette décision n’a ni la vocation, ni la capacité de légitimer des pratiques et comportements dudit nouvel observateur qui sont totalement incompatibles avec les valeurs, principes et objectifs consacrés dans l’Acte constitutif de l’Union africaine », a estimé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, sans jamais citer le nom d’Israël.

« La récente décision du président de la Commission de l’Union africaine (UA), d’accueillir un nouvel observateur qui relève de ses prérogatives administratives n’est pas de nature à altérer le soutien constant et actif de l’organisation continentale à la juste cause palestinienne », souligne le communiqué relayé par l’agence officielle APS.

« Les modes de fonctionnement de l’Union africaine ne permettent aucune possibilité pour les 87 États observateurs extra-Africains d’influencer les positions de l’Organisation continentale, dont la détermination est la compétence exclusive de ses États membres », insiste le ministère algérien qui déplore une « agitation médiatique autour de ce qui relève davantage du ‘non-évènement' ».

Israël a obtenu jeudi le statut d’observateur à l’UA, qu’il réclamait depuis des années, une victoire diplomatique pour l’État hébreu.

Israël, qui entretient des relations avec 46 pays africains, avait ce statut d’observateur au sein de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) jusqu’à sa transformation en Union africaine en 2002.

La Palestine bénéficie déjà de ce statut d’observateur à l’UA, où elle compte d’importants soutiens, notamment dans le conflit israélo-palestinien.

Depuis son indépendance, l’Algérie a pris fait et cause pour « le droit des peuples à l’autodétermination », en particulier celui des Palestiniens, dont elle est un des soutiens historiques.

Elle n’entretient pas de relations diplomatiques avec ce qu’elle nomme « l’entité sioniste » (Israël).

La récente normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, en contrepartie d’une reconnaissance américaine de la « souveraineté » marocaine sur le Sahara occidental, est critiquée par l’Algérie qui a dénoncé des « manœuvres étrangères » visant à la déstabiliser.

Une nouvelle illustration de la sensibilité du sujet en Algérie est venue des Jeux olympiques de Tokyo en cours, où le judoka algérien Fethi Nourine a déclaré forfait pour ne pas avoir à affronter un adversaire israélien, en excipant de son soutien à « la cause palestinienne ».

Nourine a été suspendu par la Fédération internationale de judo (IJF) et son accréditation lui a été retirée.

L’affaire, très commentée sur les réseaux sociaux, a déclenché des débats passionnés.

Si beaucoup d’internautes ont applaudi le « courage » du judoka algérien, d’autres en revanche auraient préféré que Nourine affronte l’Israélien Tohar Butbul afin de le battre.

« Le judoka algérien avait le devoir de combattre l’Israélien, le vaincre et ainsi défendre ses couleurs nationales et remporter une victoire pour l’Algérie et pour la Palestine. En quoi son retrait est-il bénéfique pour la cause palestinienne ? », s’est interrogé le quotidien arabophone El Fadjr.

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