Allemagne : l’AfD fonde une section « juive » et provoque un tollé
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Allemagne : l’AfD fonde une section « juive » et provoque un tollé

L'élue Beatrix von Storch a disqualifié le Conseil central des juifs qui avait critiqué la création de la section, avançant qu'il faisait "partie de l'establishment"

Vera Kosova sourit après avoir été élue présidente d'un nouveau groupe juif au sein du parti d'extrême droite AfD en Allemagne lors de la cérémonie de création du groupe le 7 octobre 2018 à Wiesbaden, dans l'ouest de l'Allemagne. (Crédit : AFP / dpa / Frank Rumpenhorst)
Vera Kosova sourit après avoir été élue présidente d'un nouveau groupe juif au sein du parti d'extrême droite AfD en Allemagne lors de la cérémonie de création du groupe le 7 octobre 2018 à Wiesbaden, dans l'ouest de l'Allemagne. (Crédit : AFP / dpa / Frank Rumpenhorst)

Le parti d’extrême droite allemand AfD s’est doté dimanche d’une section « juive » pour s’opposer à l’immigration des hommes musulmans porteurs, selon lui, d’idéologie antisémite, initiative qui a provoqué un tollé dans le pays.

Lors d’une conférence de presse à Wiesbaden (ouest), le parti a expliqué que « les Juifs de l’AfD » était actuellement formé de 19 personnes, et ne pouvait être constitué que de membres encartés du parti, selon les médias allemands.

Cette initiative a provoqué une vive réaction de la communauté juive en Allemagne, qui a qualifié l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) de « parti raciste et antisémite ».

Près de 250 personnes, principalement membres de diverses organisations juives, ont manifesté dimanche à Francfort (ouest) en signe de protestation.

Des manifestants brandissent des affiches sur lesquelles il est écrit : « L’AfD n’est pas casher » dans le cadre d’un rassemblement organisé par le syndicat des étudiants juifs allemands JSUD ,le 7 octobre 2018 à Francfort-sur-le-Main, dans l’ouest de l’Allemagne. (Crédit : AFP / dpa / Frank Rumpenhorst)

« Vous n’obtiendrez pas un label ‘cacher’ de notre part », a lancé Dalia Grinfeld, qui dirige l’Union des étudiants juifs en Allemagne, en référence à la certification donnée aux aliments jugés conformes à la consommation selon la religion juive.

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Plusieurs dirigeants de l’AfD ont été critiqués pour avoir tenu des propos minimisant la Shoah. A l’instar de son chef, Alexander Gauland, qui avait fait scandale en estimant au printemps que la période nazie n’avait été qu’une « fiente d’oiseau » dans l’histoire millénaire allemande.

Une autre figure de l’AfD, Björn Höcke a qualifié le mémorial de l’Holocauste à Berlin de « monument de la honte ».

Un membre du Comité juif de l’AfD, Leon Hakobian, montre sur son téléphone portable un avant-projet de logo pour le nouveau groupe juif au sein du parti d’extrême droite allemand lors de la cérémonie de lancement du groupe le 7 octobre 2018 à Wiesbaden, en Allemagne de l’ouest. (Crédit : AFP / dpa / Frank Rumpenhorst)

« L’AfD est un parti qui offre un foyer à la haine des juifs ainsi qu’aux thèses relativisant, ou même niant l’Holocauste », ont déclaré dans un communiqué commun les organisations juives allemandes, dont le Conseil central des juifs d’Allemagne, sa principale instance représentative.

En réaction, la députée allemande d’extrême droite Beatrix von Storch a disqualifié le Conseil central des juifs, avançant qu’il faisait « partie de l’establishment », dans une interview dimanche au Welt am Sonntag.

Du côté de la CDU, le parti conservateur de la chancelière Angela Merkel, le vice-président du groupe parlementaire, Stephan Harbarth a dénoncé « l’hypocrisie » de l’AfD.

« Ceux qui estiment que l’Holocauste est du pipi de chat dans l’histoire de l’Allemagne ne combattent pas l’antisémitisme mais se moquent de leurs victimes, et, sans doute possible, ne se tiennent pas aux côtés des juifs », a-t-il réagi dans l’édition dominicale du quotidien Bild.

Le 7 octobre 2018, à Wiesbaden, dans l’ouest de l’Allemagne, deux hommes portent des kippas alors qu’ils assistent à une cérémonie de fondation d’un nouveau groupe juif au sein du parti d’extrême droite AfD en Allemagne. (Crédit : AFP / dpa / Frank Rumpenhorst)
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