Allemagne : le principal portail internet néo-nazi interdit, deux interpellations
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Allemagne : le principal portail internet néo-nazi interdit, deux interpellations

Les deux suspects, qui encourent chacun cinq ans de prison, vont être présentés mercredi et jeudi à un juge

Le ministre de l'Intérieur allemand Thomas de Maizière (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
Le ministre de l'Intérieur allemand Thomas de Maizière (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Les deux administrateurs du principal portail internet néo-nazi en langue allemande, « Altermedia Deutschland », ont été interpellés et le site a été interdit, ont annoncé mercredi les autorités allemandes.

Les deux suspects, deux Allemands présentés comme Jutta V., 47 ans, et Ralph Thomas K., 27 ans, sont poursuivis pour avoir fondé une « organisation criminelle » et pour « incitation à la haine raciale », a indiqué dans un communiqué le Parquet fédéral, basé à Karlsruhe (sud-ouest).

Le site « propageait les commentaires xénophobes et racistes les plus horribles », a indiqué de son côté le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière, cité par l’agence DPA.

Les deux suspects, qui encourent chacun cinq ans de prison, vont être présentés mercredi et jeudi à un juge qui statuera sur leur placement en détention.

Le Parquet fédéral a également fait mention de « trois autres accusés », sans donner de précisions sur leur identité.

Via « Altermedia Deutschland », présenté comme « le principal portail internet d’extrême droite dans l’espace germanophone », ils ont « appelé à la violence contre les étrangers vivant en Allemagne », proféré des paroles « de mépris » envers certaines religions et nié l’Holocauste, a précisé le Parquet.

Leurs domiciles ainsi que d’autres logements dans plusieurs régions d’Allemagne et dans la commune espagnole de Lloret de Mar, au nord de Barcelone, ont fait l’objet de perquisitions, selon la même source.

Le serveur abritant « Altermedia Deutschland » se trouve « en Russie » et devrait être fermé « dans les prochains jours », précise le Parquet fédéral.

Le portail n’était plus accessible mercredi en milieu de journée, a rapporté un journaliste de l’AFP.

Les services de renseignements intérieurs allemands ont jugé préoccupant mercredi la mobilisation croissante de l’extrême droite à la faveur de l’afflux en 2015 de 1,1 million de demandeurs d’asile.

Le patron de l’Office de protection de la Constitution, Hans-Georg Maassen, s’est ainsi inquiété d’une « hausse de la radicalisation dans la propagande anti-asile des extrémistes de droite » après les violences du Nouvel An à Cologne (ouest), attribuées pour l’essentiel à des ressortissants de pays arabes.

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