Rechercher
ANALYSE

Alors que l’hiver approche, de nouveaux variants de la COVID-19 apparaissent

Les deux derniers hivers ont été marqués par des pics importants de la COVID ; de nouveaux variants d'Omicron se développent et représentent déjà 17 % des cas enregistrés en Israël

Illustration : Une scientifique effectuant des tests de dépistage à la COVID-19. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Illustration : Une scientifique effectuant des tests de dépistage à la COVID-19. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Avec les échos sinistres des hivers passés, alors que le mercure baisse, de nouveaux variants de la COVID font leur apparititon.

Cela fait un peu moins d’un an que le monde a de nouveau été secoué par l’émergence du variant Omicron. Quelques semaines après son enregistrement auprès de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en date du 24 novembre 2021, ce variant infectait déjà un nombre plus élevé de malades que cela n’avait été le cas précédemment.

L’hiver 2020, quant à lui, avait été marqué – dans une grande partie de l’hémisphère nord – par la propagation rapide du variant Alpha, largement connu sous le nom de variant britannique. En Israël, il avait entrainé un troisième confinement.

Aujourd’hui, les sous-variants d’Omicron continuent de se propager rapidement. Dans un grand nombre de pays asiatiques, un variant appelé XBB avance à grands pas.

En Europe, en Amérique du nord, en Afrique et en Israël, c’est le variant BQ.1 qui est en plein essor. Il représente environ un tiers des cas en Amérique. En Israël, il est responsable de 17 % des cas rapportés, selon le professeur Nadav Davidovitch, épidémiologiste de renom et conseiller du gouvernement sur la lutte contre le coronavirus.

« Nous nous attendons à ce qu’il se propage rapidement ; cela devrait nous inquiéter, nous pousser à nous vacciner et à prendre des précautions », a-t-il confié au Times of Israel.

Il a ajouté que les experts attendent encore de mieux comprendre les sous-variants du BQ.1, leur vitesse de propagation, leur capacité à contourner l’immunité et leur potentielle gravité. Mais il a noté que cela fait déjà plusieurs semaines, que le gouvernement et les experts discutent des possibles scénarii qu’entraineront ces variants hivernaux.

« Nous avons eu des réunions avec tous les ministères et le Commandement du Front intérieur », a expliqué Davidovitch, professeur à l’université Ben Gurion et responsable de l’Association médicale israélienne (AMI). « Nous ignorons comment le nombre de cas va évoluer mais nous savons que chaque hiver, des maladies respiratoires peuvent entraîner une surcharge du système de santé. »

« Nous avons examiné beaucoup de cas de la COVID-19 mais avec un variant comme Omicron, qui n’était souvent pas grave. Cependant, un autre scénario a porté sur un nouveau variant plus grave qu’Omicron, comme ce fut le cas avec le variant Delta. »

Un bureau de vote mis en place spécialement pour les Israéliens atteints de la COVID lors des élections du 1er novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

« Il est peu probable que les Israéliens connaissent encore des restrictions, en cas de prolifération du variant Omicron ou d’un autre variant affichant un taux faible d’hospitalisations et de cas graves », a affirmé Davidovitch. « Mais dans le cas d’un variant qui entraînerait des conséquences plus sévères, Israël devrait réfléchir à une nouvelle surveillance et à certaines restrictions lors de rassemblements importants », a-t-il ajouté.

Cela signifie que les Israéliens ressentiraient une fois encore l’impact des restrictions induites par le coronavirus – même si Davidovitch estime que dans le cas de l’apparition d’un variant grave, il serait difficile de revenir aux quarantaines généralisées des cas contacts ou à des limitations significatives de la vie publique.

Le troisième hiver de la pandémie se profile. Pour Israël, les graphiques établis par le gouvernement offrent une image claire des recrudescences de cas de la COVID-19 qui ont accompagné les premiers signes, ces deux dernières années. Le nombre de personnes hospitalisées, dans un état grave, ont connu un pic fin janvier et début février.

Le nombre de cas graves de la COVID-19 sur l »ordonnée et la date sur l’abscisse montrant un pic fin janvier et début février au cours des deux précédents hivers. (Crédit : Ministère israélien de la Santé)

Il en va de même pour le nombre de décès quotidiens, représentés en vert, tandis que la moyenne glissante est représentée en orange.

Le nombre de décès quotidiens sur l’ordonnée et la date sur l’abscisse, montrant des pics fin janvier et début février au cours des deux précédents hivers. (Crédit : Ministère israélien de la Santé)

Le nombre de cas chute dans le monde entier. Le nombre de nouveaux cas a baissé de 17 % pendant la semaine du 24 au 30 octobre 2022 par rapport à la semaine précédente, a signalé l’OMS – ajoutant qu’elle estimait que la baisse était exacerbée par une baisse du nombre de dépistages. Les décès, pour leur part, ont diminué de 5 %.

En Israël, le nombre de nouveaux cas quotidiens n’a guère évolué depuis le mois dernier –  un peu moins de 900 – suite à une baisse dans l’intervalle qui peut s’expliquer par une baisse du nombre de dépistages pendant la fête de Souccot.

Il n’y a pas encore de recherche évaluée par des pairs sur l’une ou l’autre des grandes questions concernant ces variants, mais il y a quelques premières indications. Le bio-informaticien Cornelius Roemer, chercheur à l’université de Bâle, a ainsi écrit sur Twitter que d’après ses analyses, le sous-variant BQ.1.1 se propage rapidement. Il a laissé entendre que « cela devient très clair que le BQ.1.1 entraînera une vague de variants en Europe et en Amérique du nord avant la fin du mois de novembre ».

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a écrit que le BQ.1 semble avoir une forte capacité à contourner le système immunitaire et a indiqué qu’il s’attend à ce que les sous-variants fassent de même. « L’augmentation observée du taux de croissance du BQ.1 est probablement due principalement à la baisse du système immunitaire », a déclaré l’ECDC. « Ce variant et ses sous-variants contribueront probablement à une nouvelle augmentation des cas de la COVID-19 dans l’Espace économique européen dans les semaines et les mois à venir. »

De manière rassurante, l’OMS a rapporté – au sujet du BQ.1 – que pour le moment, « il n’existe pas de données épidémiologiques suggérant une augmentation de la gravité de la maladie ».

Le professeur Nadav Davidovitch. (Crédit : Université Ben Gurion du Néguev)

Davidovitch a souligné que même si l’on en apprend davantage sur le variant BQ.1, il reste encore du temps avant que d’autres variants apparaissent avec l’hiver, ce qui signifie qu’il est encore difficile de se projeter. « Pour l’instant, les gens devraient se concentrer sur les variables qu’ils peuvent contrôler », a-t-il suggéré.

L’expert a recommandé aux personnes à haut risque de porter un masque dans les transports en commun et dans les lieux publics, et a recommandé à toute personne qui pense avoir des raisons de se faire dépister, de le faire.

Il a également réaffirmé que « les vaccins sont, bien sûr, très importants ».

« Nous allons vers la normalisation de la COVID, et le maintien de certaines mesures en fait partie. Mais cela va au-delà d’attendre de voir quelles restrictions seront, le cas échéant, nécessaires », a-t-il déclaré.

« Au niveau national, alors que nous ne savons pas comment les choses vont évoluer, nous devons investir dans tous les systèmes nécessaires, y compris la capacité des laboratoires d’analyse à augmenter rapidement leur charge de travail et à se préparer au traitement des personnes contaminées à domicile. »

« L’idée de préparation va, en réalité, au-delà de la COVID. Les défis sanitaires auxquels nous sommes confrontés sont plus vastes, et si l’on investit correctement dans notre système, nous serons prêts à relever tous les défis, y compris celui de la COVID », a-t-il déclaré.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...