Amman convoque l’ambassadeur d’Israël pour dénoncer des « violations » à Jérusalem
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Amman convoque l’ambassadeur d’Israël pour dénoncer des « violations » à Jérusalem

La Jordanie n'a pas non plus apprécié les propos du ministre Gilad Erdan, selon qui, les juifs devraient être autorisés à prier sur le mont du Temple

Affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et des fidèles musulmans au mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 août 2019. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et des fidèles musulmans au mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 août 2019. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

La Jordanie a annoncé dimanche avoir convoqué l’ambassadeur israélien à Amman pour lui faire part d’ « un message de fermeté » appelant l’Etat hébreu à cesser ses « violations » sur le mont du Temple à Jérusalem.

Gardien des lieux saints musulmans dans la ville sainte, Amman a exprimé auprès de l’ambassadeur Amir Weissbrod sa « condamnation et son rejet des violations israéliennes » sur le mont du Temple, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Des affrontements étaient survenus sur ce site le 11 août entre des fidèles et des policiers israéliens.

Amman a en outre indiqué à M. Weissbrod qu’il condamnait fermement les déclarations du ministre israélien de la Sécurité intérieure Gilad Erdan sur la situation à Al-Aqsa, d’après le ministère des Affaires étrangères.

Erdan avait déclaré mardi qu’Israël devrait favoriser un changement du statu quo sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, après des heurts sur le lieu saint dimanche.

Dans le cadre d’un arrangement conclu lors de la guerre des Six jours en 1967, quand Israël a capturé la Vieille Ville et Jérusalem-Est de la Jordanie, les non-musulmans ne sont pas autorisés à prier sur le mont du Temple, lieu le plus saint du judaïsme et troisième lieu le plus saint de l’islam.

L’esplanade a été le théâtre de heurts entre les fidèles musulmans et la police samedi, en raison de l’arrivée de Juifs durant la fête musulmane de l’Aid al-Adha, qui coïncidait cette année avec le jour du jeûne de Tisha Be’Av.

Erdan, dont le ministère supervise la police chargée de la sécurité sur le mont du Temple, avait affirmé mardi qu’il était en faveur d’un changement du statu quo en vigueur.

Affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et des fidèles musulmans au mont du Temple dans la vieille ville de Jérusalem, le 11 août 2019. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

« Je pense que le statu quo en vigueur depuis 67 est injuste », a-t-il dit à la station Radio 90. « Nous devons travailler pour le changer pour qu’à l’avenir, les Juifs, avec l’aide de Dieu, puissent prier au mont du Temple. »

Il a assuré qu’il s’opposait à tout changement unilatéral.

« Cela doit être fait par des accords diplomatiques, et non par la force », a souligné Erdan.

Ses propos avaient été vivement critiqués par la Jordanie, dont les diplomates ont fait savoir que tout changement du statu quo aurait de graves conséquences.

Un porte-parole du ministère jordanien des Affaires étrangères a déclaré qu’Amman avait adressé une lettre de protestation par les voies diplomatiques au sujet des propos du ministre de la Sécurité intérieure.

En vertu du traité de paix de 1994 entre les deux pays, Israël reconnait la Jordanie comme gardien des Lieux saints de Jérusalem et du mont du Temple.

Yisraël Katz, ministre des Affaires étrangères, a répondu au communiqué jordanien et défendu Erdan. Il a affirmé qu’Israël était souverain sur le lieu saint, tout en soulignant le rôle de la Jordanie comme gardien islamique des lieux.

« Le ministre Erdan est en droit de suggérer une discussion. Il n’a rien imposé mais a proposé. Mais la souveraineté est celle de l’Etat d’Israel », a déclaré Katz qui est, à l’instar d’Erdan, membre du Likud, à la radio publique Kan.

Les rumeurs sur le changement de statu quo sur le lieu saint font systématiquement de virulentes protestations de la part du monde arabe, qui a accusé Israël de tenter de « judaïser » le site ou d’en étendre l’accès aux pèlerins juifs.

Certains activistes Juifs ont demandé aux autorités israéliennes d’autoriser la prière juive sur le mont du Temple, dans le cadre de l’engagement envers la liberté de culte.

Dimanche dernier, Tamar Zandberg, députée du parti de gauche du Meretz, a tweeté que les Juifs avaient le droit d’y prier mais que la meilleure façon de garantir la liberté de culte passerait par un arrangement diplomatique.

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