AP : Pas de salaire pour les employés de l’Autorité palestinienne à Gaza
Rechercher

AP : Pas de salaire pour les employés de l’Autorité palestinienne à Gaza

Les salaires ont été versés aux employés de Cisjordanie mais pas à ceux de l'enclave côtière contrôlée par le groupe terroriste du Hamas

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une réunion du conseil révolutionnaire du parti du Fatah au pouvoir dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 1er mars 2018 (Crédit : AFP Photo/Abbas Momani)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une réunion du conseil révolutionnaire du parti du Fatah au pouvoir dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 1er mars 2018 (Crédit : AFP Photo/Abbas Momani)

Le gouvernement de l’Autorité palestinienne n’a pas réglé les salaires de ses employés dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, son rival, ont indiqué lundi des responsables palestiniens, sans expliciter les raisons.

Ces fonctionnaires ont subi des coupes salariales ces derniers mois, les poussant à entamer une grève.

Les responsables palestiniens n’ont pas précisé lundi si le non-paiement était une mesure provisoire ou définitive alors qu’une vive tension règne entre l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas et le Hamas. Le président de l’Autorité palestinienne a juré de renforcer les sanctions contre l’enclave côtière.

Le mois dernier, Mahmoud Abbas a accusé le mouvement terroriste islamiste d’avoir planifié une tentative d’assassinat avortée contre le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Rami Hamdallah, alors qu’il effectuait une rare visite dans la bande de Gaza.

« Les salaires ont été payés (…) en Cisjordanie mais pas à Gaza », a affirmé à l’AFP Arif Abou Jarad, le chef du syndicat des employés de l’Autorité palestinienne dans l’enclave sous blocus israélien.

« Il y a de la colère parmi les employés dans la bande de Gaza », a-t-il ajouté en annonçant une réunion d’urgence contre ce « crime terrible ».

Un responsable au ministère des Finances à Ramallah, en Cisjordanie, a confirmé que les salaires n’avaient pas été réglés dans la bande de Gaza, sans donner plus de détails.

Le ministère palestinien des Finances a ensuite assuré que ce retard était dû à des problèmes « techniques » non spécifiés, sans rapport avec les tensions entre les deux mouvements.

« Nous espérons qu’ils seront bientôt surmontés », a-t-il fait savoir dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle Wafa, sans plus de précisions.

Les employés ont attendu en vain leurs salaires devant les banques à Gaza, a constaté un photographe de l’AFP.

L’Autorité palestinienne paie les salaires de dizaines de milliers de ses employés de la bande de Gaza bien qu’ils ne se rendent pas sur leur lieu de travail depuis que le Hamas a pris le pouvoir dans l’enclave palestinienne en 2007 à la suite d’une quasi-guerre civile entre le Fatah, le parti de Mahmoud Abbas et le Hamas.

Plusieurs tentatives de réconciliation entre l’Autorité palestinienne et le Hamas ont échoué, le plus récent étant une initiative égyptienne de réalisation d’un accord qui avait été signé au mois d’octobre dernier.

L’année dernière, Abbas a imposé une série de mesures au sein de l’enclave côtière qui ont compris la suspension des paiements réalisés par l’Autorité palestinienne à Israël pour l’approvisionnement en électricité à la bande. Abbas a également coupé les salaires de milliers de fonctionnaires à Gaza, obligeant les autres à prendre une retraite anticipée.

Mais de récentes manifestations le long de la frontière avec Gaza qui ont entraîné des affrontements meurtriers avec les forces israéliennes ont mené à des expressions de soutien pour les Gazaouis de la part d’Abbas. Vendredi dernier, lors de la deuxième semaine d’affilée d’un mouvement de protestation qui devrait culminer à la mi-mai, environ 20 000 Palestiniens ont manifesté le long de la frontière avec Gaza. Israël a décrit des émeutes orchestrées par le Hamas tandis que les Palestiniens ont évoqué ce qui devait être des manifestations pacifiques.

Vendredi, l’ambassadeur palestinien des Nations unies a déclaré aux journalistes réunis à New York que neuf Gazaouis avaient été tués et plus de 1 000 blessés par des tirs israéliens durant les manifestations frontalières.

L’armée israélienne, qui n’a pas confirmé ce chiffre, a indiqué avoir déjoué des efforts multiples visant à ouvrir des brèches dans la frontière – et expliqué avoir utilisé des balles réelles pour ce faire dans certains cas – ainsi que des tentatives d’activation de bombes contre les militaires sous couvert de la fumée.

Israël a prétendu que le Hamas – que l’Etat juif a affronté au cours de trois guerres depuis 2008 – cherche à utiliser les manifestations comme couverture pour commettre des violences.

Hugh Lovatt, qui s’occupe de la question d’Israël et de la Palestine au think-tank du Conseil européen des Relations étrangères, a expliqué que cette cessation de paiements, si elle devait être confirmée, représenterait le « redoublement » des menaces d’Abbas.

« Cette initiative survient dans un contexte de tentatives croissantes de la part d’Abbas d’imposer des sanctions au Hamas et aux Gazaouis », a-t-il dit à l’AFP.

« Je considère cette démarche comme un pas supplémentaire ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...