Appel à l’aide pour les survivants de la Shoah frappés de pauvreté
Rechercher

Appel à l’aide pour les survivants de la Shoah frappés de pauvreté

Stuart Eizenstat, conseiller spécial de John Kerry dénonce la situation précaire des survivants de l'Holocauste

Les habitants de Haïfa l'appellent "la rue des survivants" car elle abrite des petits immeubles aménagés pour une centaine de survivants (Crédit : AFP/mENAHEM kAHANE)
Les habitants de Haïfa l'appellent "la rue des survivants" car elle abrite des petits immeubles aménagés pour une centaine de survivants (Crédit : AFP/mENAHEM kAHANE)

Une grande partie des 500 000 survivants de l’Holocauste dans le monde souffrent de la pauvreté et ont besoin d’une aide d’urgence pour vivre dans la dignité, a averti mercredi à Prague Stuart Eizenstat, conseiller spécial du secrétaire d’Etat américain John Kerry.

« Il est absolument inacceptable que ces gens, qui ont si cruellement souffert pendant leur jeunesse, pâtissent au déclin de leur vie des privations, de l’isolement et de la pauvreté », a souligné Eizenstat lors d’un entretien avec l’AFP.

« Rien qu’à New York, environ 50 % des quelque 60 000 survivants affrontent une telle situation. La pauvreté touche un tiers des survivants en Israël, et même plus de 85-90 % de ceux qui vivent dans l’ex-URSS », a-t-il insisté.

Eizenstat s’exprimait en marge d’une conférence internationale de deux jours « Vivre dans la dignité », organisée à Prague par l’Institut européen pour la mémoire de la Shoah, dans le sillage de la « Déclaration de Terezin » signée en 2009 en République tchèque par 47 pays et l’Union européenne.

Nommée d’après un ancien ghetto installé pendant la Seconde guerre mondiale par les nazis à Terezin près de Prague, cette déclaration avait lancé un appel à la restitution des biens juifs spoliés par les nazis et à une aide sociale aux survivants de l’Holocauste, vivant dans la pauvreté.

Chaque pays signataire de la Déclaration de Terezin devrait nommer un fonctionnaire gouvernemental chargé d’aider les survivants à bénéficier de programmes à leur disposition, tandis que l’UE devrait à son tour nommer un responsable en charge de la lutte contre l’antisémitisme et des questions liées à l’Holocauste, a aussi indiqué Eizenstat.

Il a rappelé que la France, l’Allemagne et d’autres pays avaient vendu des bien juifs en déshérence, confisqués par les nazis, pour amasser les fonds de prestations sociales.

L’Autriche et la Pologne disposent de programmes visant à verser les pensions aux survivants ayant souffert sur leur territoire mais qui vivent à l’étranger, tandis qu’un programme de quatre ans de soins à domicile pour les survivants, d’un montant de 920 millions d’euros, est en cours d’application en Allemagne.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...