Appels au boycott de produits français : Des actions isolées au Moyen-Orient
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Appels au boycott de produits français : Des actions isolées au Moyen-Orient

Aucun mouvement majeur de boycott n'a été enregistré jusqu'à ce mardi, aussi bien au Moyen-Orient qu'en Afrique du Nord

Des rayons des supermarchés de produits français barrés après un appel au boycott du président turc Recep Tayyip Erdogan, en signe de protestation contre les caricatures du prophète Mohamed publiées dans les médias français, à Amman, le 26 octobre 2020. (Crédit : MAZRAAWI / AFP)
Des rayons des supermarchés de produits français barrés après un appel au boycott du président turc Recep Tayyip Erdogan, en signe de protestation contre les caricatures du prophète Mohamed publiées dans les médias français, à Amman, le 26 octobre 2020. (Crédit : MAZRAAWI / AFP)

Quelques actions isolées de boycott de produits français ont été recensées en ce début de semaine dans des supermarchés au Moyen-Orient, à la suite de la controverse liée aux propos du président Emmanuel Macron sur la liberté de caricaturer le prophète Mahomet.

Aucun mouvement majeur de boycott n’a, à l’inverse, été enregistré jusqu’à ce mardi, aussi bien au Moyen-Orient qu’en Afrique du Nord.

Lundi, un écriteau indiquant « les produits français ont été retirés » a été collé sur la vitrine du rayon fromage/charcuterie d’un supermarché de Beit Hanina, à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville, tandis qu’un employé remplissait un chariot de « Vache qui rit », « Kiri » et de beurre « Président ».

« Nous ne les remettrons que lorsque Macron s’excusera », a dit à l’AFP cet employé du magasin Jafar.

« Il n’y a pas eu d’instructions des autorités, ce sont les clients qui décideront s’ils veulent en acheter ou pas », ont pour leur part expliqué à une journaliste de l’AFP des commerçants de Tripoli, la capitale libyenne.

Si le président turc Recep Tayyip Erdogan apparaît comme le fer de lance des appels au boycott, rares sont les dirigeants du monde arabe à avoir évoqué le mouvement de boycott.

Des rayons des supermarchés vidées de produits français après un appel au boycott du président turc Recep Tayyip Erdogan, en signe de protestation contre les caricatures du prophète Mohamed publiées dans les médias français, à Koweït City le 23 octobre 2020. (Crédit : YASSER AL-ZAYYAT / AFP)

En Egypte et aux Emirats arabes unis, les responsables sont publiquement hostiles à l’islam politique incarné par M. Erdogan.

En Irak ou en Iran, de nombreuses voix ont vivement critiqué le président français. Mais les produits de ce pays y sont peu nombreux dans les rayons, voire trop chers, tout comme au Liban, plongé dans une profonde récession.

Des publicités pour la « Vache qui rit » étaient toujours visibles mardi dans la capitale irakienne, Bagdad.

D’autres actions isolées ont été signalées au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique où les produits français ont été retirés d’un supermarché de Sanaa.

Dans le delta du Nil, en Egypte, un hypermarché a annoncé sur Facebook avoir fait de même.

Aucun action du genre n’a été rapportée en Arabie saoudite, ni au Maghreb.

Le mouvement a été un peu plus large au Koweït, avec une soixantaine de sociétés coopératives concernées, en Jordanie ou au Qatar, où deux chaînes de distribution ont annoncé un boycott.

Mais des produits français étaient toujours disponibles dans un supermarché d’une de ces chaînes, a constaté un journaliste de l’AFP à Doha.

Les appels au boycott en Turquie et dans le monde musulman sont pour l’instant « limités », a assuré mardi le ministre français délégué au Commerce extérieur Franck Riester.

Les manifestations et condamnations par des gouvernements ou institutions des caricatures du prophète sont plus nombreuses.

À Amman, des dizaines de Jordaniens se sont rassemblés mardi devant l’ambassade de France pour demander des excuses à M. Macron, tandis que des habitants de Gaza ont brulé des portraits du président français pour le troisième jour consécutif.

Des Palestiniens brûlent une photo du président français Emmanuel Macron pendant une manifestation contre ses propos consacrés aux caricatures du prophète Mahomet dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 27 octobre 2020. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)
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