Après le confinement, visitez certains des (320) jardins archéologiques d’Israël
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Après le confinement, visitez certains des (320) jardins archéologiques d’Israël

Des sites historiques gratuits, ouverts à toute heure, présentent des objets en marbre de l'époque romaine, d'anciens sarcophages et outils agricoles et bien plus encore

  • D'anciens pressoirs à olive dans le jardin archéologique de Givat Titora. (Shmuel Bar-Am)
    D'anciens pressoirs à olive dans le jardin archéologique de Givat Titora. (Shmuel Bar-Am)
  • Un sol en mosaïque de l'époque romaine dans le jardin archéologique d'Ashkelon. (Shmuel Bar-Am)
    Un sol en mosaïque de l'époque romaine dans le jardin archéologique d'Ashkelon. (Shmuel Bar-Am)
  • Du gibier d'eau dans le parc écologique de Hod Hasharon, qui abrite des sentiers, une rivière remplie de poissons-chats, un lac, un pont, des appareils de musculation, et propose des vues pittoresques. (Shmuel Bar-Am)
    Du gibier d'eau dans le parc écologique de Hod Hasharon, qui abrite des sentiers, une rivière remplie de poissons-chats, un lac, un pont, des appareils de musculation, et propose des vues pittoresques. (Shmuel Bar-Am)
  • Une citerne dans le jardin archéologique de Givat Titora. Un sceau servait à y récupérer l'eau à l'aide d'une poulie installée dans un arbre. (Shmuel Bar-Am)
    Une citerne dans le jardin archéologique de Givat Titora. Un sceau servait à y récupérer l'eau à l'aide d'une poulie installée dans un arbre. (Shmuel Bar-Am)
  • Une pierre ornementale visible dans l'exposition archéologique du quartier juif de Jérusalem. (Shmuel Bar-Am)
    Une pierre ornementale visible dans l'exposition archéologique du quartier juif de Jérusalem. (Shmuel Bar-Am)
  • Un cours d'eau dans le parc écologique de Hod Hasharon. (Shmuel Bar-Am)
    Un cours d'eau dans le parc écologique de Hod Hasharon. (Shmuel Bar-Am)
  • Des bornes en pierre romaines, dont deux gravés, au jardin archéologique de Givat Yeshayahu archaeological garden. Elles ont été placés ici après avoir été découvertes lors de fouilles le long de l'autoroute 38. (Shmuel Bar-Am)
    Des bornes en pierre romaines, dont deux gravés, au jardin archéologique de Givat Yeshayahu archaeological garden. Elles ont été placés ici après avoir été découvertes lors de fouilles le long de l'autoroute 38. (Shmuel Bar-Am)
  • Des fruits mûrs et la ville de Modiin depuis le jardin archéologique de Givat Titora. (Shmuel Bar-Am)
    Des fruits mûrs et la ville de Modiin depuis le jardin archéologique de Givat Titora. (Shmuel Bar-Am)
  • Une aire de pique-nique dans le jardin archéologique de Givat Yeshayahu. (Shmuel Bar-Am)
    Une aire de pique-nique dans le jardin archéologique de Givat Yeshayahu. (Shmuel Bar-Am)
  • Un petit pressoir à olive à voir dans le jardin archéologique de Hod Hasharon, qui présente des antiquités de la vie quotidienne agricole de jadis. (Shmuel Bar-Am)
    Un petit pressoir à olive à voir dans le jardin archéologique de Hod Hasharon, qui présente des antiquités de la vie quotidienne agricole de jadis. (Shmuel Bar-Am)
  • Un figuier dans le jardin archéologique de Titora, qui mêle beauté naturelle de l'environnement et vestiges historiques. (Shmuel Bar-Am)
    Un figuier dans le jardin archéologique de Titora, qui mêle beauté naturelle de l'environnement et vestiges historiques. (Shmuel Bar-Am)
  • Les vestiges d'une forteresse croisée de deux étages appelée Tantara, dont les fondations ont été construites à l'aide de stèles juives datant du Second Temple, dans le jardin archéologique de Titora. (Shmuel Bar-Am)
    Les vestiges d'une forteresse croisée de deux étages appelée Tantara, dont les fondations ont été construites à l'aide de stèles juives datant du Second Temple, dans le jardin archéologique de Titora. (Shmuel Bar-Am)
  • Un point d'observation à côté d'un mikveh dans le jardin archéologique de Givat Titora. (Shmuel Bar-Am)
    Un point d'observation à côté d'un mikveh dans le jardin archéologique de Givat Titora. (Shmuel Bar-Am)
  • Un tombeau situé dans le jardin archéologique Givat Yeshayahu. (Shmuel Bar-Am)
    Un tombeau situé dans le jardin archéologique Givat Yeshayahu. (Shmuel Bar-Am)
  • Un ancien pressoir dans le jardin archéologique Givat Yeshayahu, situé dans une forêt du centre d'Israël. (Shmuel Bar-Am)
    Un ancien pressoir dans le jardin archéologique Givat Yeshayahu, situé dans une forêt du centre d'Israël. (Shmuel Bar-Am)
  • Un petit parc dans le jardin écologique de Had Hasharon. (Shmuel Bar-Am)
    Un petit parc dans le jardin écologique de Had Hasharon. (Shmuel Bar-Am)

La loi israélienne exige que tout objet découvert dans le pays qui présente un intérêt historique, ou qui a été créé avant 1700, devienne la propriété de l’État. Il doit être signalé à l’Autorité israélienne des Antiquités (AIA), dans un délai de 15 jours. Et s’il est trouvé sur un chantier de construction, les travaux doivent être interrompus immédiatement après sa découverte pendant les deux semaines qui suivent.

Ainsi, lorsqu’un sarcophage de l’époque romaine exceptionnellement orné a été découvert en 2015 lors de la construction d’un nouveau quartier d’Ashkelon, l’entrepreneur aurait dû en informer les autorités. Au lieu de cela, il a fait en sorte que le sarcophage reste caché. Sinon, il aurait dû interrompre la construction, et peut-être retarder les travaux indéfiniment si l’AIA décidait de commencer les fouilles sur le site.

Malheureusement pour lui, les archéologues de l’unité de prévention des vols de l’AIA ont retrouvé le sarcophage lors d’une descente nocturne. Aujourd’hui, il est exposé dans l’un des 320 jardins et pièces archéologiques en plein air uniques de l’Autorité. Présents dans tout le pays, ils sont situés dans des sites bien conçus, gratuits pour tous et, à une exception près, accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Dr Orit Shamir est la cheffe du département des musées et des expositions de l’AIA, et responsable de tous nos jardins et expositions archéologiques. Ce qui les rend particulièrement passionnants ? La grande variété des décors, rendue possible par le fait que chacun a été conçu par un ensemble différent de conservateurs et d’architectes.

Un sarcophage de l’époque romaine découvert sur un chantier en 2015. (Shmuel Bar-Am)

Il y a quelques semaines, et malgré l’humeur noire due au coronavirus dans le pays, nous avons décidé d’explorer quatre jardins archéologiques et de visiter une exposition archéologique. Aucun d’entre eux ne nécessite d’escalader des marches, et tous nous ont emmenés en plein air.

À notre grande surprise, nous avons constaté que malgré l’accès facile aux sites, il n’y avait aucune marque de vandalisme. De nos jours, les jeunes de tous les secteurs de la société ont accès aux expositions archéologiques et aux jardins, et participent aux fouilles – des outils essentiels qui enseignent la valeur de la protection de nos artefacts.

La plupart des anciens pionniers d’Israël étaient des agriculteurs qui cultivaient du raisin, des céréales et des olives à partir desquelles ils produisaient du vin, des céréales et de l’huile d’olive.

Les jardins archéologiques nous permettent de comprendre ce qu’était leur vie quotidienne en nous donnant un aperçu des outils de leur métier, des éléments architecturaux, des sources d’eau et, à Ashkelon, des ancres en pierre qui maintenaient leurs bateaux amarrés dans le port. Comme la plupart des objets exposés ont été découverts dans les jardins eux-mêmes ou à proximité, ils ont souvent des thèmes similaires mais sont en fait très divers.

D’anciennes colonnes visibles dans le jardin archéologique d’Ashkelon, situé près de la mer Méditerranée. (Shmuel Bar-Am)

Ashkelon

La conservatrice Ayelet Grover avait une vision claire en tête lorsqu’elle a créé le jardin à Ashkelon. Elle avait l’intention de faire revivre le passé avec des artefacts découverts dans toute la ville et datant de plusieurs millénaires. Dans le jardin sont exposés de splendides colonnes, des socles et un piédestal en marbre importé, une ancienne gouttière trouvée lors de la construction de l’hôpital Barzilai, des ancres en pierre, plusieurs sarcophages – dont l’exquis spécimen qui a été déterré et caché pendant un certain temps – et une mosaïque de l’époque romaine.

Le plus impressionnant dans ce jardin, outre les riches pièces archéologiques exposées, est son cadre. Le jardin archéologique d’Ashkelon se trouve à côté d’un terrain de jeu exceptionnellement élaboré et à seulement quelques mètres de la mer Méditerranée, qui ravit par son aspect, le bruit des vagues et l’air marin délicieux.

Une presse à olive au jardin archéologique de Hod Hasharon, le plus vieil artefact connu de ce genre. (Shmuel Bar-Am)

Hod Hasharon

Ayelet Grover a également conçu le jardin archéologique de Hod Hasharon, une ville tranquille au sud de la ville de Raanana, dans le centre d’Israël. Pièce maîtresse d’un charmant petit parc avec des bancs, des arbres, des plantes et des fleurs, le jardin présente des antiquités de la vie quotidienne des agriculteurs d’autrefois, comme une ancienne margelle de puits, le plus ancien type de broyeur d’olives connu (saflul) et le plus ancien système connu de pressage de l’huile (bodida).

Hod Hasharon abrite un fabuleux parc écologique qui a quelque chose à offrir à chacun. Situé en plein milieu de la ville, il est parfaitement entretenu et comporte des sentiers, un ruisseau rempli de poissons-chats, un lac, un pont, des équipements de musculation, des vues et beaucoup, beaucoup d’herbe.

Certains experts pensent que Givat Titora est l’ancien site de Modiin, le foyer des légendaires Maccabées. (Shmuel Bar-Am)

Givat Titora

Il y a des milliers d’années, une colline déserte au centre d’Israël grouillait d’activités. Appelée aujourd’hui Givat Titora, certains experts pensent qu’il s’agit de l’ancienne Modiin, où vivaient les Maccabées qui ont vaincu les Grecs et rendu la Terre d’Israël aux Juifs. D’autres l’ont identifiée comme la Gitaim biblique (« deux pressoirs à vin »), mentionnée par Néhémie (11:33).

Parmi les vestiges de la colline, on trouve des grottes et des citernes envahies par la végétation, une auge, un bain rituel juif (mikveh) et les ruines d’une forteresse croisée de deux étages appelée Tantara, dont les fondations ont été construites avec des pierres tombales juives de la période du Second Temple.

La transformation de la colline en 2018 en un jardin archéologique a été réalisée par la conservatrice Edna Ayash. Ici, les vestiges anciens se mêlent à la beauté naturelle de la colline (magnifique en automne, en hiver et au printemps) et à des objets bien conservés ou restaurés qui comprennent un pressoir à vin, des chapiteaux décoratifs, le linteau en pierre d’une ferme et un pressoir à vis qui date probablement des 4e et 5e siècles.

Des sentiers sinueux parcourent le jardin, et un beau point de vue offre une vue imprenable sur la région (c’est probablement la raison pour laquelle les Croisés ont choisi ce site pour leur forteresse). Un audioguide en anglais et en hébreu raconte l’histoire d’une bataille qui s’est déroulée à proximité pendant la guerre d’indépendance de 1948. Les meilleures saisons à visiter : l’automne, l’hiver et le printemps où des milliers de fleurs fleurissent partout.

Des inscriptions sur une pierre de l’époque romaine au jardin archéologique de Givat Yeshayahu. (Shmuel Bar-Am)

Givat Yeshayahu

Situé à côté du moshav Givat Yeshayahu et adjacent aux bureaux du Fonds national juif, le jardin archéologique se trouve, naturellement, dans un joli cadre forestier. Conçu par la conservatrice Hagit Neugeborn, il comporte un ancien rouleau de fermier (maagal), la lourde porte d’un mausolée, un moulin à âne, un ossuaire et une presse à huile élaborée. De lourdes pierres de l’époque romaine, dont deux sont gravés, ont été apportés sur le site après que des grues les ont extraits de leur emplacement le long de l’actuelle route 38.

Autre attraction supplémentaire à Givat Yeshayahu : une plate-forme avec des tables de pique-nique entourées de palmiers.

Le socle d’une colonne visible dans l’exposition archéologique du quartier juif de Jérusalem. (Shmuel Bar-Am)

Exposition archéologique de Jérusalem

Après la guerre des Six Jours de 1967, le quartier juif ravagé de la Vieille Ville a connu un long processus de reconstruction. Toutes sortes d’éléments architecturaux ont été découverts dans les décombres, tandis que d’autres avaient été incorporés dans des structures ultérieures. Présentés dans une belle exposition archéologique, ils témoignent de l’existence de riches résidents vivant la belle vie, dont les bâtiments privés et publics étaient extrêmement luxueux.

Le conservateur Ravit Nenner-Soriano a inauguré l’exposition archéologique il y a quelques mois – malgré le coronavirus – avec une merveilleuse collection d’artefacts. Une colonne coudée exposée servait à soutenir les voûtes des toits à l’époque des Croisades ; un objet ornemental du Moyen Âge appelé mouqarnas reliait des éléments ronds et carrés dans une construction. Parmi les autres antiquités, on trouve une belle frise, une corniche décorative, ainsi que des bases et des chapiteaux en marbre.

Alors que les jardins archéologiques que nous avons explorés étaient jalonnés de panneaux en hébreu uniquement, l’attrayante exposition d’archéologie dans le quartier juif présente des explications détaillées en anglais, en hébreu et en arabe. Les visiteurs peuvent profiter de l’occasion pour se promener dans le quartier, plein de sites historiques comme le Cardo romain et la Large Muraille, construite par le roi Ezéchias au 8e siècle avant l’ère commune.

 

Si vous avez besoin d’indications sur les différents jardins, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse Israeltravels@gmail.com.

* Le jardin archéologique situé à côté du Moshav Givat Yeshayahu est fermé au public le samedi.

Aviva Bar-Am est l’autrice de sept guides en anglais sur Israël. Shmuel Bar-Am est un guide touristique agréé qui propose des visites privées et personnalisées en Israël pour les particuliers, les familles et les petits groupes

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