Attentat antisémite à Munich en 1970 : Un suspect d’extrême-droite identifié
Il s'agit du pire attentat commis contre des Juifs dans l'histoire de la République fédérale d'Allemagne, selon Der Spiegel, qui identifie le suspect comme "Bernd V."
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Un jeune homme de 25 ans d’extrême-droite « obsédé par Hitler », décédé en 2020 : les enquêteurs allemands ont annoncé jeudi avoir identifié, 56 ans après les faits, le suspect de l’attentat antisémite le plus sanglant de l’histoire de la RFA, qui avait fait sept morts à Munich.
En 1970, le jeune homme aurait provoqué un incendie à l’aide d’un mélange d’essence contre un bâtiment de la « Communauté israélite », qui abritait notamment une maison de retraite.
De nouvelles investigations « indiqueraient clairement qu’il est l’auteur des faits », selon un communiqué conjoint du parquet de Munich (sud) et de la police criminelle de la ville.
Malgré cette avancée, la procédure a été classée en raison du décès du suspect en 2020 et du manque d’informations concernant de potentiels complices.
Il s’agit du pire attentat commis contre des personnes juives dans l’histoire de la République fédérale d’Allemagne (RFA), selon l’hebdomadaire Der Spiegel, qui identifie le suspect comme « Bernd V. ».
Discours d’Hitler
Huit ans après l’abandon de l’enquête, faute de piste, le parquet avait rouvert le dossier en avril 2025.
L’an dernier, une témoin, dont un membre de la famille entretenait des liens étroits avec le suspect, a fourni « des informations crédibles » à son sujet, selon le communiqué conjoint des autorités judiciaires.
Selon ce témoignage, le soir de l’attentat, 15 minutes avant l’incendie, le suspect aurait déclaré, en regardant la maison de retraite, que « les Juifs avaient tout » et qu’il voulait « les brûler ». Il fréquentait souvent les environs de la résidence, selon les enquêteurs.
D’autres membres de sa famille ont confirmé ses déclarations, ajoute le parquet, qui a pu reconstituer sa personnalité grâce à d’autres témoignages.
Le jeune homme écoutait des discours d’Adolf Hitler et faisait des exercices de tir à Obersalzberg, station touristique dans les montagnes bavaroises où le dictateur nazi avait sa résidence secondaire, le Berghof.
Féru d’explosifs, il avait par ailleurs détruit deux cabines téléphoniques à Munich dans les années 1960 et écopé d’une peine pour mineurs.
Selon son ancienne directrice d’école, le suspect se serait servi, lors d’une bagarre, d’un poignard des Jeunesses hitlériennes offert par son père.
Son hostilité envers les Juifs était un « trait déterminant de sa personnalité », aurait également décrit un ancien camarade de classe.
Selon le Spiegel, il serait passé à l’acte le soir de l’attentat, frustré après avoir échoué à cambrioler une bijouterie à proximité.
Un an après, alors emprisonné pour un autre cambriolage, ce « néonazi » aurait avoué à un codétenu son crime, poursuit le magazine.
Affaire classée
Néanmoins, il ne sera pas possible d’élucider définitivement ce « cold case », prévient le parquet.
En Allemagne, une personne décédée ne peut pas être poursuivie et la présomption d’innocence s’applique post mortem.
« D’autre part, il ne peut être établi de manière concluante si le suspect a agi seul ou au sein d’un groupe », ajoutent les autorités judiciaires.
Anarchiste, ressortissant d’un pays arabe, « dérangé mental », pyromane : plusieurs pistes de suspects avaient été suivies en vain par les enquêteurs depuis les années 1970, rappelle Der Spiegel.
En septembre, le chancelier allemand Friedrich Merz avait évoqué les victimes de l’incendie, lors de son discours à l’occasion de la réouverture d’une synagogue, située dans la rue de l’attentat.
« L’attentat a en grande partie disparu de la mémoire publique. Cela tient aussi au fait que le crime n’a jamais été élucidé », estime le Spiegel.
Selon les archives de presse, certaines victimes de l’attentat étaient des survivants de la Shoah.
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