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Au procès de la rue Copernic, les avocats de victimes réclament que « justice passe »

Le verdict est attendu vendredi en fin de journée, au terme de près de trois semaines de débats, en l'absence de l'unique accusé de cet attentat terroriste

L'avocat français de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) David Pere (G), Corinne Adler, une victime âgée de 13 ans à l'époque, et l'avocat français de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) Antoine Casubolo Ferro assistent à l'ouverture du procès par contumace de Hassan Diab, accusé de l'attentat à la bombe de 1980 contre la synagogue de la rue Copernic, au Palais de Justice de Paris, le 3 avril 2023. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)
L'avocat français de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) David Pere (G), Corinne Adler, une victime âgée de 13 ans à l'époque, et l'avocat français de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) Antoine Casubolo Ferro assistent à l'ouverture du procès par contumace de Hassan Diab, accusé de l'attentat à la bombe de 1980 contre la synagogue de la rue Copernic, au Palais de Justice de Paris, le 3 avril 2023. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)

Pas d’ « esprit de vengeance ». Au procès de l’attentat de la synagogue de la rue Copernic en 1980 à Paris, les avocats des dizaines de parties civiles ont plaidé mercredi pour que « justice passe », même si 43 années se sont écoulées depuis les faits.

Premier à se lever avant une douzaine de confrères, Me Bernard Cahen est l’avocat historique de ce dossier, depuis le premier jour.

Le soir du 3 octobre 1980, après l’explosion d’une bombe près de la synagogue de la rue Copernic, il s’était rendu sur les lieux, pensant que sa fille était à l’intérieur, avec quelque 320 autres fidèles, glisse Me Cahen d’une voix presque inaudible.

Quatre personnes sont tuées dans cette rue du XVIe arrondissement de Paris devenue « une scène de guerre », des dizaines d’autres sont blessées.

Il s’agit du premier attentat meurtrier ayant visé la communauté juive depuis la Libération.

« C’est un événement qui rentre, qu’on le veuille ou non, dans l’Histoire de France, et qui justifie que même 43 ans après ce procès ait lieu », clame Bernard Cahen, qui représente les familles de deux des victimes décédées.

« Ce procès, les parties civiles le voulaient, et elles l’ont obtenu », souligne-t-il face à la cour d’assises spéciale.

Au terme de près de trois semaines de débats, en l’absence de l’unique accusé de cet attentat terroriste, un universitaire libano-canadien de 69 ans qui proteste de son innocence, « une seule question se pose : Hassan Diab est-il coupable ou ne l’est-il pas ? », questionne Me Cahen.

Comme un avant-goût du réquisitoire du parquet national antiterroriste prévu jeudi, l’avocat aux 60 années de barreau au compteur reprend « l’ensemble des éléments incriminants » à l’encontre de l’accusé, dont la « culpabilité » selon lui « ne repose sur aucun doute ».

Ces « doutes » exprimés à la barre par le juge d’instruction Jean-Marc Herbaut, qui avait ordonné un non-lieu à l’égard de Hassan Diab, une décision infirmée en appel, Me Cahen les évacue, estime la conclusion du magistrat « hâtive ».

« Il y a une conjonction de présomptions à l’encontre de M. Diab et je crois que vous partagerez ma conviction », lance Bernard Cahen à la cour.

Cette photo d’archives montre des pompiers debout près de l’épave d’une voiture et d’une motocyclette après un attentat à la bombe contre la synagogue de la rue Copernic, causant la mort de quatre personnes prise rue Copernic à Paris, le 3 octobre 1980. (Crédit : AFP/STF)

« Libérer la parole »

Prenant la parole à sa suite, David Père salue la « ténacité hors du commun » de son prédécesseur. La tonalité de sa plaidoirie sera toutefois à l’opposé de celle de son aîné.

« Les parties civiles que je représente ne sont pas mues par un esprit de vengeance et ne cherchent pas particulièrement un coupable, une tête que l’on voudrait promener au bout d’une pique, elles ne veulent pas une tête pour une tête », assure-t-il en jetant un regard au banc de la défense.

« Elles veulent que justice passe, que cette affaire ne soit pas oubliée », déclare Me Père. L’avocat explique avoir commencé l’audience en représentant une seule partie civile, il en défend désormais « 12 ou 13 ».

Le « caractère particulier de cette audience » est qu’elle « a permis de libérer la parole des victimes », qui avaient été « contraintes à un mutisme forcé » pendant quatre décennies, relève encore David Père.

Corinne Adler, l’une des rares personnes présentes dans la synagogue ce soir d’octobre 1980 qui s’était constituée partie civile, a relaté la semaine dernière à la barre ce « traumatisme enfoui » avec lequel elle avait appris à vivre, ce long « silence », cette chape de plomb qui avait entouré l’attentat.

Pour Me Père, cette audition et d’autres ont « enclenché un processus » chez d’autres personnes qui ont demandé à leur tour d’être reconnues comme victimes.

La cour a entendu dans la matinée une douzaine de parties civiles nouvellement constituées, pour la plupart adolescentes quand le faux plafond de la synagogue leur était tombé dessus quand la bombe a explosé le 3 octobre 1980.

La plupart ne savait pas que l’enquête s’était poursuivie toutes ces années et n’avait appris qu’incidemment la tenue de ce procès. Après avoir été « les oubliés, les silencieux » pendant près de 43 ans, ils ont demandé que « justice » leur soit « rendue ».

Le verdict est attendu vendredi en fin de journée.

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