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Augmentation de 800 % des cas d’incitation au terrorisme en ligne en Israël

5 815 plaintes pour incitation ou soutien au terrorisme en ligne ont été déposées, la plupart des cas sur Facebook ; Twitter n’a supprimé que 30 % des messages signalés

Cette photo d'archive montre le logo de l'application Facebook sur un smartphone à Los Angeles, le 1er mars 2021. (Chris Delmas/AFP)
Cette photo d'archive montre le logo de l'application Facebook sur un smartphone à Los Angeles, le 1er mars 2021. (Chris Delmas/AFP)

Dans les semaines qui ont suivi l’attaque terroriste du 22 mars qui a coûté la vie à quatre Israéliens à Beer Sheva, l’unité du cyber-espace du bureau du procureur de l’État a reçu 5 815 demandes des responsables de la sécurité pour la suppression de messages sur les réseaux sociaux qui incitent ou semblent soutenir le terrorisme.

L’attentat dans la ville du sud a été suivi de plusieurs attaques meurtrières dans d’autres grandes villes du pays, ainsi que d’incidents violents en Cisjordanie, lors d’une vague de terrorisme telle qu’Israël n’en avait pas connu depuis des années.

L’unité du cyber-espace a déclaré dans un communiqué mercredi qu’à la suite de cette première attaque, elle a entrepris un effort conjoint avec les services de sécurité pour identifier et supprimer les publications sur les plateformes de réseaux sociaux qui incitent à la violence et au terrorisme ou font l’éloge des activités terroristes.

Selon le communiqué, le nombre de ces publications a augmenté de manière exponentielle au cours des trois dernières semaines, atteignant 800 % du volume habituel de plaintes.

Les responsables de la Défense cités dans le communiqué ont déclaré que l’incitation en ligne joue un rôle majeur dans « la promotion d’activités terroristes locales ou d’attaques par imitation. »

Identifiant environ 3 900 plaintes sur les 5 815 reçues qui violent les conditions d’utilisation de la plateforme sur laquelle elles ont été postées, l’unité a pris des mesures pour contacter les plateformes sociales concernées et superviser le retrait du contenu.

Les quatre victimes d’un attentat terroriste à Beer Sheva le 22 mars 2022 : Laura Yitzhak, en haut à gauche ; le rabbin Moshe Kravitzky, en haut à droite ; Doris Yahbas, en bas à gauche ; Menahem Yehezkel, en bas à droite. (Crédit : Autorisation/Réseaux sociaux)

L’unité a également eu des discussions avec les principales plateformes, notamment Facebook, TikTok, Twitter, YouTube et Telegram, afin d’assurer une réponse rapide aux cas urgents.

Mercredi, selon le communiqué, quelque 2 950 messages incitatifs avaient été supprimés et 491 attendaient un examen plus approfondi par les grandes plateformes.

L’unité du cyber-espace a indiqué que la grande majorité des plaintes (environ 3 330) concernant des messages incitatifs avaient été déposées sur Facebook, et que 87 % d’entre de ces derniers avaient déjà été supprimées. Quelque 770 plaintes concernaient des messages sur TikTok, dont 84 % ont été supprimés.

Sur Twitter, la suppression des messages incitatifs s’est avérée plus difficile, puisque seulement 30 % des 980 plaintes reçues ont été supprimées jusqu’à présent.

L’unité a dû faire face à un problème inhabituel : elle a dû fermer la page Instagram de l’une des victimes des récents attentats terroristes après qu’elle a été transformée en plateforme d’incitation à la haine, certains utilisateurs faisant l’éloge de l’attentat au cours duquel la victime a trouvé la mort.

Le Premier ministre Naftali Bennett tient une séance de questions-réponses sur TikTok le 1er septembre 2021. (Crédit : Koby Gideon/GPO)

« Notre activité tout au long des trois dernières semaines représente une augmentation de 800 %  de plus des cas d’incitation et de soutien au terrorisme sur les plateformes de réseaux sociaux, qu’en temps normal », a déclaré Haim Wismonsky, directeur de l’unité du cyber-espace.

« Notre hypothèse, basée sur les expériences tragiques récentes, est qu’un contenu soutenant le terrorisme avec une large diffusion en ligne peut conduire à des attaques ultérieures par les utilisateurs de ce contenu », a-t-il ajouté.

« Nous espérons donc qu’une fois ce contenu identifié et signalé à la plate-forme en ligne concernée, celle-ci prendra rapidement les mesures adéquates et, ce faisant, s’abstiendra de contribuer, même de manière passive, à la circulation continue du contenu interdit », a ajouté M. Wismonsky.

Les récentes attaques terroristes ont eu d’autres effets connexes.

Les données publiées par le ministère de la Sécurité intérieure il y a deux semaines indiquent une forte hausse des demandes de permis de port d’arme parmi les Israéliens.

Les données ont également montré une forte augmentation du nombre de personnes appelant le ministère pour savoir comment obtenir un permis.

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