Aux enterrements des victimes d’Istanbul, leurs conjoints blessés se rappellent du carnage
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Aux enterrements des victimes d’Istanbul, leurs conjoints blessés se rappellent du carnage

Avraham Damri dit que sa femme avait peur d’aller en Turquie, mais il l’a rassurée ; la veuve d’Avraham Goldman dit qu’il était “complètement intact” après l’explosion, “comme s’il n’était pas blessé”

Les funérailles de Simha Damri, de Dimona, le 21 mars 2016. (Crédit : Flash90)
Les funérailles de Simha Damri, de Dimona, le 21 mars 2016. (Crédit : Flash90)

Les trois Israéliens tués samedi dans un attentat suicide à Istanbul ont été enterrés lundi après-midi en Israël, un jour après le rapatriement de leurs corps en avion.

Simha Damri, 59 ans, Avraham Goldman, 70 ans, et Yonatan Suher, 40 ans, ont été tués quand un terroriste kamikaze appartenant a priori à l’Etat islamique a déclenché un engin explosif près d’un groupe de touristes israéliens dans le centre d’Istanbul.

Un Iranien a également été tué dans l’attaque, et 11 autres Israéliens ont été blessés. Israël enquête pour savoir si le groupe a été ciblé délibérément.

Damri a été enterrée dans sa ville de Dimona, où des centaines de personnes étaient présentes. Son mari, qui a été modérément blessé par l’explosion de samedi, n’a pas eu l’autorisation de quitter l’hôpital pour être présent.

L’enseignante de maternelle retraitée laisse derrière elle son mari et quatre enfants.

Avraham Damri a déclaré aux journalistes depuis le centre médical Soroka que sa femme était préoccupée par les risques sécuritaires en Turquie, mais il l’a rassurée en lui disant que tout irait bien.

« Nous marchions dans les marchés deux jours avant, nous parlions et riions. Elle avait peur avant que nous partions, mais je lui ai dit : ‘Tu vois ? Il n’y a pas à avoir peur, tout va bien’ », a-t-il déclaré.

Les enfants (à gauche et au centre) de Simha Damri, 60 ans, pendant ses funérailles à Dimona, dans le sud d'Israël, le 21 mars 2016. (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)
Les enfants (à gauche et au centre) de Simha Damri, 60 ans, pendant ses funérailles à Dimona, dans le sud d’Israël, le 21 mars 2016. (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)

La famille prévoyait de fêter le 60e anniversaire de Damri le 8 avril, a-t-il dit, et leur fils devait se marier en juillet.

« Elle ne sait rien du tout [de la fête]. C’est absurde. Elle ne sait vraiment rien à ce sujet. Un projet secret, une liste d’invités secrète », a-t-il dit, faisant toujours référence à sa femme au présent. « Nadav doit se marier le 21 juillet, elle était enchantée que cela arrive. Simplement excitée. »

Damri a remercié la communauté juive de Turquie pour leur aide et a demandé qu’ils essaient de retrouver le sac de sa femme défunte.

Simha Dimri, de Dimona, a été tuée par un attentat suicide à Istanbul, le 19 mars 2016. (Crédit : Facebook, via JTA)
Simha Dimri, de Dimona, a été tuée par un attentat suicide à Istanbul, le 19 mars 2016. (Crédit : Facebook, via JTA)

« Je leur ai demandé avant que nous montions à bord de [l’avion] Hercules qu’ils essaient de retrouver le sac de Simha à la station de police, et ils ne l’ont pas trouvé. Ses affaires sont dedans, son passeport, le collier que je lui ai offert, et ses bagues, a-t-il déclaré. Elle adorait voyager avec toutes ses affaires sur elle, elle ne fait pas confiance aux coffres des hôtels. »

Pendant ce temps, le citoyen israélo-américain Goldman était enterré à Holon, avec ses enfants se rappelant de l’intrépidité de leur père et de ses efforts pour la coexistence.

« Ima [maman] voulait que vous changiez de destination, mais tu as dit qu’il y avait aussi des attaques à Tel Aviv et à New York, et tu n’avais jamais peur », a dit Sharon, la fille de Goldman, selon le site d’informations Ynet.

« Je suis désolée que tu n’ai pas écouté cela. Mon esprit ne peut pas le croire, et mon cœur est brisé en morceaux. Je pense que seul ton corps physique a quitté le monde et que ton âme pure rentre à la maison. »

Elle a dit que ses parents avaient fondé une usine textile, avec des ouvriers arabes israéliens et palestiniens, « et tout le monde est devenu comme une famille. »

« Tu pensais que c’était le chemin de la paix et de la coexistence, même dans les moments difficiles, a-t-elle dit. Nous ne cèderons pas à la haine et à la revanche. Nous ne laisserons pas ce mal nous empoisonner. »

Une proche se recueille sur la tombe de Simha Damri, 60 ans, pendant ses funérailles à Dimona, dans le sud d'Israël, le 21 mars 2016. (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)
Une proche se recueille sur la tombe de Simha Damri, 60 ans, pendant ses funérailles à Dimona, dans le sud d’Israël, le 21 mars 2016. (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)

La veuve de Goldman, Nitza, qui a été blessée pendant l’attaque, a déclaré lundi aux journalistes israéliens qu’elle avait été témoin de « tout ».

« J’ai tout vu », a-t-elle déclaré. Quand la bombe a détonné, a-t-elle dit, elle a regardé autour d’elle et a vu son mari allongé à côté d’elle.

« J’ai vu mon mari à côté de moi, et il était complètement intact. C’était comme s’il n’était pas blessé, pas abîmé, il était entièrement intact. Je l’ai appelé pour qu’il se lève, mais il ne m’a pas répondu », a-t-elle déclaré à la Deuxième chaîne.

Nitza Goldman a pu sortir de l’hôpital pour assister aux funérailles.

Les funérailles de Suher devaient commencer à 17h00. Il laisse derrière lui son épouse, Inbal, qui a été sévèrement blessée dans l’explosion, et deux enfants.

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