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Avec les nouvelles règles, près de 2 millions d’Israéliens perdent le pass vert

Le document ouvrant l'accès à certains lieux aux personnes vaccinées ou guéries du coronavirus n'est dorénavant valide que pendant six mois après la dernière injection

Photo d'illustration : le nouveau Passe vert à Jérusalem, le 3 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Photo d'illustration : le nouveau Passe vert à Jérusalem, le 3 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les nouvelles règles du Passe vert ont été mises en vigueur dimanche. Ce sont presque deux millions d’Israéliens qui n’ont pas bénéficié d’une injection de rappel qui perdent aujourd’hui leur droit au Passe vert, conformément aux nouvelles règles encadrant la vaccination qui prennent ainsi effet.

Dès dimanche, le Passe vert ne sera valide que pendant six mois après l’administration d’une dernière dose, un changement de politique qui concerne entre 1,7 et 1,9 million de citoyens, selon la presse israélienne. En même temps, la police renforcera les contrôles du document prouvant la vaccination lors des rassemblements et dans les espaces clos dans les villes qui se distinguent par un taux élevé d’infection.

Tous les Passe verts existants vont être remplacés par de nouveaux par le biais du site internet ou de l’application du ministère de la Santé (ces nouveaux Passes ont été d’ores et déjà mis à disposition des Israéliens depuis samedi minuit). Les nouvelles directives exigent que tous les citoyens en rémission du coronavirus se fassent administrer une dose de vaccin pour recevoir le Passe vert.

Le Passe est valide une semaine après avoir reçu la dernière dose et pendant six mois. Ce document, qui est remis aux personnes vaccinées ou en rémission de la COVID-19, permet d’accéder à de nombreux espaces et événements publics, notamment aux restaurants et aux musées.

Un Passe vert temporaire peut aussi être obtenu grâce à un résultat négatif de test de dépistage au coronavirus qui est payé de la poche des citoyens à moins que ces derniers ne soient pas éligibles à la vaccination.

Israël – le premier pays à avoir offert une troisième dose officiellement – a lancé cette campagne de rappel en date du 1er août en direction, tout d’abord, de tous les citoyens âgés de 60 ans et plus. L’âge d’éligibilité a ensuite été petit à petit abaissé et aujourd’hui, la troisième dose est désormais proposée à tous les Israéliens âgés de 12 ans et plus ayant reçu une troisième dose il y a au moins cinq mois.

Une femme se fait vacciner contre la COVID-19 à Jérusalem, le 30 septembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

De plus, le cabinet Corona de haut-rang doit se réunir dimanche pour la toute première fois depuis plus d’un mois. Le ministère de la Santé qui, ces dernières semaines, a demandé de nouvelles limitations des rassemblements, ne réclamera pas de restrictions supplémentaires, a fait savoir samedi soir la chaîne Kan.

La rencontre se focalisera sur les restrictions mises en place dans les écoles dans le contexte de la pandémie et sur les nouvelles règles d’éligibilité du Passe vert.

La réunion du cabinet de dimanche intervient à l’issue d’une querelle ouverte survenue entre le Premier ministre Naftali Bennett et les responsables de la santé concernant l’imposition de nouvelles limitations, une idée à laquelle le chef du gouvernement s’oppose. Lors d’un point-presse avec les journalistes israéliens à New York, Bennett avait accusé les experts qui conseillent le gouvernement de ne pas parvenir « à appréhender l’image d’ensemble », soulignant qu’ils n’étaient pas les ultimes décisionnaires – contrairement au gouvernement.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz avait qualifié ces propos de « non-nécessaires et malheureux » tandis que le directeur-général du ministère de la Santé avait pour sa part estimé qu’ils étaient à la fois inattendus et « déplaisants ».

Bennett avait rencontré les responsables de la santé jeudi. Suite à cet entretien, un communiqué conjoint impliquant toutes les parties avait été émis, semblant mettre un terme à la dispute. La chaîne Kan a fait savoir, vendredi, que tous avaient convenu de rendre publiques toutes les informations futures concernant la politique mise en place dans le contexte de la COVID par le biais de communiqués conjoints.

Le Premier ministre Naftali Bennett s’exprime avant de recevoir une troisième dose de vaccin contre la COVID-19 à l’hôpital Meir de Kfar Saba, le 20 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Samedi, Bennett a indiqué, alors que des signes semblent montrer un affaiblissement de la vague de l’épidémie dans le pays, qu’il était « encore prématuré de se réjouir ».

« Nous sommes à une phase critique », a noté le Premier ministre dans un communiqué – une phase compliquée par la réouverture des établissements scolaires et l’intention de mettre un terme au modèle de quarantaine à grande échelle en passant à un modèle de dépistage extensif et de mise à l’isolement des cas vérifiés exclusivement.

« C’est précisément maintenant que nous devons être stricts concernant le Passe vert, nous devons faire attention et ne pas afficher de complaisance », a-t-il continué en appelant les Israéliens qui n’ont pas terminé leur parcours vaccinal selon les nouvelles règles à se mettre en conformité dans les meilleurs délais.

« Le vaccin sauve des vies et l’ampleur de la vaccination, dans le pays, est ce qui permet à ce dernier de rester ouvert et de continuer à avancer », a-t-il poursuivi.

Alors même que les nouvelles régulations plus restrictives entrent en vigueur, l’État juif continue à assister à des signes d’affaiblissement de la quatrième vague de COVID-19 qui s’est abattue sur le pays. Vendredi, le nombre de citoyens hospitalisés dans un état grave est passé en dessous de 600 pour la toute première fois depuis le 17 août, selon les chiffres du ministère de la Santé.

De jeunes élèves arrivent pour la rentrée des classes après les fêtes à l’école Gabrieli de Tel Aviv, le 30 septembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le nombre de cas graves était de 586. Sur ces derniers, 422 personnes n’étaient pas vaccinées, 108 n’avaient reçu que deux doses sur l’ensemble des trois vaccins et 37 avaient bénéficié des trois doses.

Sur presque 120 000 tests de dépistage réalisés jeudi, 3,81 % (ou 4 353) étaient revenus positifs.

Le nombre de cas actifs, vendredi, était de 45 412.

7 766 personnes étaient mortes depuis l’apparition de l’épidémie ans le pays, soit cinq de plus que jeudi.

Le directeur-général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a par ailleurs déclaré qu’Israël semblait sortir de la vague virale qui s’est déclenchée au début du mois de juin.

« Je pense que nous sommes en bonne voie pour connaître une baisse réelle du nombre d’infections mais nous allons le constater au cours des prochains jours », a-t-il expliqué. « Je pense que la quatrième vague touche à sa fin ».

Un homme se fait vacciner contre la COVID-19 dans un centre de dépistage temporaire de la Clalit à Jérusalem, le 30 septembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a néanmoins noté qu’avec la réouverture des écoles, après les fêtes juives, le nombre de contaminations pouvait repartir à la hausse. « C’est dur à prédire mais c’est assurément l’une de nos inquiétudes pour les prochaines semaines », a-t-il dit.

Vendredi, les chiffres transmis par le gouvernement ont indiqué que le taux de reproduction de base du virus, qui mesure la transmission de ce dernier, était de 0,72. Ce taux mesure combien de personnes, en moyenne, seront contaminées par un seul porteur de la maladie. Tout chiffre au-dessus de 1 indique que l’épidémie est en essor et tout chiffre au-dessous de 1 montre qu’elle s’essouffle.

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