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Baharav-Miara suspend la procédure pour intimidation de témoin visant des proches de Netanyahu

La procureure générale reporte l’affaire impliquant trois collaborateurs du Premier ministre, faute d’avoir obtenu l’extradition de Yisrael Einhorn depuis la Serbie

La procureure générale, Gali Baharav-Miara, lors d'une réunion de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice, à la Knesset, le 30 septembre 2025. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)
La procureure générale, Gali Baharav-Miara, lors d'une réunion de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice, à la Knesset, le 30 septembre 2025. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

L’État a décidé de suspendre une affaire d’intimidation de témoin qui visait trois collaborateurs du Premier ministre Benjamin Netanyahu, en raison de l’échec de l’extradition de l’un des suspects, Yisrael Einhorn – qui se trouve actuellement en Serbie et qui était attendu en Israël – pour le procès, a annoncé vendredi la procureure générale Gali Baharav-Miara.

« L’État a informé le tribunal de première instance de Petah Tikva qu’en raison de la non-présentation en Israël de Yisrael Einhorn pour le procès, il avait été décidé de reporter la procédure judiciaire », a indiqué son bureau dans un communiqué. « La procédure reprendra dès son arrivée ».

Dans une notification judiciaire qui a été rendue publique par les médias israéliens, Baharav-Miara a fait savoir – sans nommer directement Einhorn – qu’il n’y avait actuellement « aucune option pratique pour faire comparaître un témoin central et essentiel », et qu’elle avait donné pour instruction aux procureurs de la tenir informée des « efforts déployés pour localiser le témoin ».

Einhorn, Jonatan Urich et Ofer Golan avaient été mis en examen en février 2025 pour avoir des faits de harcèlement à l’encontre de Shlomo Filber, un témoin de premier plan dans le cadre du procès pour corruption de Netanyahu. Les trois hommes avaient, semble-t-il, envoyé une voiture équipée d’un mégaphone au domicile de Filber en 2019 afin de pousser ce dernier à revenir sur son témoignage contre le Premier ministre.

Au moment des faits présumés, Einhorn était porte-parole du Likud, tandis qu’Urich occupait les fonctions de conseiller stratégique et de haut responsable au sein de l’équipe de campagne électorale du parti. Golan, de son côté, était porte-parole de la famille Netanyahu – il avait par ailleurs été directeur de la campagne électorale du Likud en 2019.

Netanyahu faisait alors l’objet d’une enquête pour des faits répréhensibles qui avaient été commis au cours des trois années où il avait occupé le poste de ministre des Communications, en plus de celui de Premier ministre. Filber avait été nommé par Netanyahu au poste de directeur général du ministère des Communications.

Netanyahu a été mis en examen début 2020 pour corruption, fraude et abus de confiance – il aurait, semble-t-il, monnayé des faveurs politiques en échange de cadeaux de luxe et d’une couverture médiatique favorable. Il n’a cessé de clamer son innocence, affirmant que le procès intenté à son encontre relève d’une chasse aux sorcières.

De gauche à droite : Jonatan Urich (Crédit : Avshalom Sassoni), conseiller du Premier ministre Netanyahu ; Amit Hadad (Crédit : Chaim Goldberg/Flash 90), avocat de Netanyahu ; Yisrael Einhorn (Crédit : Capture d’écran/Kan), ancien collaborateur de Netanyahu

Les procureurs ne sont pas parvenus à obtenir l’extradition d’Einhorn, qui a refusé de revenir en Israël depuis la Serbie, où il est conseiller du président Aleksandar Vučić.

Le mois dernier, le tribunal a demandé aux procureurs de lui faire savoir s’ils souhaitaient poursuivre le procès contre Golan et Urich, ou s’ils préféraient retirer les accusations d’intimidation de témoins en raison de l’absence d’Einhorn.

Einhorn et Urich sont également tous les deux suspects dans les affaires du « Qatargate » et de « Bild », où ils sont soupçonnés d’avoir entretenu des liens criminels avec l’État du Golfe soutenant le Hamas, et d’avoir divulgué des renseignements volés au tabloïd allemand dans le but d’apaiser la colère croissante du public à l’égard de Netanyahu au sujet de la guerre à Gaza.

Si Einhorn a refusé de retourner en Israël, il a été interrogé en Serbie par la police israélienne au mois de juillet 2025 au sujet de son rôle dans la fuite des documents et dans l’affaire du « Qatargate ». Au mois de janvier, la police l’a déclaré « criminel en fuite ».

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