Ballons incendiaires : Israël limite l’entrée de l’hélium à Gaza
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Ballons incendiaires : Israël limite l’entrée de l’hélium à Gaza

Le ministère de la Défense prévient que la livraison du gaz, également utilisé à des fins médicales, sera entièrement interrompue si les incendies criminels se poursuivent

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Ballons incendiaires lancés en Israël depuis la bande de Gaza en mai 2018. (Capture d'écran : Quds news)
Ballons incendiaires lancés en Israël depuis la bande de Gaza en mai 2018. (Capture d'écran : Quds news)

Israël a annoncé mardi qu’il limitait l’entrée de l’hélium dans la bande de Gaza après que les Palestiniens de l’enclave côtière ont utilisé le gaz pour remplir des ballons incendiaires qui ont atterri dans le sud d’Israël, provoquant une série d’incendies de grande ampleur.

La décision a été mise en œuvre par le COGAT, la liaison militaire d’Israël avec les Palestiniens, le général de division Kamil Abu Rokon, avec l’approbation du ministre de la Défense Avigdor Liberman.

L’unité de liaison ne limite pas l’entrée de l’hélium à une quantité spécifique, mais envisage plutôt d’être plus vigilant dans l’évaluation des demandes faites par les hôpitaux et les installations médicales de la bande de Gaza pour s’assurer que le gaz est utilisé à des fins correctes et non pour des ballons incendiaires.

Dans un communiqué, Abu Rokon, le coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), a averti qu’Israël couperait complètement l’approvisionnement en hélium si les attaques par ballons incendiaires se poursuivaient.

« La responsabilité [d’une telle décision] incomberait au régime de l’organisation terroriste du Hamas », a déclaré le bureau de liaison.

Appareil d’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) de scannage cérébral. (Capture d’écran YouTube)

Le gaz est utilisé à des fins médicales, notamment pour les appareils d’imagerie par résonance magnétique (IRM), qui utilisent une forme liquide d’hélium pour le refroidissement.

« L’entrée de l’hélium dans la bande de Gaza sera limitée en raison de son utilisation par les terroristes pour remplir des ballons incendiaires », a déclaré Abu Rokon.

Le major-général Kamil Abu Rokon (publié avec autorisation)

« L’organisation terroriste du Hamas n’hésite pas à utiliser tous les moyens, y compris les services et les canaux humanitaires, pour mener des activités terroristes. Cela malgré les efforts déployés par Israël pour empêcher une détérioration de la situation de la population civile dans la bande de Gaza », a indiqué M. Abu Rokon.

Depuis le 30 mars, Israël s’efforce de répondre à la menace que représentent les ballons et les cerfs-volants auxquels les Palestiniens de Gaza attachent des sacs de matériel en flammes et, dans certains cas, des engins explosifs.

Au cours des dernières semaines, les militaires ont utilisé des drones pour intercepter des centaines de ces cerfs-volants et ballons, ainsi que d’autres méthodes qui, selon l’armée, sont classifiées.

Selon le ministre de la Défense Avigdor Liberman, environ les deux tiers de ces dispositifs aériens incendiaires ont été interceptés de cette façon.

Le reste des cerfs-volants et des ballons ont déclenché des centaines d’incendies dans le sud d’Israël, qui ont collectivement brûlé des milliers d’hectares de terres agricoles, de forêts et de parcs. L’administration fiscale a estimé les dommages à plusieurs millions de shekels.

Des pompiers éteignent un incendie dans un champ causé par des cerfs-volants pilotés par des Palestiniens depuis la bande de Gaza, près de la frontière avec Israël, le 5 juin 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les responsables israéliens sont divisés sur la manière dont il faut traiter les Palestiniens qui lancent les ballons et les cerfs-volants.

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a appelé les militaires à tirer à vue sur tous ceux qui font voler ces cerfs-volants terroristes.

Cependant, un officier supérieur du Commandement Sud de Tsahal a déclaré la semaine dernière que l’armée considère ces incendies criminels comme étant graves, mais représentant « un type de danger différent », ce qui ne justifiait pas nécessairement la force létale dans tous les cas.

Des Palestiniens font voler un cerf-volant transportant du matériel enflammé vers Israël le 8 juin 2018, lors d’affrontements le long de la barrière frontalière entre Israël et Gaza, à l’est de Jabaliya dans le centre de la bande de Gaza. (AFP Photo/Mohammed Abed)

Samedi, un avion israélien a attaqué pour la première fois un groupe de trois Gazaouis préparant un entrepôt de ballons que les Palestiniens utilisent pour envoyer des bombes incendiaires de l’autre côté de la frontière pendant les manifestations à Gaza, a indiqué l’armée.

Aucun blessé n’a été signalé lors de l’attaque près de la ville de Beit Hanoun, dans le nord de Gaza. Tsahal a précisé que l’avion avait tiré « un coup de semonce ».

« Nous prenons très au sérieux l’utilisation de ballons et de cerfs-volants incendiaires et nous continuerons d’agir pour empêcher leur utilisation », a déclaré l’armée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a proposé de faire une retenue à la source sur les recettes fiscales de l’Autorité palestinienne pour couvrir les dégâts causés à l’agriculture.

Les critiques étaient sceptiques à l’égard de ce plan car les cerfs-volants et les ballons sont lancés depuis Gaza, où l’Autorité palestinienne a un contrôle limité. Cependant, le Hamas, rival de l’AP, exerce un pouvoir énorme dans la bande de Gaza et pourrait encourager les Palestiniens à lancer encore plus de cerfs-volants et de ballons incendiaires afin d’affaiblir son ennemi politique.

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