Quand Bannon décrivait les Juifs américains comme des “facilitateurs” indirects du jihad
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Quand Bannon décrivait les Juifs américains comme des “facilitateurs” indirects du jihad

Ces propos du conseiller de Trump ont été prononcés en 2007 pour un documentaire jamais réalisé, “Les Etats islamiques d’Amérique”

Le président américain Donald Trump, à gauche,  félicite son conseiller Stephen Bannon après l'investiture des hauts responsables dans la salle est de la Maison Blanche, le 22 janvier 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump, à gauche, félicite son conseiller Stephen Bannon après l'investiture des hauts responsables dans la salle est de la Maison Blanche, le 22 janvier 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

WASHINGTON – C’est dans un document décrivant un film-documentaire sur un prétendu projet musulman de prendre le contrôle des Etats-Unis, que Stephen Bannon, à présent stratège en chef du président américain Donald Trump, a décrit la « communauté juive américaine » comme des « facilitateurs » indirects du jihad.

Bannon, ancien banquier devenu propagandiste ultranationaliste avant de devenir le conseiller de la campagne de Trump, a réalisé plusieurs documentaires de droite dans les années 2000.

Le Washington Post a publié vendredi un article décrivant une proposition de 2007 pour un documentaire qui n’a jamais vu le jour et devait s’intituler « Les Etats islamiques d’Amérique ».

Il aurait présenté des entretiens avec plusieurs personnes qui, comme Bannon, pensent que la menace qui pèse sur l’Occident est plus large que celle des terroristes extrémistes islamistes, et embrassent tout un spectre de groupes de défense des musulmans.

Il y décrit des « facilitateurs parmi nous », malgré leurs « meilleures intentions », comme les grands médias, la CIA et le FBI, les associations de défense des droits civiques, « les universités et la gauche », et la « communauté juive américaine ».

Il décrit également « les organisations de façade et les Américains musulmans fourbes qui prêchent la réconciliation et le dialogue au grand jour mais, en coulisses, défendent la haine et le mépris de l’Occident. »

La Société islamique d’Amérique du Nord fait partie des groupes nommés par Bannon comme des « jihadistes culturels ». Cette organisation a été associée avec les Frères musulmans à sa fondation dans les années 1960, mais a étroitement travaillé ces dernières années avec des associations juives, notamment pour lutter contre l’antisémitisme et sensibiliser les musulmans à la Shoah.

Avant de rejoindre la campagne de Trump l’été dernier, Bannon dirigeait Breitbart News, un site qui est farouchement pro-Israël mais présente aussi des idées nationalistes blanches, et que Bannon a une fois décrit comme la plate-forme de la « droite alternative », un mouvement aux contours vagues comprenant aussi bien des antisémites qui des Juifs de droite.

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