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Bar-Lev explique son erreur lors des funérailles de l’une des victimes de Beer Sheva

Après avoir présenté ses excuses, le ministre de la Sécurité publique, Omer Bar-Lev, qui a semblé plaisanter sur son erreur dans un tweet, s'est séparé de son porte-parole

Le ministre de la Sécurité publique Omer Bar-Lev au mur occidental dans la vieille ville de Jérusalem, le 4 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Sécurité publique Omer Bar-Lev au mur occidental dans la vieille ville de Jérusalem, le 4 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Sécurité publique, Omer Bar-Lev, a essuyé de nouvelles critiques jeudi après avoir manifestement fait la lumière sur son erreur -largement commentée – lors des funérailles d’une victime de l’attaque terroriste de cette semaine, à Beer Sheva.

Bar-Lev, qui supervise la police, a déchainé la colère mercredi à l’occasion des funérailles de Doris Yahbas, en jurant de traquer et traduire en justice son assassin, alors même que le terroriste qui l’avait poignardée à mort et tué trois autres personnes avait été abattu par des passants.

Cette erreur malencontreuse a mis du sel sur la plaie des habitants de Beer Sheva, qui se disent de longue date abandonnés par la police.

Bar-Lev a déclaré plus tard qu’on l’avait invité à prendre la parole au tout dernier moment et qu’il s’était mal exprimé. Il aurait souhaité affirmer que tout complice serait traduit en justice.

Manifestement, Bar-Lev n’était pas prêt à laisser l’affaire s’arrêter là : il a semblé rire de son propre faux pas dans un tweet sans rapport, concernant une importante prise d’armes de contrebande à la frontière libanaise.

« Nous n’aurons pas de repos tant que nous n’aurons pas mis les passeurs en prison et traduits en justice », a-t-il écrit, paraphrasant ses propos de mercredi, avec un emoji faisant un clin d’oeil.

Face aux nombreuses critiques sur Twitter comme de la part de commentateurs dans les médias, Bar-Lev a supprimé le message et lui a substitué un message sans boutade. Il n’a fourni ni explication ni excuse.

Ce vendredi, les médias israéliens ont indiqué que Bar-Lev avait limogé son porte-parole, Natan Dublin, en lien avec l’affaire des propos lors des funérailles et du tweet.

Le ministre a une nouvelle fois évoqué son dérapage verbal lors des funérailles.

« Ils m’ont tendu un micro. J’ai improvisé », a-t-il déclaré.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Bar-Lev, assiste aux funérailles de Doris Yahbas, 49 ans, tuée dans une attaque terroriste à Beer Sheva, dans un cimetière du Moshav Gilat, le 23 mars 2022. (Crédit : Flash90)

La police a été critiquée pour son temps de réponse après l’attentat de mardi à Beer Sheva. Le commissaire Yaakov Shabtai, bousculé par des manifestants à son arrivée sur les lieux de l’attentat dans la ville du sud, a essuyé les critiques d’un revers de main.

Elle a également été critiquée pour avoir pris, le temps de l’enquête balistique, les armes des deux citoyens qui ont abattu l’agresseur. Il s’agit pourtant d’une procédure d’enquête standard et les armes ont été restituées à leurs propriétaires.

L’un des tireurs, dont le nom n’a pas été rendu public, s’était battu avec des agents et avait refusé de quitter le poste de police, affirmant qu’il craignait de se rendre chez lui, en Cisjordanie, sans son arme.

Quatre personnes ont été tuées et deux autres blessées mardi par l’attaque au couteau perpétrée par un Arabe israélien.

Les victimes ont été identifiées comme étant Doris Yahbas, 49 ans, mère de trois enfants, Laura Yitzhak, 43 ans, également mère de trois enfants, le rabbin Moshe Kravitzky, 48 ans, père de quatre enfants et Menahem Yehezkel, 67 ans, issu d’une fratrie de cinq enfants.

Les quatre victimes d’un attentat terroriste à Beer Sheva le 22 mars 2022 : Laura Yitzhak, en haut à gauche ; le rabbin Moshe Kravitzky, en haut à droite ; Doris Yahbas, en bas à gauche ; Menahem Yehezkel, en bas à droite. (Crédit : Réseaux sociaux)

Le terroriste a été identifié comme étant Mohammad Ghaleb Abu al-Qi’an, âgé de 34 ans, originaire de la ville bédouine de Hura dans le Neguev. Mort des suites de ses blessures sur les lieux de l’attaque, Abu al-Qi’an avait purgé une peine de trois ans de prison pour appartenance au groupe terroriste État islamique et tentative de recrutement au profit de l’organisation. Il avait été libéré en 2019.

La police a déclaré qu’il avait probablement agi seul lors de l’attentat de mardi.

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