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Barak Eilam : les réformes judiciaires prévues menacent la position d’Israël

Selon le PDG de la société de logiciels, Nice, le devoir fiduciaire de toute société est d'investir dans des pays dotés d'un système judiciaire indépendant

NICE Ltd. Le PDG Barak Eilam. (Crédit : Capture d’écran : CNBC)
NICE Ltd. Le PDG Barak Eilam. (Crédit : Capture d’écran : CNBC)

Le chef de la société israélienne Nice Ltd, fournisseur de logiciels basés sur le cloud, a mis en garde lundi contre le projet du nouveau gouvernement qui affaiblira le système judiciaire et qui risque d’avoir des conséquences irréparables pour Israël comme centre d’affaires et pour attirer des investisseurs.

« La législation prévue pour démanteler le système judiciaire en Israël aura des implications graves et irréversibles sur la position du pays comme centre d’affaires », a écrit Barak Eilam, PDG de Nice, dans une publication sur LinkedIn. « Les PDG et les conseils d’administration des entreprises technologiques ont le devoir fiduciaire de protéger la propriété intellectuelle et les principaux actifs essentiels, et ne les confieront qu’à des pays dotés d’un système judiciaire fort et indépendant. »

Fondée dans les années 1980, Nice est l’une des entreprises technologiques les plus anciennes d’Israël, spécialisée dans les systèmes d’informatique dans le cloud. Cotée au Nasdaq et à la bourse de Tel-Aviv, elle affiche une valeur marchande de plus de 44 milliards de shekels. La société, basée à Raanana, emploie plus de 7 500 personnes et opère dans plus de 30 pays à travers le monde.

L’obligation fiduciaire d’un membre du conseil d’administration est souvent décrite comme sa responsabilité à agir dans le meilleur intérêt de son entreprise et de ses actionnaires. À titre d’exemple, le fonds souverain norvégien a annoncé le mois dernier que ce grand investisseur mondial réexaminait ses investissements en Israël et pourrait les arrêter complètement en raison de l’implication des banques israéliennes dans les implantations en Cisjordanie. Le fonds est actuellement investi dans quelque 80 actions israéliennes, notamment des banques, des sociétés industrielles et technologiques. Par le passé, le fonds s’était déjà désinvesti de nombreuses entreprises à travers le monde pour des activités qu’il jugeait contraires à l’éthique.

L’avertissement d’Eilam intervient après la proposition, la semaine dernière, par le ministre israélien de la Justice, Yariv Levin, d’une refonte du système judiciaire qui limiterait considérablement la capacité de la Cour suprême à annuler des lois et permettrait à la Knesset de réadopter les lois annulées par la Cour. Elle donnerait également au gouvernement de Benjamin Netanyahu le contrôle des nominations des juges et permettrait aux ministres de nommer leurs propres conseillers juridiques.

Les partisans de ces changements affirment qu’ils sont nécessaires pour mettre un frein à un système judiciaire qui s’oppose à la volonté du peuple, tandis que les détracteurs affirment qu’ils supprimeraient un contrôle essentiel des pouvoirs législatif et exécutif, sapant ainsi les éléments démocratiques du système de gouvernement. Les critiques affirment également que la refonte supprimera tout contrôle sur les pouvoirs gouvernementaux et mettra en danger les droits des minorités et des éléments vulnérables de la société.

Eilam vient se joindre à des centaines de cadres supérieurs de la technologie, d’entrepreneurs de haut niveau, de financiers et de dirigeants de sociétés d’investissement, qui ont averti ces dernières semaines que les mesures législatives prévues modifieraient le caractère démocratique d’Israël, menaceraient la stabilité de la démocratie du pays, ébranleraient la confiance dans le système judiciaire israélien et feraient fuir les investisseurs.

Simultanément, plusieurs institutions financières, entreprises technologiques, ainsi que des autorités locales et des institutions académiques ont exprimé ces dernières semaines leur intention de boycotter toute activité commerciale ou toute collaboration avec des entités jugées sectaires, en raison de la crainte croissante que le nouveau gouvernement de coalition n’adopte des changements législatifs permettant le recours à des pratiques discriminatoires légales.

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