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Basket : Amira Ismaïl, première femme arbitre à Gaza

Licenciée de la FIBA en 2019, la jeune femme a dû patienter plus longtemps que prévu pour arbitrer en match officiel, à cause de la pression sociale, puis de la pandémie

L'arbitre palestinienne Amira Ismail entraîne de jeunes basketteurs à l'Académie des champions dans la ville de Gaza, le 4 octobre 2021 (Crédit ; MOHAMMED ABED / AFP).
L'arbitre palestinienne Amira Ismail entraîne de jeunes basketteurs à l'Académie des champions dans la ville de Gaza, le 4 octobre 2021 (Crédit ; MOHAMMED ABED / AFP).

Pendant le match de basket opposant Nuseirat à Gaza City, les regards des spectateurs dévient et se portent sur la table de marque, où officie Amira Ismaïl, première femme arbitre de basket dans ce territoire tenu par les terroristes islamistes du Hamas.

Il y a trois ans, la jeune femme de 23 ans est devenue la première femme à obtenir une licence de la Fédération internationale de basket-ball (FIBA) dans la bande de Gaza, enclave paupérisée de deux millions d’habitants soumise à des restrictions sécuritaires israéliennes depuis que les terroristes islamistes armés du Hamas y ont violemment pris le pouvoir en 2007 en chassant l’Autorité palestinienne.

Mais à cause de la pression sociale, puis d’un arrêt des compétitions sportives en raison de la pandémie de Covid-19, la jeune femme a dû patienter plus longtemps que prévu pour arbitrer en match officiel.

« Cette fois-ci, j’étais déterminée à utiliser ma licence internationale sur le terrain parce que je le mérite », dit-elle à l’AFP, dans sa tenue de sport azur.

Au total, la bande de Gaza compte 15 arbitres certifiés par la FIBA : 14 hommes et Amira. Ce corps arbitral officie tant pour les matches des quatre clubs féminins que pour ceux des 12 clubs masculins disputant le championnat de l’enclave, indique Ramzi al-Boraï, membre de la Fédération palestinienne de basket.

Depuis le début de l’année, Amira, qui travaille de jour dans un hôpital après avoir obtenu sa licence en pharmacologie, a arbitré cinq matches du championnat masculin, attirant à chaque fois les regards des curieux.

« Tout le monde me regarde avec étonnement sur le terrain de basket, en se demandant : c’est qui elle ? Est-ce une étrangère ou une arabe ? Qu’elle-ce qu’elle fait ici ? », raconte la jeune femme.

L’arbitre palestinienne Amira Ismail compte les points et les fautes pendant un match de basket-ball dans la ville de Gaza, le 13 septembre 2021 (Crédit ; MOHAMMED ABED / AFP).

« Jamais vu ça »

Pour le moment, les matchs se déroulent avec une jauge réduite de spectateurs, en raison des restrictions sanitaires. Mais Amira sait qu’après la pandémie, les gradins seront bien plus garnis et les questions plus nombreuses.

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« J’espère que la simple idée de voir des filles faire du sport devienne ici une chose normale, que les filles n’aient plus peur du regard du reste de la société », veut-elle croire.

Ramzi Saba, joueur du club de Gaza, s’enthousiasme de voir désormais une femme arbitrer.

L’arbitre palestinienne Amira Ismail entraîne de jeunes basketteurs à l’Académie des champions dans la ville de Gaza, le 4 octobre 2021 (Crédit ; MOHAMMED ABED / AFP).

« Je suis heureux de voir une femme arbitrer un match à Gaza. Je sais que c’est une chose normale en dehors de Gaza, mais je n’avais jamais vu ça auparavant », explique-t-il , en s’essuyant le visage dégoulinant de sueur avec une serviette après le match de son équipe contre Nuseirat.

Dans les tribunes, Ibrahim Mahmoud, 43 ans, a comme le reste des spectateurs durant le match, jeté des coups d’oeil sur la table de marque, d’où Amira se chargeait du suivi des points et des fautes.

L’arbitre palestinienne Amira Ismail entraîne de jeunes basketteurs à l’Académie des champions dans la ville de Gaza, le 4 octobre 2021 (Crédit ; MOHAMMED ABED / AFP).

« J’ai été surpris qu’il y ait une fille sur le terrain. C’est quelque chose de nouveau, mais j’espère que cette culture se développera et que la conscience des jeunes joueurs évoluera pour accepter davantage de femmes arbitres », dit-il.

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