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Bat Yam : Des Arabes agressés dans une attaque nationaliste présumée

Les victimes - une assise en fauteuil roulant - étaient avec des amis juifs lorsqu'un groupe leur a demandé si elles étaient Arabes ; trois d'entre elles ont été hospitalisées

Photo d'illustration : Une voiture de police dans la ville côtière israélienne de Bat Yam, le 27 février 2017. (Moti Karelitz/Flash90)
Photo d'illustration : Une voiture de police dans la ville côtière israélienne de Bat Yam, le 27 février 2017. (Moti Karelitz/Flash90)

Deux jeunes hommes qui étaient assis avec des amis juifs dans la ville côtière de Bat Yam ont été agressés, samedi soir, par de jeunes Juifs – une agression qualifiée par la police « d’attaque nationaliste ».

Selon un reportage diffusé dimanche par la Treizième chaîne, trois membres du groupe ont été hospitalisés à l’hôpital Wolfson de Holon – les deux Arabes, dont l’un se trouvait en fauteuil roulant, et un Juif qui se trouvait avec eux. Ils sont sortis dimanche soir de l’hôpital.

Les jeunes étaient assis dans un parc quand un groupe de plusieurs Juifs leur a demandé s’ils étaient arabes avant de partir.

Environ 20 minutes plus tard, le groupe est revenu, armé de couteaux et de pétards. La police examine actuellement la possibilité que les agresseurs aient été en possession d’une arme à feu.

Les jeunes ont été blessés. Une jeune femme juive a aussi été touchée mais, selon le reportage, elle n’aurait pas été agressée et il est difficile de dire comment elle a été blessée.

« J’étais assis avec mon ami qui est en fauteuil roulant et trois Juifs sont passés et ils nous ont demandé ce qui se passait – on leur a répondu que tout allait bien », a commenté une victime auprès de la chaîne. « Puis ils sont revenus, portant les mêmes vêtements mais ils avaient des masques. ils avaient aussi des couteaux et toutes sortes d’armes. Ils ont essayé de nous attaquer comme ils le pouvaient avec les couteaux et j’ai reçu un coup de couteau à la tête ».

La police israélienne est initialement restée discrète au sujet de cet incident dont elle n’a pas fait état aux médias, se contentant ultérieurement de confirmer auprès de la Treizième chaîne que l’agression avait été signalée et que le mobile serait apparemment nationaliste. Elle a fait savoir dans un communiqué qui a été émis plus tard qu’une enquête avait été ouverte.

Ahmed Mashharawi, ancien membre du conseil municipal de Tel Aviv-Jaffa, à proximité, a fait une déclaration au nom des victimes, expliquant que le racisme était croissant à Bat Yam comme l’attaque violente d’un Arabe par un groupe de voyous Juifs, pendant le conflit du mois de mai qui avait opposé Israël aux groupes terroristes de la bande de Gaza, le symbolisait.

« De plus en plus d’Arabes sont réticents à l’idée de venir à Bat Yam, et notamment au centre commercial où il y avait, dans le passé, des clients arabes. La municipalité et la police doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éradiquer le racisme qui se propage dans la ville après l’agression terrible qui avait eu lieu pendant l’opération Gardien des murs », a-t-il expliqué.

Saeed Mousa avait été grièvement touché dans cette attaque perpétrée au mois de mai, qui avait été filmée en direct et qui avait entraîné une onde de choc nationale dans un contexte de tensions ethniques accrues entre Juifs et Arabes dans les villes israéliennes – des tensions encore davantage attisées par le conflit opposant l’État juif au Hamas dans la bande de Gaza.

Un homme arabe lynché par la foule à Bat Yam, en direct à la télévision, le 21 mai 2021. (Capture d’écran Kan)

Mousa se rendait à la plage, à Bat Yam, quand il avait été attaqué par un groupe venu pour agresser des Arabes et vandaliser des commerces appartenant à des Arabes dans cette ville des environs de Tel Aviv, selon un acte de mise en examen dans ce dossier.

Selon les procureurs, Mousa avait tenté de dégager sa voiture pour fuir ses agresseurs mais s’était heurté à un véhicule qui se trouvait derrière lui. Il avait alors donné un coup d’accélérateur avant d’entrer en collision dans une autre voiture.

Il avait ensuite été traîné hors du véhicule et battu avec une férocité extrême.

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