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Bennett condamne Ben Gvir pour s’en être pris au chef du Shin Bet

Le député d’extrême droite accuse Ronen Bar de ne pas s’être attaqué au terrorisme, tout occupé à l’empêcher d’entrer dans la Vieille Ville

Le député Itamar Ben-Gvir (devant), chef du parti extrémiste juif Otzma Yehudit, avec Bentzi Goptein, chef du groupe d'extrême droite Lehava, dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 6 mai 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Le député Itamar Ben-Gvir (devant), chef du parti extrémiste juif Otzma Yehudit, avec Bentzi Goptein, chef du groupe d'extrême droite Lehava, dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 6 mai 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir s’est attiré les foudres du Premier ministre, vendredi, suite à ses propos accusant le chef du service de sécurité du Shin Bet d’une série d’« échecs » qui auraient permis les récents attentats terroristes et tensions à Jérusalem comme à Gaza.

Le Premier ministre Naftali Bennett, rejoint par d’autres hauts responsables politiques du gouvernement, ont critiqué Ben Gvir, qui appartient au parti extrémiste Otzma Yehudit, et témoigné leur soutien au chef du Shin Bet, Ronen Bar.

« Ses actes sont lâches et anti-israéliens, destinés à mettre le pays à feu et à sang, semant la division et le chaos », a déclaré Bennett à propos de Ben Gvir. « Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, a donné tout son temps, travaillé jour et nuit pour s’assurer que nous puissions dormir sur nos deux oreilles. Si quelqu’un à se plaindre des décisions prises, c’est moi le Premier ministre. C’est à moi qu’il faut s’en plaindre. »

Sur les réseaux sociaux, Ben Gvir a accusé le Shin Bet d’avoir abandonné le combat pour la sécurité, lui imputant la responsabilité des récents heurts sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, les attentats terroristes des dernières semaines à Beer Sheva, Bnei Brak, Hadera et Tel Aviv, et les tensions accrues à Gaza, avec de nouveaux tirs de roquettes.

Ces propos ont été publiés après des informations selon lesquelles le Shin Bet aurait recommandé que Ben Gvir soit empêché de mener une marche nationaliste dans le quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem, la semaine dernière, de peur que les heurts ne dégénèrent.

« Alors que le mont du Temple brûle et que les attentats terroristes se multiplient, le Shin Bet doit s’occuper de la sécurité de la nation et non de moi », a-t-il écrit sur Twitter.

Le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, a appelé le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu à condamner publiquement Ben Gvir.

« Itamar Ben Gvir, criminel condamné que Netanyahu voudrait nommer ministre de la Sécurité publique, a ajouté une nouvelle cible à ses attaques, le chef du Shin Bet et son équipe », a écrit Lapid.

« Les agents du Shin Bet risquent leur vie tous les jours pour protéger Israël. Ils ont tout mon soutien, ainsi que leur chef, Ronen Bar », a-t-il ajouté.

D’autres ministres et politiciens de haut rang ont également critiqué Ben Gvir.

En réponse aux critiques, Ben Gvir a accusé Bennett d’utiliser le Shin Bet pour ses propres besoins politiques.

« J’aime le Shin Bet, mais son chef ne devrait pas être autorisé à organiser des réunions à propos d’un responsable public. La logique tordue de Bennett est que le Shin Bet peut tenir des réunions contre moi, mais que je ne peux pas répondre à leurs provocations. C’est de l’hypocrisie », a-t-il déclaré.

Les propos de Ben Gvir font allusion à une information selon laquelle le Shin Bet aurait exhorté Bennett et d’autres politiciens israéliens à l’empêcher de prendre part à la marche depuis la porte de Damas, à Jérusalem, et à travers le quartier musulman de la Vieille Ville, dans le cadre d’une manifestation nationaliste, qui, selon l’organisation, aurait pu conduire à une « deuxième guerre avec Gaza ».

« La présence de Ben Gvir est un détonateur, et un détonateur doit être désamorcé », aurait déclaré un responsable du Shin Bet la semaine passée. « Ces provocations pourraient conduire à de nouvelles violences et à une montée des tensions au point d’embraser toute la région. »

Bennett avait par la suite déclaré que Ben Gvir ne pourrait accéder à la porte de Damas, et les manifestants avaient également été empêchés d’entrer dans la Vieille Ville par cet itinéraire.

Le député Itamar Ben Gvir et des militants de droite à une « Marche du drapeau », qui devait rallier la Vieille Ville de Jérusalem, mais qui s’est arrêtée place Tzahal, le 20 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ben Gvir s’est également dit constamment menacé, ce qui, selon lui, résulte d’incitations à la haine commanditées par le Shin Bet et des politiciens non identifiés.

Il a publié sur Twitter la capture d’écran d’un message privé contenant des menaces de mort explicites, accompagnées de photos de balles de pistolet et d’un drapeau israélien en feu.

« Les politiciens de gauche ne condamnent jamais les menaces proférées contre les responsables de droite. Ils ne se bougent que lorsque les menaces concernent des responsables de gauche », a fait valoir Ben Gvir. « J’exige que le Premier ministre Bennett, le ministre Lapid et les membres de la coalition d’extrême gauche condamnent les propos dangereux du directeur du Shin Bet et les mesures qu’il a prises contre moi », a-t-il ajouté.

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