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Bennett et Liberman promettent au peuple en colère de réduire le coût de la vie

Le plan, prévoyant des avantages fiscaux, une baisse des droits de douane sur divers produits et une hausse de la concurrence devrait coûter à l'État quelque 4,4 MDS NIS en 2022

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le Premier ministre Naftali Bennett (C), le ministre des Finances Avigdor Liberman (d) et la ministre de l'Économie et de l'Industrie Orna Barbivai révèlent le plan du gouvernement pour faire face au coût de la vie lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 9 février 2022. (Bureau de presse du gouvernement)
Le Premier ministre Naftali Bennett (C), le ministre des Finances Avigdor Liberman (d) et la ministre de l'Économie et de l'Industrie Orna Barbivai révèlent le plan du gouvernement pour faire face au coût de la vie lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 9 février 2022. (Bureau de presse du gouvernement)

Le gouvernement a annoncé mercredi un plan de 4,4 milliards de shekels pour faire face à la hausse du coût de la vie, qui comprendra une série de mesures visant à réduire les impôts pour les familles qui travaillent et à diminuer les prix de l’énergie et des denrées alimentaires de base.

L’annonce a été faite suite aux manifestations de colère de citoyens contre la hausse des coûts, après que les prix de l’essence et de l’électricité ont augmenté, et après que plusieurs grands fabricants et importateurs ont retardé ou renoncé à leurs projets d’augmenter le coût de leurs produits en raison des nombreuses réactions négatives.

Lors d’une conférence de presse à une heure de grande écoute, le Premier ministre Naftali Bennett, le ministre des Finances Avigdor Liberman et la ministre de l’Économie et de l’Industrie Orna Barbivai ont fait part de leur stratégie en plusieurs parties. Bien que n’étant pas présent à la conférence, le ministre des Affaires Étrangères Yair Lapid a aussi participé à son élaboration.

Bennett a présenté le plan comme « un nouveau contrat entre le gouvernement et les citoyens, et un contrat rationnel », en concentrant la plupart de ses efforts sur les familles qui travaillent. « Les citoyens qui travaillent et supportent le fardeau – ils méritent d’économiser davantage », a-t-il déclaré.

M. Liberman a nié que le contenu du plan ait été influencé par la pression publique, même si le moment choisi l’a été.

« Même sans la dernière vague d’augmentation des coûts, sans la vague [d’attention] médiatique, nous aurions fait part des mêmes mesures », a-t-il insisté.

Manifestation des « gilets jaunes » contre le coût de la vie, à Tel Aviv, le 5 février 2022. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Le plan comprend des mesures visant à réduire immédiatement l’impôt sur le revenu de certaines familles israéliennes : Le gouvernement accordera un point supplémentaire de crédit d’impôt sur le revenu à chaque parent par enfant âgé de 6 à 12 ans en 2022. Chaque point vaut 233 shekels et sera ajouté au salaire net des familles concernées chaque mois. La mesure devrait représenter un montant supplémentaire de 5 352 shekels par famille et par enfant sur l’année. Toutefois, la mesure, une fois promulguée par la loi, ne devrait durer que pendant l’année 2022.

Cette mesure bénéficiera à environ 530 000 parents qui travaillent, et coûtera 2,1 milliards de shekels aux caisses de l’État.

Les familles de la classe moyenne qui travaillent devraient également bénéficier des subventions pour la garde d’enfants les après-midis, lesquelles seront étendues à environ 60 000 enfants supplémentaires appartenant à des catégories de niveau socio-économique plus larges, pour un coût prévu de 150 millions de shekels.

Le gouvernement créera également un impôt négatif sur le revenu, sous la forme d’une subvention, en faveur des quelque 300 000 travailleurs touchant un salaire très bas et dont le revenu est inférieur au seuil d’imposition sur le revenu. Ils recevront une augmentation unique de 20 % de leur salaire net en 2022. Cette mesure, qui devrait coûter 250 millions de shekels, nécessitera également la promulgation d’une loi.

Il n’existe pas de plan d’assouplissement de l’impôt sur le revenu pour les contribuables qui se situent en dehors de ces paramètres.

Pour faire face aux prix de l’énergie, le gouvernement annulera les droits d’accise sur le charbon pour le reste de l’année 2022 afin de réduire la hausse prévue du prix de l’électricité de 5,6 % à 3,4 %. Les prix du charbon ont augmenté au cours des derniers mois. Cette mesure nécessite l’approbation de l’Autorité de l’électricité et devrait coûter 600 millions de shekels.

En ce qui concerne les denrées alimentaires et les biens de consommation, le gouvernement réduira les droits de douane sur de nombreux produits importés, notamment les denrées alimentaires, les produits de beauté et les meubles.

Plus précisément, il est prévu de supprimer les droits de douane sur le bœuf, le poisson, les fruits de mer, le thon en conserve, les saucisses, les sauces, les fruits secs, les gâteaux et les biscuits, et la farine. Les droits de douane sur les matériaux de construction et d’infrastructure, les pièces automobiles et les articles ménagers, entre autres, seront levés. La TVA n’est pas abordée par le plan, pas plus que le coût direct des biens nationaux. Le ministre des Finances, M. Liberman, doit publier un décret pour permettre ces mesures, dont le coût total s’élève à 1,26 milliard de NIS.

En Israël, les prix affichés sont ceux qui correspondent au prix final pour le client, ce qui signifie que les taxes sont déjà intégrées dans le prix final. On ignore si et comment le gouvernement obligera les détaillants à baisser les prix affichés, en fonction des déductions fiscales, pour s’assurer qu’ils n’empochent pas la différence.

Le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, s’exprime lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 31 janvier 2022. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le prix du carburant ne sera pas concerné.

En plus du plan ci-dessus, Liberman a annoncé la formation d’un comité chargé d’étudier comment accroître la concurrence dans les supermarchés.

Les ministres n’ont pas expliqué comment le gouvernement prévoit de financer ce plan.

Les annonces de hausses de prix se succèdent depuis octobre, mais ce n’est que la semaine dernière que le gouvernement a ressenti l’urgence de réagir, suite à la pression médiatique et de la population.

Certaines entreprises, comme Osem-Nestlé, ont partiellement capitulé devant le tollé de la semaine dernière, annulant les hausses prévues des prix alimentaires.

En décembre 2021, The Economist a classé Tel Aviv comme la ville la plus chère du monde, citant la force du shekel et l’augmentation des coûts de la nourriture et des transports.

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