Bennett se dit prêt pour des élections et exigera le portefeuille de la Défense
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Bennett se dit prêt pour des élections et exigera le portefeuille de la Défense

Le chef du parti HaBayit HaYehudi a déclaré qu'il a l'intention de se présenter au poste de Premier ministre une fois que Netanyahu se sera retiré mais qu'il ne le "chassera pas"

Naftali Bennett, à gauche, et Moshe Yaalon en session plénière de la Knesset, le 12 mars 2014. (Crédit : Flash90)
Naftali Bennett, à gauche, et Moshe Yaalon en session plénière de la Knesset, le 12 mars 2014. (Crédit : Flash90)

Naftali Bennett, le chef du parti HaBayit HaYehudi, a déclaré jeudi qu’il était prêt à participer à des élections anticipées si le Premier ministre Benjamin Netanyahu décidait de dissoudre la coalition et qu’il exigerait le poste de ministre de la Défense dans toute future coalition dirigée par Netanyahu.

« Si Netanyahu décide qu’il veut des élections, il y aura des élections », a déclaré Bennett, le ministre de l’Education, à la radio militaire. « S’il veut un gouvernement stable, il y aura un gouvernement. »

Bennett a également réitéré son intention de se présenter au poste de Premier ministre si Netanyahu — qui est lié à une série d’enquêtes pour corruption dans le cadre desquelles la police a recommandé qu’il soit inculpé — démissionne.

« Je ne vais pas pousser Netanyahu vers la sortie, mais s’il est Premier ministre, j’ai clairement l’intention d’exiger le portefeuille de la défense la prochaine fois », a-t-il déclaré. « Je pense que c’est essentiel. »

Les commentaires de Bennett surviennent alors que les rumeurs sur de possibles élections ont pris de l’ampleur au cours de la dernière semaine, la coalition étant en désaccord sur le projet de loi sur l’exemption militaire. Il a également été spéculé que Netanyahu pourrait chercher à organiser une élection rapidement pour sécuriser son mandat avant une éventuelle inculpation.

Bien que les sondages aient montré que Netanyahu pourrait remporter les élections et obtenir un nouveau mandat facilement, de nombreux analystes prédisent qu’il pourrait faire face à une campagne difficile et que ces élections deviendraient un référendum sur les soupçons de corruption qui pèsent contre lui.

Benjamin Netanyahu à la conférence de politique de l’AIPAC à Washington, DC, le 6 mars 2018. (Capture d’écran: AIPAC)

Mercredi, le Premier ministre a déclaré qu’il ne cherchait pas à organiser des élections anticipées mais qu’un nouveau vote serait organisé si les partis de la coalition ne pouvaient pas s’entendre sur une législation exemptant les étudiants ultra-orthodoxes du service militaire.

Présentant ses conditions pour éviter des élections anticipées, Netanyahu a déclaré que tout projet de loi sur l’enrôlement ultra-orthodoxe devra être soutenu par l’ensemble de la coalition et fournir une solution à long terme. Mais il a également ajouté qu’il exigeait que les membres de la coalition acceptent de rester dans le gouvernement jusqu’à la fin de son mandat.

« Je veux présenter un projet de loi aussi large que possible qui sera acceptable pour le procureur général et qui passera avec une [plus grande] majorité que d’habitude, mais aussi pour obtenir un engagement de tous les partenaires [de la coalition] que nous ‘nous continuerons ensemble jusqu’à la fin de 2019’ », a-t-il déclaré dans un avion en route pour New York depuis Washington.

« Je ne suis pas intéressé par une solution qui envoie le ballon en touche et que dans quelques semaines nous ayons une autre crise », a-t-il ajouté, indiquant qu’un accord sur le seul projet de loi pourrait ne pas être suffisant pour maintenir sa coalition à flot jusqu’en novembre 2019, date officielle des élections.

Le projet de loi est soutenu par le parti YaHadout HaTorah, qui a menacé d’opposer son veto au budget de l’Etat de 2019 si son projet de loi n’était pas adopté. Le ministre des Finances Moshe Kahlon a menacé de retirer son parti Koulanou du gouvernement si le budget n’était pas adopté la semaine prochaine, tandis que le parti Yisrael Beytenu du ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré qu’il resterait opposé au projet de loi.

Le vice-ministre de la Santé, Yaakov Litzman, qui dirige le parti YaHadout HaTorah, a démenti jeudi les informations selon lesquelles il y aurait une proposition de compromis pour sortir de l’impasse.

« A ce moment même, il n’y a aucune proposition sur la table que nous puissions soumettre aux rabbins », a-t-il déclaré à la radio militaire, ajoutant qu’il n’avait pas parlé au Premier ministre ni à aucun autre haut responsable du Likud depuis Mercredi.

Le député Moshé Gafni, un autre membre important du parti Yahadout HaTorah, a déclaré mercredi qu’il ne pensait pas que la crise allait amener la coalition à la rupture mais que « quelqu’un » semblait empêcher une solution qui pourrait être atteinte « en 10 minutes ».

Moshe Gafni, membre du Yahadout HaTorah, préside la commssion des Finances de la Knesset le 5 mars 2018 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, chef du parti ultra-orthodoxe Shas, a déclaré mercredi qu’il pensait qu’il était possible de résoudre la crise de la coalition, ajoutant que les Israéliens « ne pardonneront pas » au gouvernement si les élections étaient organisées de manière anticipées.

« A la lumière de mes entretiens intensifs avec les partenaires de la coalition, je suis convaincu que la crise du projet de loi [militaire] peut être résolue. En outre, il peut être résolu immédiatement », a-t-il déclaré.

« Le peuple ne pardonnera à personne qui, à ce stade, conduit le pays à des élections inutiles et démantèle le gouvernement de droite le plus socialement orienté qui n’a jamais servi Israël », a ajouté Deri.

Alexander Fulbright et Eric Cortellessa ont contribué à cet article.

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