Bezeq réduit les paiements de dividendes, nomme des administrateurs intérimaires
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Bezeq réduit les paiements de dividendes, nomme des administrateurs intérimaires

Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de Bezeq, et son fils Or qui sont mêlés à l'enquête sur la corruption, démissionnent du conseil d'administration

Des ouvriers de Bezeq installant des câbles de fibre optique. (Crédit : autorisation)
Des ouvriers de Bezeq installant des câbles de fibre optique. (Crédit : autorisation)

Bezeq, la plus grande société de télécommunications israélienne, dont l’actionnaire majoritaire et le PDG sont impliqués dans une enquête de corruption, a déclaré mercredi qu’elle réduirait les paiements de dividendes à 70 % de son bénéfice net au lieu des 100 % qu’elle avait versés aux actionnaires jusqu’à présent.

Le prochain versement semestriel de dividendes sera en conformité avec la nouvelle politique, a déclaré Bezeq dans un document déposé à la Bourse de Tel Aviv mercredi.

La politique de distribution de dividendes, qui consiste à distribuer 100 % de ses bénéfices, a été un attrait majeur pour les investisseurs. Dans une interview avec le Times of Israel publiée plus tôt ce mois-ci, Yali Rothenberg, directeur financier du Groupe Bezeq, a déclaré que le conseil d’administration étudierait la question de près à la lumière de l’environnement de plus en plus concurrentiel dans lequel opère la société.

L’actionnaire majoritaire de Bezeq, Shaul Elovitch, ainsi que des membres de sa famille, la PDG de Bezeq, Stella Handler, et un autre dirigeant de la société ont été arrêtés le mois dernier dans le cadre d’une enquête menée par l’Autorité des titres israélienne (ATI), et la police sur les liens entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Elovitch, qui contrôle Bezeq via sa filiale Eurocom Ltd. Ils nient tous avoir commis des actes répréhensibles.

Shaul Elovitch lors de la prolongation de sa détention provisoire dans l’affaire 4000 au tribunal de Tel Aviv, le 22 février 2018. (Flash90)

Le conseil d’administration estime qu’il est important de maintenir un équilibre entre la solidité financière et la stabilité de l’entreprise, tout en maintenant sa cote de crédit actuelle « AA » sur la durée, et de continuer à générer une plus-value pour ses actionnaires en distribuant des dividendes », a déclaré Bezeq dans son rapport.

« Le changement de politique n’est pas surprenant », a déclaré Roni Biron, co-responsable de la recherche chez Excellence Nessuah, une maison de courtage basée à Petah Tikva, dans une note aux investisseurs. « Nous croyons que le changement de politique devrait soutenir le bilan et la cote de crédit de Bezeq, mais diminue l’un de ses principaux attraits pour les investisseurs. »

Bezeq a également déclaré mercredi que son conseil d’administration a approuvé la nomination de deux administrateurs intérimaires, Shlomo Rodav et Doron Turgeman, car ils seraient « bénéfiques pour la société ».

Les deux ont été nommés le mois dernier par la société mère, B Communications Ltd. Les administrateurs exerceront leurs fonctions jusqu’à la tenue d’une assemblée générale des actionnaires plus tard cette année, a indiqué Bezeq.

Parallèlement à la nomination des deux nouveaux administrateurs, l’actionnaire majoritaire Shaul Elovitch et son fils Or Elovitch, empêtrés dans l’enquête, ont remis leur lettre de démission et se sont retirés du conseil d’administration.

L’affaire de corruption, connue sous le nom de l’affaire 4000, concerne des soupçons selon lesquels l’actionnaire majoritaire Elovitch a ordonné au site d’information Walla, dont il est propriétaire, d’accorder une couverture positive à Netanyahu et à sa famille en échange d’une avancée de la réglementation du Premier ministre en faveur d’Elovitch. Le directeur du ministère des Communications, Shlomo Filber, est devenu témoin d’Etat dans cette affaire.

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