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Biden nomme Alejandro Mayorkas, un immigré juif cubain à la Sécurité intérieure

L'ancien secrétaire adjoint a travaillé en étroite collaboration avec des groupes juifs et a souvent parlé des menaces auxquelles sont confrontés les juifs américains

Alejandro Mayorkas, au Capitol Hill à Washington, le 25 juillet 2013. (Crédit : AP Photo/J. Scott Applewhite /File)
Alejandro Mayorkas, au Capitol Hill à Washington, le 25 juillet 2013. (Crédit : AP Photo/J. Scott Applewhite /File)

Alejandro Mayorkas, choisi lundi par Joe Biden pour diriger le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), est un immigré cubain qui a d’ores et déjà annoncé son intention de revenir sur la politique anti-immigrants de Donald Trump.

Il sera le premier hispanique à diriger ce ministère tentaculaire qui supervise les questions d’immigration, la police aux frontières mais aussi la réponse aux situations d’urgence.

Arrivé bébé aux Etats-Unis avec sa mère, survivante de la Shoah juive roumaine réfugiée à Cuba et son père juif cubain, cet ancien procureur fédéral, qui se fait appeler « Ali », a déjà annoncé son intention de protéger les droits des immigrants que le président Donald Trump a tenté de limiter tout au long de son mandat.

En tant que secrétaire adjoint, Mayorkas a travaillé en étroite collaboration avec des groupes juifs et a souvent parlé des menaces spécifiques auxquelles sont confrontés les juifs américains.

S’exprimant en 2016 lors de la conférence annuelle de l’Orthodox Union à Washington sur les subventions de sécurité à but non lucratif, Mayorkas a déclaré : « Le besoin est le plus aigu dans la communauté juive en raison de l’ascension de l’antisémitisme et des crimes de haine que nous constatons ».

Mayorkas a fondé son inquiétude sur son passé et son éducation. Parmi les choses qui « me tiennent éveillé la nuit », a-t-il dit à l’époque, il y a la menace qui pèse sur « ma communauté », la communauté juive.

« Quand j’étais très jeune, les Etats-Unis ont servi de refuge à ma famille et moi-même », a tweeté lundi M. Mayorkas. « Aujourd’hui, j’ai été nommé ministre de la Sécurité intérieure pour superviser la protection de tous les Américains et de ceux qui fuient la persécution à la recherche d’une vie meilleure pour eux-mêmes et pour leurs proches. »

Né le 24 novembre 1959 à La Havane, Alejandro Mayorkas, connaît bien le DHS, dont il fut ministre adjoint de 2013 à 2016, après avoir dirigé pendant quatre ans les services de l’immigration, où il a notamment mis en oeuvre le programme de protection DACA, que Donald Trump a décidé en 2017 d’interrompre.

Adopté en 2012, ce programme est destiné à régulariser la situation de 700 000 jeunes sans papiers arrivés enfants aux Etats-Unis, la plupart en provenance d’Amérique Latine, et connus sous le nom de « Dreamers » (« rêveurs » en français).

Le président élu Joe Biden a promis de le remettre en œuvre dès sa prise de fonction le 20 janvier.

Réformer le DHS

« Je ne peux penser à quelqu’un de plus qualifié » pour ce poste, a estimé Jeh Johnson, ancien ministre de la Sécurité intérieure de Barack Obama, selon qui la crédibilité du DHS a « pris une sacrée correction » depuis quatre ans.

Ce ministère a été créé en 2002 en réponse aux attentats du 11 septembre pour mieux coordonner la sécurité du pays. Fort de 240 000 employés, il combine 22 agences fédérales précédemment éparpillées entre divers ministères, notamment les Gardes-Côtes, la douane, le Secret Service, les gardes frontières, l’Agence fédérale des situations d’urgence, les services de l’immigration ou encore l’Administration de sécurité du transport.

Le ministère a été largement politisé par M. Trump qui a notamment détenu, expulsé et séparé des familles de migrants à la frontière américaine.

Pour l’élu démocrate Joaquin Castro, M. Mayorkas a donc pour mission de réformer le DHS en profondeur.

« Après la cruauté et les dégâts commis par le gouvernement Trump, M. Mayorkas a (…) l’expérience nécessaire pour mener à bien des réformes très nécessaires », a-t-il estimé.

Outre la régularisation des « Dreamers », Joe Biden a promis d’annuler « dès le premier jour » de son mandat le décret migratoire emblématique de Donald Trump, qui interdit l’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays, en majorité musulmans, et considéré par ses opposants comme une mesure islamophobe.

Il demandera au Congrès de voter une loi contre les crimes racistes, et il a promis de s’attaquer aux mesures de rétention des demandeurs d’asile et au « scandale » des séparations des familles d’immigrés illégaux à la frontière américano-mexicaine.

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