Rechercher

Biélorussie : Une Israélienne soupçonnée de « trafic » de cannabis médical emprisonnée

Maya Rayten-Stol, avocate, a été arrêtée à l'aéroport de Minsk il y a 3 semaines ; elle aurait été en possession de 2,5 grammes ; l'envoyé israélien serait allé la voir

L'avocate israélienne Maya Rayten-Stol. (Crédit : Facebook)
L'avocate israélienne Maya Rayten-Stol. (Crédit : Facebook)

Une Israélienne est actuellement en détention en Biélorussie, soupçonnée d’avoir tenté de faire entrer 2,5 grammes de marijuana médicale dans le pays.

Maya Rayten-Stol, avocate, qui était en possession d’une autorisation délivrée par le ministère de la Santé lui accordant le droit d’utiliser de la marijuana à des fins médicales, a été arrêtée à l’aéroport de Minsk alors qu’elle voulait pénétrer sur le territoire biélorusse, il y a trois semaines, a fait savoir sa famille aux journalistes de la Douzième chaîne dans la soirée de samedi.

Au moment où elle a été appréhendée, elle aurait souligné à l’attention des autorités biélorusses que le cannabis qu’elle transportait avec elle avait été autorisé par le ministère de la Santé. Elle aurait tenté de montrer des documents prouvant ses dires, en vain.

Placée en détention dans la fameuse prison du château Pishchalauski, connue comme le principal centre carcéral dans le pays où les activistes politiques sont emprisonnés dans l’attente de leur procès, Rayten-Stol n’a eu droit qu’à un seul appel téléphonique en l’espace de trois semaines, a raconté sa famille.

« Ma fille, ma fille unique, ma bien-aimée a été arrêtée en Biélorussie pour quelque chose qui, selon la loi israélienne, est légal – mais pas pour eux », a déploré devant les caméras de la chaîne la mère de l’avocate, Monique Krozensky.

« J’ignore combien de temps tout cela va durer… elle est une femme, elle est une mère formidable, c’est une mère célibataire, une mère qui offre une grande force à sa famille et sa famille a besoin d’elle. Je ne comprends pas pourquoi elle n’a pas encore été libérée », a-t-elle ajouté.

Selon la loi biélorusse, Rayten-Stol risque une peine de trois à cinq ans de prison.

Les parents de Maya Rayten-Stol. (Capture d’écran : Douzième chaîne)

La famille a demandé l’aide du ministère des Affaires étrangères.

« Il s’agit de quelqu’un qui utilise et qui consomme du cannabis médical pour des problèmes médicaux personnels. L’État d’Israël doit intervenir et clarifier la situation », ont commenté Avi Himi, président de l’Association du barreau israélien, et l’avocate Sharon Nahari, spécialiste du droit international, dans une lettre qui a été écrite cette semaine au ministre des Affaires étrangères Yair Lapid au nom de la famille.

« Je supplie le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et tous ceux qui en ont la capacité de nous venir en aide », a dit Krozensky dans le reportage de la Douzième chaîne. « Ils doivent nous la ramener. Elle ne devrait pas être là-bas. Ses enfants ont besoin d’elle. Nous ne pouvons pas continuer à attendre comme ça. Je vous demande, je vous supplie de la faire revenir », a-t-elle poursuivi.

Le ministère des Affaires étrangères a fait savoir qu’il était en contact direct avec la famille et que l’ambassadeur israélien en Biélorussie, Alon Shoham, avait rencontré Rayten-Stol en prison.

Natali (au centre) et Mordy Oknin (à droite), un couple israélien qui avait été emprisonné pour avoir photographié le palais du président turc, après leur arrivée dans leur maison à Modiin, le 18 novembre 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Cette affaire survient après l’arrestation très médiatisée en Turquie, au début du mois, de Natali et de Mordi Oknin, qui avaient été placés en détention pendant huit jours parce qu’ils étaient soupçonnés d’espionnage après avoir pris des photographies d’un palais du président.

Le gouvernement israélien s’était impliqué avec force dans les initiatives visant à obtenir la libération du couple, craignant que ce dernier ne passe des années en prison sur la base d’accusations fallacieuses. Mais il n’intervient pas – par principe – de manière si déterminée dans tous les dossiers impliquant l’arrestation d’Israéliens à l’étranger.

L’année dernière, l’État juif avait œuvré de manière intensive à obtenir la libération de Naama Issachar, une Israélienne de 26 ans qui avait écopé d’une peine de prison de sept ans à Moscou pour trafic de marijuana.

Selon des statistiques diffusées la semaine dernière par la Douzième chaîne, 303 Israéliens sont actuellement emprisonnés ou placés en détention à l’étranger.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...