Bien qu’exclus des plans d’annexion de Netanyahu, les militaires se préparent
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Analyse

Bien qu’exclus des plans d’annexion de Netanyahu, les militaires se préparent

"L'armée n'a pas vu les cartes !" : pour l'une des premières fois de l'histoire du pays, l'armée est tenue à l'écart d'une initiative susceptible d'affecter la sécurité nationale

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef d'Etat-major de l'armée israélienne Aviv Kohavi lors d'une conférence de presse après une rencontre du cabinet de sécurité, suite à des éclats de violences avec les groupes terroristes de la bande de Gaza, à Tel Aviv, le 12 novembre 2019 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef d'Etat-major de l'armée israélienne Aviv Kohavi lors d'une conférence de presse après une rencontre du cabinet de sécurité, suite à des éclats de violences avec les groupes terroristes de la bande de Gaza, à Tel Aviv, le 12 novembre 2019 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Alors qu’il reste moins d’un mois avant le 1er juillet – la date à laquelle le Premier ministre Benjamin Netanyahu a l’intention de commencer l’annexion de certains secteurs de la Cisjordanie, une initiative aux ramifications sécuritaires et géopolitiques potentiellement immenses – les forces de sécurité israéliennes restent majoritairement dans l’ignorance de ce que le gouvernement prévoit très exactement de faire.

Une déclaration verbale qui ne ferait pas s’appliquer, en fin de compte, la loi civile israélienne sur le territoire et qui n’aurait donc pas d’implications réelles pourrait n’entraîner que des réactions limitées de la part des Palestiniens. Mais une annexion pleine et entière des implantations et de la vallée du Jourdain – ce à quoi Netanyahu songe, a-t-il dit – provoquerait probablement une riposte bien plus immédiate, large et violente.

L’annexion seule de l’implantation de Maale Adumim ou du bloc d’Etzion – les deux seraient presque assurés de rester sous le giron israélien dans le cadre d’un accord politique conclu avec les Palestiniens, quel qu’il soit – serait également susceptible d’entraîner des réactions modérées de la part des Palestiniens et du reste du monde.

Sans savoir grand-chose – voire rien – de ce qui surviendra le mois prochain, l’armée israélienne comme les services de sécurité du Shin Bet ne peuvent déterminer aucun plan et doivent, à la place, anticiper toute une série de réactions immédiates potentielles des Palestiniens, envisageant donc de la même façon des émeutes mineures que d’importants attentats terroristes, en allant jusqu’au soulèvement général.

Ces scénarios différents exigeraient, bien sûr, des réponses et des déploiements militaires tout aussi différents – qui vont de l’envoi de quelques bataillons supplémentaires pour contenir des mouvements de protestation d’ampleur moindre jusqu’au rappel de réservistes, pour réoccuper pleinement les plus grandes villes palestiniennes. L’armée, actuellement focalisée sur les activités iraniennes en Syrie et au Liban, pourrait potentiellement devoir détourner ses ressources aériennes et de renseignement de la lutte contre la République islamique vers la Cisjordanie.

Au-delà des violences immédiates attendues, les forces de sécurité du pays doivent également se préparer à des changements stratégiques plus larges susceptibles de venir en réponse à l’annexion – ou « extension de la souveraineté », comme le gouvernement israélien préfère le dire – avec par exemple la rupture des liens avec la Jordanie, qui a durement mis en garde l’Etat juif contre une telle initiative. Les relations si difficilement nouées avec les autres pays arabes, et en particulier ceux du Golfe, pourraient se trouver également menacées ainsi que les liens avec certains pays européens.

L’annexion pourrait aussi pousser le Hezbollah et le Hamas à commettre des attaques en Israël, dans un contexte de baisse du soutien international apporté à l’Etat juif.

Et tout cela survient à un moment où les militaires et le pays tentent encore de se rétablir des effets dévastateurs de la pandémie de coronavirus en cours.

L’armée et les autres institutions du gouvernement gardées à l’écart du processus devront également se préparer à ce que signifie, en pratique, l’annexion de portions de la Cisjordanie.

Si, par exemple, le gouvernement devait élargir la souveraineté sur la vallée du Jourdain mais pas sur les villes et villages palestiniens qui y sont situés, est-ce que les populations vivant sur ces territoires palestiniens seraient autorisées à se déplacer librement entre leurs communautés et le reste de la Cisjordanie ou leur faudrait-il des permis, comme en ont besoin des Palestiniens lorsqu’ils pénètrent au sein de l’Etat juif ?

Préparations dans l’obscurité

La décision du gouvernement de Netanyahu de conserver les services de sécurité israéliens à l’écart des discussions marque un glissement majeur dans les relations entre civils et militaires – en particulier concernant les négociations de paix et les préparations à des initiatives de type territorial. Par le passé, des représentants de l’armée israélienne et du Shin Bet prenaient part à de telles discussions – au moins à certains stades du processus – pour transmettre leurs propres évaluations de renseignement et leurs propres limitations pour garantir qu’ils seraient en mesure de se conformer, dans les meilleures conditions, à la décision ultime du gouvernement en termes d’opération.

Les responsables militaires actuels se sont abstenus de critiquer en public le gouvernement pour cette mise à l’écart des pourparlers et se sont plutôt appuyés sur une déclaration souvent entendue, affirmant que les forces de sécurité du pays sont « prêtes à tous les scénarios ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le chef du Shin Bet Nadav Argaman, 2è à droite, et le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat lors de consultations sur les combats dans la bande de Gaza dans un bâtiment sécuritaire du centre d’Israël qui n’a pas été précisé, le 24 février 2020. (Crédit : Bureau de presse du gouvernement)

« Il s’agit, nous dit-on, des frontières finales. On pourrait penser que toutes les instances imaginables seraient impliquées dans le processus par le gouvernement et que le Conseil national de sécurité serait à la tête de l’initiative », a commenté jeudi, lors d’un entretien téléphonique, l’ex-vice conseiller à la sécurité Chuck Freilich au Times of Israël.

« Il est vraiment remarquable que l’avenir du pays soit déterminé d’une manière si approximative », a-t-il ajouté. « Je ne sais même pas si Netanyahu sait ce que nous sommes en train de faire. »

Même lors des négociations qui avaient mené aux Accords d’Oslo – l’un des seuls exemples où l’armée israélienne avait été conservée à l’écart des discussions initiales – les militaires avaient été finalement convoqués lorsqu’il avait fallu finaliser les détails du pacte.

Il s’agit, nous dit-on, des frontières finales. On pourrait penser que toutes les instances imaginables soient impliquées par le gouvernement

Mais cela n’a été le cas ni au cours des délibérations actuelles du gouvernement sur l’annexion, ni pendant les deux années où les Etats-Unis ont préparé leur plan « de la paix à la prospérité » pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

« C’est un phénomène très grave. Il ne s’est jamais passé quelque chose de pareil au sein de l’Etat d’Israël, avec des cartographies en cours d’élaboration qui, si annexion il y a – et j’espère qu’elle n’arrivera pas – marqueront les frontières où devront opérer les soldats israéliens. Avec une armée qui n’a pas vu ces cartes ! », s’est exclamé pour sa part le général de division réserviste Gadi Shamni, opposant fervent à l’annexion, devant les caméras de la chaîne Knesset TV, dans la journée de mardi.

Le général de division réserviste Gadi Shamni, ex-chef du commandement central de l’armée, lors d’une conférence de presse organisée par les ‘commandants de la sécurité israélienne’ à Tel Aviv, le 15 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Ce sera la première fois que l’armée israélienne recevra des cartes des responsables politiques qui se contenteront de les leur transférer », a expliqué Shamni, ancien secrétaire militaire des Premier ministres Ariel Sharon et Ehud Olmert et ancien chef du Commandement central de l’armée.

Freilich — qui a travaillé pendant des décennies dans les services israéliens de sécurité – partage le même point de vue, estimant que cette situation est largement sans précédent.

Shamni, pour sa part, a fait appel à ses souvenirs, lorsqu’il était commandant de la brigade régionale de Hébron et qu’il a aidé le gouvernement à développer les cartes et les plans dans le cadre de l’Accord de Hébron, conclu en 1997, qui avait prévu la division de la ville en deux parties – une sous le contrôle de l’Autorité palestinienne et l’autre sous le contrôle israélien.

« J’ai personnellement dessiné la carte. Bien sûr, j’avais des restrictions et on m’a donné des règles à suivre, mais dix mètres d’un côté ou d’un autre suffisent pour signifier quelque chose dans votre capacité à mener à bien votre mission et à protéger les vies des résidents », a poursuivi Shamni.

En plus d’être tenus à l’écart des débats portant sur les zones précises qui pourraient être annexées, les militaires semblent également avoir été gardés dans l’ignorance du calendrier exact d’une telle initiative et ce alors qu’un comité israélo-américain continue actuellement à cartographier les secteurs qu’Israël a l’intention d’annexer.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant une carte de la vallée du Jourdain, jurant d’y étendre la souveraineté israélienne en cas de réélection, lors d’un discours à Ramat Gan, le 10 septembre 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Si Netanyahu avait initialement indiqué que l’initiative pourrait être lancée aux alentours du 1er juillet – point de départ accepté pour le début de la procédure d’annexion selon l’accord de coalition gouvernemental conclu avec le ministre de la Défense, Benny Gantz – des membres du gouvernement ont annoncé que le projet pourrait être reporté de quelques jours, voire de quelques semaines. Mercredi, une source proche du dossier a fait savoir au Times of Israël qu’il était possible que l’annexion soit repoussée de plusieurs mois, le temps que le comité israélo-américain achève ses discussions.

Se préparer malgré tout

Mercredi, les hauts-responsables de l’armée israélienne et du Shin Bet ont évalué la situation et se sont livrés à des entraînements simulant des réponses variées aux initiatives potentielles d’annexion.

Il y a un consensus général parmi les analystes de la sécurité, celui que tout degré d’annexion provoquerait probablement des réactions violentes parmi les Palestiniens et entraînerait des représailles diplomatiques de la part des pays européens et du monde arabe, même s’il y a des différences significatives en termes d’ampleur.

Par exemple, les colonels Eran Lerman et Efraim Inbar, du think-tank de l’Institut de Jérusalem pour la stratégie et la sécurité, ont écrit dans un article récent que tandis que les forces israéliennes de sécurité devaient se préparer à de potentiels éclats de violences, la réponse apportée par les Palestiniens pourrait ne pas être aussi mauvaise qu’attendue et qu’elle pourrait apporter à l’Etat juif un avantage dans de futurs pourparlers.

« De telles violences pourraient bien être évitées parce qu’un grand nombre de personnes, à Ramallah, ont intérêt à préserver la stabilité et qu’elles se souviennent de la dure répression israélienne qui avait suivi la Seconde intifada palestinienne », écrivent ainsi Lerman et Inbar dans leur long article en faveur de l’élargissement de la souveraineté en Cisjordanie dans le cadre du plan de Trump.

Les auteurs évoquent les évaluations parfois apocalyptiques de la manière dont les Palestiniens de Cisjordanie devaient répondre au transfert de Tel Aviv à Jérusalem de l’ambassade des Etats-Unis alors que les réactions ont été finalement très modérées, avec seulement un petit nombre de manifestations en Cisjordanie et des violences limitées (les mouvements de protestation violents et meurtriers le long de la bande de Gaza, auxquels avaient participé des civils palestiniens et des terroristes, avaient eu lieu, soi-disant, en réaction au déplacement de l’ambassade – mais ils sont largement considérés comme entrant dans le cadre d’un combat plus large mené par le groupe terroriste de Gaza, qui gouverne la bande, contre Israël).

« Il n’y a toutefois pas de place à accorder à la complaisance… Des préparatifs minutieux et intensifs en termes de diplomatie sont vitaux avant de lancer cette initiative », continuent-ils.

Ils ne parviennent pas à concilier toutefois la différence inhérente entre le transfert par les Etats-Unis de leur propre ambassade et le projet unilatéral israélien concernant des territoires revendiqués à la fois par les Israéliens et par les Palestiniens.

Yousef al-Otaiba, ambassadeur des Émirats arabes unis à Washington. (Crédit : Site web de l’ambassade des EAU)

L’ambassadeur des Emirats arabes unis aux Etats-Unis, Yousef al-Otaiba, considéré comme une passerelle entre son pays et l’Etat juif – les EAU n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles mais maintiennent un certain niveau de coopération – a évoqué cette distinction précise lors d’un entretien accordé en début de semaine au site d’information Al-Monitor.

« Le type de démarche envisagée n’est pas la même chose que le transfert de l’ambassade américaine depuis Tel Aviv jusqu’à Jérusalem. L’ambassade américaine – c’est une ambassade américaine. Les Américains ont le droit de la mettre où ils veulent. C’est fondamentalement différent dans ce cas. Cela sera considéré comme une escalade », a commenté al-Otaiba, exprimant apparemment le point de vue de son pays.

Violences palestiniennes, rupture des liens

D’autres analystes s’attendent à des réponses bien plus importantes et bien plus violentes de la part des Palestiniens, en grande partie en raison de la rupture de la coordination sécuritaire qui était mise en place avec l’Autorité palestinienne. Même si l’armée israélienne considère l’AP comme la plus grande bénéficiaire de cette coopération, l’aide apportée par les forces palestiniennes a joué un rôle majeur pour réduire le nombre et la gravité des attentats terroristes commis ces dernières années en Cisjordanie et en Israël.

L’AP avait menacé, depuis des années, de rompre la coopération sécuritaire en réponse à des actions israéliennes à ses yeux inacceptables, faisant ultérieurement volte-face ou – comme il semble que cela ait été le cas récemment, quand le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré annuler toute la coordination – en le faisant de manière minimaliste, sans changer les choses de manière significative sur le terrain.

Shamni, écrivant le mois dernier dans Foreign Policy aux côtés de l’ancien dirigeant du Shin Bet Ami Ayalon et de l’ex-numéro un de l’agence d’espionnage du Mossad, Tamir Pardo, a soulevé ces inquiétudes.

« Cette initiative irréversible [d’annexion unilatérale], une fois qu’elle sera effectuée, risque d’entraîner une réaction en chaîne qui dépassera le contrôle israélien. Le point de bascule pourrait être la fin de la coordination sécuritaire des Palestiniens avec l’Etat juif », ont écrit les trois anciens hauts-responsables sécuritaires.

Le trio a rédigé cet article au nom du groupe des commandants de la sécurité d’Israël, qui rassemble plus de 200 hauts-responsables à la retraite issus des rangs de l’armée israélienne, du Mossad, du Shin Bet, de la police israélienne et du Conseil national de sécurité.

L’organisation considère l’annexion de la Cisjordanie toute entière – ou des démarches potentielles lui ouvrant la voie, comme ce que propose Netanyahu actuellement – comme une menace à la nature même d’Israël en tant que pays juif et démocratique, dans la mesure où l’annexion exigerait d’accorder la citoyenneté aux millions de Palestiniens vivant sur le territoire – ce qui changerait la démographie du pays où les Juifs deviendraient une minorité – ou de ne pas offrir la citoyenneté aux Palestiniens, ce qui mettrait un terme à la démocratie israélienne.

Chuck Freilich, ancien conseiller-adjoint à la sécurité nationale. (Autorisation)

Freilich, l’un des 200 hauts-responsables du groupe, avait d’abord hésité à mettre en garde contre une possible tragédie si Netanyahu se décidait à aller de l’avant dans l’initiative d’annexion – il avait, de manière incorrecte, prédit une réponse plus violente au transfert de l’ambassade américaine en 2018 – mais il a clamé que de telles démarches, selon la manière dont elles sont effectuées, pourraient potentiellement avoir des conséquences majeures et à court et long terme.

Au-delà de réactions immédiates violentes de la part des Palestiniens et d’une vraie rupture, ce coup-ci, de la coopération avec les forces de l’AP, Freilich a déclaré que l’Etat juif pourrait également devoir répondre de représailles diplomatiques de la part de l’Europe – le plus important partenaire commercial du pays – sous la forme de sanctions potentielles de la part de l’Union européenne collectivement et de la part des Etats-membres de façon individuelle, comme la France. Une telle issue a pu se deviner dans certaines informations laissant entendre qu’Israël se préparait à être exclu du programme d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne qui, le cas échéant, serait susceptible d’accorder des milliards de dollars en financement de recherche à l’Etat juif.

Les pays arabes du Golfe persique – avec lesquels Israël construit des liens et œuvrerait à combattre l’Iran, leur ennemi mutuel – pourraient aussi revoir à la baisse leur coopération en signe de solidarité avec les Palestiniens.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi lors d’une conférence de presse le 11 novembre 2019 au ministère jordanien des Affaires étrangères. (Capture d’écran)

La Jordanie, où la population palestinienne est énorme et avec laquelle Israël a signé un traité de paix glacial, pourrait également réduire sa coopération sécuritaire avec l’Etat juif au strict minimum nécessaire pour conserver hors de ses frontières les forces iraniennes et l’Etat islamique. Ce qui limiterait la capacité de l’Etat juif à mener des opérations et à contrôler les événements survenant en Syrie et en Irak, pays voisins de la Jordanie.

« Le vaste territoire du royaume a offert à Israël une profondeur stratégique irremplaçable qui permet la dissuasion, la détection et l’interception – sur terre comme dans les cieux – des forces hostiles et principalement des forces iraniennes », ont ainsi écrit Shamni, Ayalon et Pardo.

Néanmoins, Freilich a reconnu être principalement préoccupé par les effets potentiels que pourrait avoir l’annexion sur les relations entretenues par l’Etat juif avec les Etats-Unis, son plus important allié.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) lors d’une conférence de presse conjointe avec le vice-président des États-Unis Joe Biden au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 9 mars 2016, pendant la visite officielle de M. Biden en Israël et à l’Autorité palestinienne. (Amit Shabi/POOL)

Même si l’administration actuelle soutient – c’est le cas au moins en théorie – l’extension unilatérale de la souveraineté israélienne sur certaines parties de la Cisjordanie dans le cadre du plan « De la paix à la prospérité » du président Donald Trump, les choses changeraient assurément si le candidat démocrate Joe Biden devait être élu à la Maison Blanche, a noté Freilich, qui a ajouté qu’il y avait eu « un effondrement du soutien à Israël au cours des dernières années » de la part des démocrates.

Freilich a fait remarquer qu’à l’automne dernier, avant que l’annexion ne paraisse imminente, plusieurs candidats démocrates à la présidentielle avaient évoqué la possibilité de conditionner l’aide apportée à Israël à des changements des politiques appliquées par Jérusalem en Cisjordanie – une idée qui aurait par le passé paru inimaginable.

« Biden freinerait les initiatives anti-israéliennes extrêmes mais les pressions visant à sanctionner Israël et à réexaminer les relations à la baisse ne cessent d’augmenter et sont d’ores et déjà importantes », a-t-il affirmé.

Voulons-nous vraiment obtenir le statut d’Etat paria ?

Freilich, ainsi que d’autres responsables israéliens, a mis en doute la nécessité brûlante d’annexer les implantations – où les lois israéliennes sont déjà de facto en place – ou dans la vallée du Jourdain, qui se trouve sous contrôle israélien.

« C’est à moitié symbolique, cela ne va pas changer vraiment quoi que ce soit sur le terrain », a-t-il estimé.

« Alors pourquoi ce besoin de nous mettre le monde entier à dos ? Les Etats-Unis sont une exception et nous soutiennent apparemment, mais cela pourrait bien ne plus être le cas d’ici quelques mois », a continué Freilich.

« Voulons-nous vraiment obtenir le statut d’Etat paria ? », a-t-il interrogé.

Il a noté que pour ceux qui ne s’inquiètent que de ramener la terre biblique d’Israël au sein du territoire actuel de l’Etat juif, la volonté de l’administration Trump d’accepter une telle situation représentait une opportunité unique, indépendamment de la sécurité nationale et des répercussions diplomatiques.

« Ils pensent que c’est une chance unique qui ne se représentera jamais. C’est sûrement vrai. Mais toutes les chances ne sont pas bonnes à saisir », a dit Freilich.

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