Black Lives Matter accuse Israël de ‘génocide’ et soutient le BDS
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Black Lives Matter accuse Israël de ‘génocide’ et soutient le BDS

Avant les élections, l’association publie un document parlant de l’Etat juif comme un ‘état d’apartheid’ et demande la fin du soutien américain

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Une manifestation du mouvement "Black Lives Matter" à New York, le 29 avril 2015. (Crédit : CC BY-SA Wikimedia commons, The All-Nite Images)
Une manifestation du mouvement "Black Lives Matter" à New York, le 29 avril 2015. (Crédit : CC BY-SA Wikimedia commons, The All-Nite Images)

WASHINGTON – Suite aux conventions nationales républicaine et démocrate, des groupes associés au mouvement Black Lives Matter (les vies des Noirs comptent) a publié lundi une plate-forme qui étiquette Israël comme un « état d’apartheid » et crucifie les Etats-Unis pour leur alliance avec un pays qui pratique selon eux un « génocide » contre les Palestiniens.

La plate-forme, qui réclame « la fin de la guerre contre les Noirs », marque la première entrée officielle de l’association dans le débat sur des politiques fédérales particulières américaines. Dans le passé, Black Lives Matter a été remarqué pour ses manifestations contre les inégalités du système pénal du pays qui désavantagent les afro-américains et les autres minorités.

Le document présente 40 propositions politiques, dont l’abolition de la peine de mort, des inscriptions gratuites dans les universités publiques, la promulgation de dédommagement pour les Américains noirs, et aborde la politique étrangère des Etats-Unis dans une section intitulée « Investir – Désinvestir ».

Très critique de l’Etat juif, qui selon elle « pratique une discrimination systématique et a maintenu une occupation militaire de la Palestine depuis des décennies », la plate-forme a dédié une section à la relation israélo-américaine. « Les Etats-Unis justifient et promeuvent la guerre mondiale contre le terrorisme par ses alliances avec Israël et leur complicité dans le génocide qui a lieu contre le peuple palestinien », est-il écrit dans le texte.

Le président américain Barack Obama (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au musée Yad Vashem, le 22 mars 2013, à Jérusalem. (Crédit : Uriel Sinai/Getty Images/JTA)
Le président américain Barack Obama (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au musée Yad Vashem, le 22 mars 2013, à Jérusalem. (Crédit : Uriel Sinai/Getty Images/JTA)

La plate-forme continue en suggérant que la relation étroite entre les Etats-Unis et Israël, et l’engagement américain à sa sécurité, rendent « les citoyens américains des agressions commises par le gouvernement israélien. »

« Israël est un état d’apartheid avec plus de 50 lois qui sanctionnent la discrimination contre le peuple palestinien, est-il écrit. Les maisons et terres palestiniennes sont régulièrement rasées pour faire de la place à des colonies israéliennes illégales. Les soldats israéliens arrêtent aussi régulièrement des Palestiniens âgés de seulement quatre ans sans procédure régulière. Chaque jour, les Palestiniens doivent passer des checkpoints militaires le long d’un mur d’apartheid financé par les Etats-Unis. »

La barrière de sécurité d’Israël a été construite pendant la deuxième intifada, entre 2000 et 2005, pour empêcher les terroristes kamikazes palestiniens d’entrer dans le pays. Plus de 1 000 civils israéliens ont été tués pendant cette période, selon l’institut international du contreterrorisme.

Une affiche appelant au boycott d'Israël au cours d'une manifestation anti-Israël, à San Francisco, en avril 2011. Illustration. (Crédit : CC BY-dignidadrebelde/Flickr)
Une affiche appelant au boycott d’Israël au cours d’une manifestation anti-Israël, à San Francisco, en avril 2011. Illustration. (Crédit : CC BY-dignidadrebelde/Flickr)

A la fin de cette section, la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) contre Israël est citée comme une ressource, ainsi qu’un site internet pour la solidarité entre Noirs et Palestiniens.

La plateforme a été publiée par The Movement for Black Lives (le mouvement pour les vies noires), qui comprend le réseau Black Lives Matter, le Collectif pour la libération noire, et le Centre pour les droits conditionnels, qui promeuvent souvent la cause palestinienne.

Ces deux dernières années, il y a eu beaucoup de spéculations sur des tentatives du mouvement pro-palestinien de converger avec Black Lives Matter et d’autres campagnes de justice sociale.

Pendant des manifestations sur le traitement par la police des afro-américains à Ferguson (Missouri) et à Baltimore (Maryland), des militants se sont plaints aux journalistes que la présence de policiers lourdement armés dans ces villes était comparable à la situation à Gaza.

Cette réclamation avait eu lieu presque un an après la guerre entre Israël et le Hamas en 2014 dans la bande de Gaza. A l’époque, le centre de recherche Pew avait montré que 43 % des Afro-américains se positionnaient en faveur d’Israël dans le conflit, contre 20 % en faveur des Palestiniens.

Abbas Hamideh, 41 ans, de la Coalition pour le droit au retour en Palestine, manifeste contre Donald Trump devant la Convention nationale républicaine 2016 à Cleveland, Ohio, en juillet 2016. (Crédit : Eric Cortellessa/Times of Israel)
Abbas Hamideh, 41 ans, de la Coalition pour le droit au retour en Palestine, manifeste contre Donald Trump devant la Convention nationale républicaine 2016 à Cleveland, Ohio, en juillet 2016. (Crédit : Eric Cortellessa/Times of Israel)

A la convention nationale républicaine il y a deux semaines, une tentative de présenter une telle coalition a été exposée. Abbas Hamideh, 41 ans, de la Coalition du droit au retour en Palestine, avait déclaré au Times of Israël qu’il était à Cleveland pour manifester contre Donald Trump, le candidat républicain, aux côtés des militants de Black Lives Matter.

« En tant que Palestiniens, nous sommes solidaires d’eux. Nous avons été colonisés depuis 68 ans, donc c’est un lien naturel, c’est une alliance naturelle pour nous », a-t-il déclaré.

Hamideh avait continué en déclarant son opposition à une solution à deux états et à la notion même d’état juif, et qu’il promouvait « une Palestine libre de la rivière à la mer », répétant un chant associé au Hamas, organisation terroriste qui dirige la bande de Gaza.

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