Bobigny: nouveau procès pour le principal accusé 9 ans après la mort d’un vigile
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Bobigny: nouveau procès pour le principal accusé 9 ans après la mort d’un vigile

Extradé d'Israël, Dan Lampel, 27 ans, doit de nouveau répondre à partir de lundi à Bobigny de la mort d'un vigile, noyé dans le canal de l'Ourq en 2010

Entrée du Tribunal de Grande Instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), France. (Crédit : Clicsouris / Wikimédia / CC 2.5)
Entrée du Tribunal de Grande Instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), France. (Crédit : Clicsouris / Wikimédia / CC 2.5)

Il avait disparu le jour du verdict de la cour d’assises qui l’avait condamné à neuf ans de prison en 2015 : extradé d’Israël, Dan Lampel, 27 ans, doit de nouveau répondre à partir de lundi à Bobigny de la mort d’un vigile, noyé dans le canal de l’Ourq.

Le principal accusé, qui comparaissait libre avec trois autres jeunes hommes, s’était évaporé le 26 mars 2015, cinq ans après la mort de Saïd Bourarach, un père de famille marocain de 35 ans qu’il avait agressé et poursuivi le long des berges du canal, à Bobigny. La cour avait délivré un mandat d’arrêt à son encontre.

L’affaire avait suscité une vive émotion à l’époque. Le principal mis en cause était accusé d’avoir pris à partie la victime qui lui avait refusé l’accès à un magasin de bricolage sur le point de fermer, où il voulait acheter un pot de peinture.

Armé d’une manivelle de cric, il aurait agressé le vigile en compagnie de son frère, d’un cousin et d’un ami, appelés en renfort. Poursuivi par ses assaillants le long du canal de l’Ourcq, ce dernier avait sauté dans l’eau et s’était noyé.

La cour d’assises de Seine-Saint-Denis avait déclaré les quatre hommes – l’un ne s’était pas présenté au procès – coupables de violences avec arme et en réunion ayant entraîné la mort, leur infligeant des peines de quatre, cinq, six et neuf ans d’emprisonnement.

« Fantasme » du racisme

Extradé en janvier 2019 d’Israël où il était incarcéré depuis décembre 2016 selon son avocat Patrick Klugman, l’accusé Franco-Israélien a choisi d’être jugé une seconde fois alors qu’il a déjà purgé un tiers de sa peine – il est détenu depuis son retour en France.

« On souhaite que ce procès se tienne dans des conditions de sérénité qui n’ont pas eu lieu la première fois. Beaucoup de gens avaient souhaité voir dans cette affaire une affaire de racisme, d’affrontement communautaire. Il n’en a jamais été question autrement que par des fantasmes », a insisté Me Klugman auprès de l’AFP.

L’agression avait été en effet abondamment commentée, les accusés étant Juifs. L’enquête, comme le premier procès, avaient rapidement écarté le mobile racial.

Le jour du verdict, l’avocat de l’époque de Dan Lampel avait dit que ce dernier était « terrorisé » après avoir subi des menaces de la part « de gens qui gravitent autour de cette affaire et l’instrumentalisent ».

Les proches de la victime, eux, appréhendent de revivre un nouveau procès, près de 10 ans après la mort de Saïd Bourarach, explique Dominique Cochain, l’une des avocates des parties civiles.

« Son frère m’a dit : ‘Je serai mort avant que l’affaire soit terminée' », témoigne-t-elle.

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