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Brodsky critiqué pour ses suggestions de nouveaux noms pour les rues de Kiev

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères s'est insurgée contre la campagne de "dé-russification" de Kiev et a dénoncé le "flirt" de l'ambassadeur israélien

L'ambassadeur d'Israël en Ukraine, Michael Brodsky, au point de passage de Medyka, le 27 février 2022. (Crédit: Twitter)
L'ambassadeur d'Israël en Ukraine, Michael Brodsky, au point de passage de Medyka, le 27 février 2022. (Crédit: Twitter)

Le ministère russe des Affaires étrangères s’en est pris vendredi à l’ambassadeur d’Israël en Ukraine pour avoir suggéré que certaines rues et certains espaces publics de Kiev soient rebaptisés du nom d’Ukrainiens qui ont sauvé des Juifs pendant la Shoah.

Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, ancien champion de boxe catégorie poids lourd aujourd’hui à la retraite, a annoncé lundi qu’il allait renommer des rues et des sites liés à la Russie et au Belarus. Les citoyens peuvent soumettre leurs suggestions jusqu’à la fin du mois.

L’ambassadeur israélien Michael Brodsky a adressé à Klitschko une lettre dans laquelle il émet l’idée de renommer certaines rues et certains lieux en hommage aux Ukrainiens reconnus par Yad Vashem comme Justes parmi les nations.

L’envoyé, qui est stationné en Pologne avec le reste du personnel de l’ambassade en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a envoyé la lettre la veille de Yom HaShoah, journée de commémoration de la Shoah en Israël.

En réponse à la lettre, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères s’est insurgée contre la campagne de « dé-russification » de Kiev et a critiqué Brodsky pour avoir omis de mentionner dans sa lettre que des Ukrainiens avaient pris part aux massacres de Juifs perpétrés par les nazis.

« En raison du flirt du diplomate israélien avec le régime actuel de Kiev, les nouveaux noms proposés pour les espaces publics de la ville dédiés aux personnes qui ont en fait sauvé des Juifs de manière désintéressée pourraient apparaître à côté des noms de ces pseudo-héros qui étaient directement responsables de la mort de civils pendant la Seconde Guerre mondiale, dont des milliers de Juifs », a déclaré Maria Zakharova dans un communiqué.

Cette lettre a été envoyée une semaine après que Moscou a critiqué la décision de Jérusalem de fournir à Kiev du matériel défensif. L’ambassadeur russe en Israël a émis un vague avertissement, déclarant que la Russie « réagirait en conséquence ».

Cette décision marque un changement de prise de positions politiques de la part d’Israël, qui jusqu’à présent, au grand dam de Kiev, avait refusé les demandes répétées de casques, gilets pare-balles et autres équipements, se limitant à de l’aide humanitaire défensive. Plus récemment, des images dévastatrices provenant de la banlieue de Kiev, à Boutcha, ont galvanisé de nombreux pays contre l’effort russe et conduit à un changement de ton de la part des politiciens israéliens.

Israël a évité de s’aligner trop étroitement sur l’une ou l’autre des parties depuis que les troupes russes ont envahi l’Ukraine le 24 février. L’État juif est l’un des rares pays à entretenir des relations relativement chaleureuses à la fois avec l’Ukraine et la Russie.

Cependant, il semble y avoir eu un changement dans la rhétorique utilisée par Jérusalem à l’égard de la situation en Ukraine à la suite des informations qui ont fait état de massacres de civils par les Russes. Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a explicitement accusé la Russie de crimes de guerre au début du mois, dans les propos les plus virulents à l’encontre de Moscou à avoir été prononcés par un haut responsable israélien.

Alors que Jérusalem a peut-être quelque peu changé de ton pour s’aligner davantage sur les puissances occidentales, le pays a jusqu’à présent fermement refusé de contribuer à l’effort militaire ukrainien. Au lieu de cela, Israël a envoyé un colis d’aide humanitaire de 100 tonnes à l’Ukraine et a construit un hôpital de campagne dans l’ouest du pays, qui a été fermé cette semaine, six semaines après son installation.

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