Californie: des élus déplorent le « parti pris anti-juif » d’un programme scolaire
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Californie: des élus déplorent le « parti pris anti-juif » d’un programme scolaire

Le programme d'études ethniques du Département de l'Education a été critiqué par des élus qui estiment qu'il "dénigre les Juifs" et "omet l'antisémitisme"

Illustration : des écoliers sz Kingsley Elementary School à Los Angeles, en Californie, le 13 janvier 2015. (crédit : AP Photo/Jae C. Hong)
Illustration : des écoliers sz Kingsley Elementary School à Los Angeles, en Californie, le 13 janvier 2015. (crédit : AP Photo/Jae C. Hong)

JTA — Un programme d’études ethniques proposé par le Département de l’Education de Californie est « imprécis et trompeur » et reflète un « parti pris antisémite », selon des élus de l’Etat de Californie, qui ont écrit au chef de la commission chargée de rédiger les programmes.

Le California Legislative Jewish Caucus affirme que le programme « efface l’expérience juive américaine », « omet l’antisémitisme », « dénigre les Juifs » et « marginalise Israël en le condamnant ».

Les 16 élus, tous démocrates, sont « fermement opposés » à la version actuelle du modèle du programme d’études ethniques « s’il n’est pas revu et corrigé ».

La lettre de huit pages, adressée à Soomin Chao, président de la Commission de la qualité de l’Instruction, au sein du Département, était datée de la semaine dernière.

Une loi, adoptée en 2016, impose aux commissions d’éducation de créer des programmes qui mettent en avant les contributions des minorités au développement de la Californie et des Etats-Unis. La commission a soumis ce programme-type à l’appréciation du public et devrait l’approuver l’an prochain.

Le texte propose des extraits de cours dans quatre domaines principaux : études africaines-américaines, études hispaniques, études amérindiennes et études asiatiques-américaines. Ceux qui les soutiennent affirment que l’objectif est de créer un environnement inclusif et favorable pour les enfants de couleur.

Les conservateurs ont critiqué ce programme, bien que le Los Angeles Times, un journal non-partisan, ait déploré dans un éditorial que le programme « ressemble à un exercice de groupe, pensé dans une optique de prosélytisme et visant à inculquer plus qu’à informer et à ouvrir les esprits ».

Le journal souligne également que le programme se penche sur des groupes d’activistes comme le Black Panther Party et le groupe pro-palestinien Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël, « mais ne propose qu’un seul et unique point de vue ».

Le caucus juif a formulé des critiques similaires, affirmant que la partie traitant du BDS présente « un point de vue unique sur un différend politique international extraordinairement complexe » et « marginalise Israël – le seul Etat juif du monde -, le critique de manière imprécise ».

« Ce serait cruellement ironique qu’un programme destiné à éviter tous les préjugés ainsi que le sectarisme, soit celui qui marginalise les étudiants juifs et alimente la haine et la discrimination à l’encontre de la communauté juive », conclut la lettre.

Le caucus affirme également que le programme ignore les contributions juives à la Californie ainsi que l’antisémitisme, indiquant qu’il « efface l’expérience juive ». Cette omission, ont-ils écrit, est « révélatrice d’un parti pris anti-juif ».

The State Capitol Building of California in Sacramento (photo credit: Courtesy wiki commons)
Le State Capitol de Californie à Sacramento (Crédit : Wikimedia Commons)

La lettre souligne également qui si le programme reconnaît les Juifs, il le fait de manière « désobligeante et discriminatoire ». Le programme sur les études arabes-américaines par exemple, cite le texte d’une chanson d’un rappeur britannique palestinien appelé Shadia Mansour : « pour chaque prisonnier politique, une colonie israélienne est agrandie / pour chaque vœu, des milliers de maisons sont démolies / Ils se servent de la presse pour fabriquer, mais quand ma sentence sera jugée, la réalité sera révélée ».

Le programme ne propose pas de perspective israélienne sur le conflit au Moyen-Orient, souligne le caucus, et la phrase du rappeur « Ils se servent de la presse pour fabriquer » relève du cliché antisémite classique sur le soi-disant contrôle des Juifs sur les médias.

Le Jewish Public Affairs Committee of California, une coalition de conseils de communautés, a également fait part de ses préoccupations au département de l’Education, selon le Jewish News Syndicate.

« Nous avons quelques craintes concernant l’omission des Juifs en tant que groupe ethnique et l’antisémitisme en tant que concept. Le programme devrait refléter la véritable diversité de la population californienne », a déclaré Jeremy Russel, porte-parole du Conseil des communautés juives de San Francisco au JNS.

Le Centre Simon Wiesenthal, l’American Jewish Committee et le Committee for Accuracy in Middle East Reporting and Analysis ont fait part de leurs réserves quant à ce programme.

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