Canada : des étudiants pro-israéliens auraient été exclus de l’association étudiante de McGill
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Canada : des étudiants pro-israéliens auraient été exclus de l’association étudiante de McGill

Le président de l’association affirme qu'il est "très décevant" que "nous votions contre un membre parce qu'il est juif "

L'immeuble des arts de l'université McGill à Montréal, Canada (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)
L'immeuble des arts de l'université McGill à Montréal, Canada (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)

MONTRÉAL — L’université McGill enquête sur des accusations portées par des groupes juifs et des étudiants pro-israéliens selon lesquelles trois étudiants se sont vu interdire de siéger dans l’association étudiante de premier cycle parce qu’ils étaient trop pro-israéliens.

Lors d’une réunion de l’Assemblée générale de la Société des étudiants de McGill, ou SSMU, lundi, sept étudiants ont été élus au conseil d’administration. Mais trois autres personnes — l’une d’entre elles juive et un ancien membre du conseil, et toutes connues pour leurs positions pro-israéliennes — se sont vu refuser des sièges.

Furieux, les étudiants juifs et pro-israéliens ont quitté la réunion après le vote.

Pour la première fois, le vote des sièges de la SSMU à l’assemblée a eu lieu individuellement pour chaque candidat, pas en tant que groupe.

« J’ai été empêché de participer au gouvernement étudiant à cause de mon identité juive et de mon affiliation avec des organisations juives », a déclaré Noah Lew, étudiant en troisième année en arts, sur sa page Facebook.

Bnai Brith Canada a organisé une pétition en ligne demandant que la principale et vice-chancelière de McGill, Suzanne Fortier, intervienne dans le dossier. La pétition a reçu 3 700 signatures, selon Bnai Brith.

Lew et Bnai Brith allèguent que derrière la tentative d’empêcher les étudiants pro-israéliens de participer au conseil de premier cycle de l’université de Montréal, il y a des groupes dans l’université qui soutiennent la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël. Un groupe, appelé Democratize SSMU, comprend Igor Sadikov, un étudiant qui a gagné en notoriété en février dernier pour son tweet « Punch a Zionist today » [Donner un coup de poing à un sioniste aujourd’hui].

Le centre pour les Affaires israéliennes et juives a également critiqué le vote, mais à la différence de Bnai Brith, allègue que l’antisémitisme était également derrière ce vote.

Dans une note adressée aux étudiants, Fortier a déclaré que « nous prenons ces questions très au sérieux, car il est essentiel que l’université McGill maintienne un environnement où différents points de vue et idées peuvent être exprimés et débattus dans le respect mutuel. »

Le président du SSMU, Muna Tojiboeva, semblait appuyer les allégations de Lew dans des commentaires au journal étudiant The McGill Tribune.

« Je pense qu’il est très décevant que, en tant qu’école, nous votions contre un membre [Lew] seulement sur la base que les gens reconnaissent son nom de famille, et sur la base qu’il est juif », a déclaré Tojiboeva.

« Je pense qu’il est assez choquant qu’au 21e siècle une telle institution d’élite poursuive toujours dans ce [préjudice]. »

En 2016, le conseil judiciaire de la SSMU a rejeté une requête du BDS.

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