Chicago : Mort du rabbin Robert Marx, activiste des droits civils, à 93 ans
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Chicago : Mort du rabbin Robert Marx, activiste des droits civils, à 93 ans

Le rabbin réformé et responsable communautaire avait combattu les lois racistes et discriminatoires, notamment avec les premiers défilés aux côtés de Martin Luther King, Jr

Le rabbin Robert Marx lors du 50è anniversaire du JCUA (Jewish Council on Urban Affairs), le 16 juin 2014. (Capture d'écran : JCUA Chicago/ Youtube)
Le rabbin Robert Marx lors du 50è anniversaire du JCUA (Jewish Council on Urban Affairs), le 16 juin 2014. (Capture d'écran : JCUA Chicago/ Youtube)

JTA — Robert Marx, l’un des premiers défenseurs des droits civils aux Etats-Unis et éminent rabbin réformé qui se sera inspiré, pendant toute sa vie, des défilés auxquels il avait participé aux côtés du docteur Martin Luther King, Jr., s’est éteint à l’âge de 93 ans.

Il est mort le 28 mars, au début de la fête de Pessah, entouré par sa famille à son domicile de Saugatuck, dans le Michigan, a noté le Chicago Tribune.

Il avait été victime d’une attaque cardiaque quelques semaines auparavant, a indiqué le Chicago Sun-Times.

L’héritage de Marx restera vivant par le biais du Conseil juif sur les Affaires urbaines, un groupe communautaire dont les activités se consacrent à des causes liées à la justice sociale, que lui-même avait créé en 1964, ainsi qu’à travers la congrégation Hafaka, à Chicago, qu’il avait fondée en 1983 et qui compte aujourd’hui des centaines de membres – contre seulement quelques familles à ses débuts.

Ce natif de Cleveland, ordonné rabbin après son passage à l’Hebrew Union College de Cincinatti, vaisseau-amiral du mouvement Réformé, avait été bouleversé en voyant des habitants blancs de Chicago lancer des pierres et des bouteilles sur les personnes qui manifestaient en faveur des droits civils pendant l’été de l’année 1966.

Pendant le défilé, Marx avait monté la garde devant un tas de pierres pour empêcher les racistes de les utiliser.

« Ce que j’ai vu à Gage Park m’a brûlé l’âme », avait écrit Marx dans une lettre adressée au groupe Union of American Hebrew Congregations, devenu aujourd’hui l’organisation Union for Reform Judaism. « J’avais peur et j’ai encore peur aujourd’hui. J’ai vu comment les camps de concentration ont pu devenir réalité et combien la haine des hommes peut les amener à tuer ».

Des citations issues de ce courrier sont inscrites sur un mémorial dressé dans le Marquette Park de Chicago en hommage à King et à la célèbre marche qui, selon le leader afro-américain, avait entraîné des réactions qui s’étaient caractérisées par une hostilité sans précédent.

Marx avait défilé aux côtés de King au mois d’août 1966, comme il l’avait fait en 1965, au cours de la célèbre marche de Selma.

Le Dr Martin Luther King Jr. en compagnie d’autres leaders des droits civils alors qu’ils entament la marche vers la capitale de l’État à Montgomery depuis Selma, Alabama, le 21 mars 1965. Le Dr Martin Luther King Jr. (quatrième à partir de la droite) est accompagné à sa gauche par Ralph Bunche, sous-secrétaire des Nations unies, le rabbin Abraham Joshua Heschel (deuxième à droite) et le révérend Fred Shuttlesworth. (AP Photo)

Marx, dont le Jewish Council a combattu les politiques de logement et les tactiques racistes, était devenu l’un des plus éminents activistes réformés.

Il considérait que les causes de l’antisémitisme et du racisme anti-noir étaient entremêlées et il était devenu un allié fervent des leaders de la communauté afro-américaine de Chicago – notamment du révérend Jesse Jackson, dont les liens avec la communauté juive s’étaient fortement tendus après son dénigrement des membres de la communauté et sa défense ultérieure de Yasser Arafat, président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de l’époque aujourd’hui décédé. Marx avait fait savoir qu’il s’était senti « utilisé » quand Jackson avait rencontré Arafat.

« Il était la voix juive en faveur de la justice, il travaillait étroitement avec la communauté et avec les églises afro-américaines », a dit Jackson dans un communiqué, selon le Tribune. « Nous avons prié ensemble, nous avons chanté ensemble, nous avons marché ensemble. Quand les nazis ont défilé à Skokie, nous avons combattu la haine ensemble. Nous avons toujours été ensemble. Je l’aime tellement et il me manque déjà ».

Marx avait été impliqué dans d’autres travaux interconfessionnels également.

« Une partie de sa dévotion à sa foi et de son amour pour la communauté avait consisté à s’assurer que sa communauté saurait être à la hauteur des idéaux les plus élevés de justice et d’égalité, ces idéaux dont il se nourrissait lui-même », a déclaré Rami Nashashibi, à la tête de l’organisation Inner-City Muslim Action Network.

Marx avait dirigé la Congrégation Solel à Highland Park de 1973 à 1983, après avoir perdu son fils de 15 ans des suites d’une longue maladie. Il avait co-écrit un livre intitulé Facing the Ultimate Loss, un ouvrage pour les parents qui, comme lui, avaient perdu un enfant.

Il laisse derrière lui un autre enfant issu de son premier mariage ; Ruth, sa seconde épouse, cinq petits-enfants et 17 arrière-petits enfants.

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